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DE D ORIGINE ET DE DA VALEUR DES GRANULATIONS EOSINOPHILES
slance chromatique. Le tableau ci-joint (PI. II. fig. 7) donne le schéma des processus qui ont lieu pendant cette transformation. En haut nous voyons l’évolution des globules rouges du sang des amphibiens. des oiseaux, des animaux à globules nucléés en général; à gauche—des hématoblastes (1, 2) un protoplasma faiblement coloré, plus loin (3) nous voyons un globule, dont le noyau dégage dans le protoplasma une substance acidophile (ou, comme l’appelle Giglio Tos - hémoglobinogène), laquelle en s’accumulant, forme d’abord un globule rouge, dont le protoplasma se colore par l’éosine en rouge intense (4); enfin un globule rouge auquel cette même substance colorante donne une teinte cuivrée (5). Il s'en suit que pendant ce processus le noyau ne se transforme qu’en partie en substance «hémoglobinogène» et que le reste se conserve, ce qui fait que le globule ne perd pas son individualité cellulaire. Chez les mammifères c’est, au contraire, le noyau entier qui subit cette métamorphose et se délaye dans le protoplasma. L’individualité de la cellule se perd donc, et il se forme une cellule «réduite», comme l'appelle Waldeyer. Au milieu de la table nous voyons 1 évolution des cellules éosinophiles. Ici la substance chromatique passe aussi dans le protoplasma, mais, au lieu de former de 1 hémoglobine, elle se transforme en granulations éosinophiles d’abord, puis en graisse, c’est-à-dire en dépôt. Je me permettrai de rappeler que l’idée de la possibilité d’une transformation de la substance chromatique en graisse n’est pas nouvelle. Elle a été exprimée très clairement, p. ex., dans l’ouvrage de Schmauss et Albrecht mentionné plus haut (1. c. p. 52).
Dans la partie inférieure du schéma, j’ai représenté les éléments du sang connus sous le nom de lamelles sanguines de Bizzozero ou d’hématoblas-tes d’Hayem. Autant qu’on en peut juger par mes préparations, il me semble que ce sont en effet des globules sanguins extrêmement petits et encore en voie de formation, avec un noyau qui ne s’est pas encore transformé en hémoglobine et se trouve à l’état diffus. C’est à ces éléments que correspondent les petits noyaux noirs dans la moelle active des os. A ce point de vue leur rôle dans la régénération du sang, dont parlent Hayem et Afanassieff. ainsi que le caractère nucléaire de leur substance (Lilienfeld) deviendrait compréhensible.
Si l’on admet que la substance chromatique, après avoir subi une série de transformations ayant le caractère d'une scission de la molécule nucléo-albuminoïde complexe en molécules plus simples, produit en dernier lieu de la graisse, il serait intéressant de savoir quelles sont les combinaisons chimiques qui se forment pendant ce processus et se trouvent p. ex. dans les granulations éosinophiles. Pour élucider cette question, on choisit tout naturellement la leucitine. L’on constata que, bien que cette substance se colore fortement d’après le procédé d’Heidenhain, elle est indifférente vis-à-vis des colorants acides.
Des résultats plus satisfaisants ont été obtenus avec le mélange de diverses substances qu’on connaît sous le nom de jaune d’oeuf. En effet, des préparations de l’embryon de l’axolotl, des cellules ovariales du chien et des préparations artificielles de jaune d’oeuf de la poule nous font voir que les petits amas et les granules vitellins se comportent comme les granules éosinophiles: les uns noircissent par l'acide osmique, les autres sont colorés par