﻿OE T.’ORIGINE ET OE LA VALEUR UES GRANULATIONS ÉOSINOPHILES
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loin d’être une substance étrangère contenue dans le protoplasma, sont l'une des parties constituantes de ce dernier, savoir les épaississements nodaux mêmes du réticulum protoplasmique. Des observations (Ogata, Stolnikoff) faites sur la possibilité d’émigration des parties constituantes du noyau dans le protoplasma, ont déterminé quelques auteurs (Löwit) à se prononcer en faveur de la provenance des granulations éosinophiles du noyau. Pappenheim enfin voit dans la formation des granulations éosinophiles une manifestation de la faculté rudimentaire de la cellule de produire l’hémoglobine, qui, comme on le sait, est également acidophile.
Si nous considérons les recherches purement cliniques, nous voyons qu’ici les granulations éosinophiles n’ont pas non plus manqué d’attirer h attention particulière des observateurs. Les résultats obtenus furent d’abord très encourageants. On faisait la diagnose de la leukémie à son début en se basant sur l’augmentation du nombre des cellules éosinophiles. Ce même trait servait à distinguer les formes graves de l’anémie de ses formes légères, à pronostiquer l’écoulement plus ou moins difficile des maladies, etc... L’importance attribuée aux cellules éosinophiles atteignit son apogée dans les travaux de Neusser qui crut avoir trouvé en elles un moyen sûr de juger de l’état du nerf sympathique. D'après cet auteur, le nerf sympathique serait le nerf sécréteur des granulations éosinophiles, et l’augmentation du nombre des cellules éosinophiles serait le symptôme d'un état d’irritation de ce nerf. En conséquence, Neusser crut pouvoir établir une liaison entre différents états morbides qui, à première vue, n’avaient rien de commun entre eux, ouvrant ainsi un champ nouveau à l'intervention médicale. C’est ainsi qu’il établissait une relation entre certaines maladies cutanées et l’état de la sphère sexuelle et signalait la possibilité de combattre ces espèces de maladies par la castration.
Cependant cette manière de voir optimiste ne fut pas de longue durée. A mesure que les observations se multipliaient, on constatait que seul lenom-bre absolu des cellules éosinophiles augmentait pendant la leukémie, et qu’en outre cela n’avait pas toujours lieu. On reconnut aussi que le nombre des leukocytes éosinophiles variait quelquefois beaucoup chez des individus tout-à fait bien portants et que pendant la même maladie, tantôt leur nombre augmentait, tantôt il diminuait. Quant à. la théorie de Neusser il fut bientôt reconnu qu’elle était dénuée de fondement: dans un cas de neurose du nerf sympathique, par exemple, Zappert n’eut pas a constater d’augmentation dans le nombre des cellules éosinophiles. A l’enthousiasme succéda un désenchantement général. Maragliano s’en fit le proclamateur au XL Congrès médical à Leipzig, déclarant que «selon lui, les cellules éosinophiles n'avaient point l’importance que beaucoup d’observateurs leur attribuaient». En même temps, le peu de faits cliniques constatés avec certitude, comme, p. ex, l’augmentation du nombre des cellules éosinophiles dans l’asthme et dans quelques maladies de la peau, cessa peu à peu de tenir en éveil l’intérêt des observateurs, ces faits n’ayant pas reçu d’explication suffisante.
Néanmoins, la présence des cellules éosinophiles dans le sang de tous les vertébrés étant hors de doute, il est permis d’aftirmer qu'il existe une liaison, peut-être même très intime, entre ces granulations et la vie des globu-
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