﻿Transforiiiatiou des acides amidés de la série grasse en urée
par le foie.
Par M. le Dr. S. S. Salaskine.
de l’Institut Impérial de médecine expérimentale de St.-Pétersbourg.
Ce sont Schnitzer et Nencki Q qui,' les premiers, ont montré que la leucine et la gly cocolle données en nourriture à des chiens se transformaient dans l’organisme de ces derniers en urée et étaient excrétées sous cette forme par 1 urine. Ces données ont été ensuite confirmées par Salkowski, des observations duquel il résulte que les acides amidés subissent la même transformation chez les animaux herbivores que chez les carnivores. La même transformation en urée de l'acide aspartique et de l’asparagine donnés à des chiens a été démontrée par AV. Knieriem. * 2) On peut donc admettre que, dans l’organisme des mammifères, les acides amidés de la série grasse se transforment en urée.
Quant à la nature des modifications que les acides amidés subissent pendant leur transformation, la plupart des auteurs pensent qu’ils s’oxydent dans l’organisme en passant à l’état de carbonate, soit carbamate d’ammonium, et que ces derniers sont à leur tour transformés par le foie en urée. Cependant, une autre supposition, à laquelle, théoriquement, il n’y a rien à objecter, est également possible, c’est que les acides amidés, ayant été apportés par le sang dans le foie, subissent dans ce dernier des modifications consécutives et apparaissent déjà sous forme d’urée dans le sang qui refine du foie.
Dans l'intention de m’assurer si une transformation directe des acides amidés en urée a lieu dans le foie même, je profitai du conseil qui me fut donné par le prof. M. Nencki de me servir de la méthode élaborée par l’école de C. Ludwig 3) et qui consiste à faire passer le sang à travers un ioie extirpé de l’organisme. Je me servis pour mes essais de la glycocolle, de la leucine et de l’acide aspartique.
Pour la filtration du sang à travers des foies de chien, je fis usage de 1 appareil de S. Dzierzkowski 4), présentant à mon avis de sérieux avantages sur d autres appareils proposés dans le même but.
La mise en œuvre de mes expériences était la suivante. Nous nous servions toujours de deux chiens, un grand et un petit. C’est à ce dernier qu’on extirpait le foie. Pour la filtration du sang, c'est un organe pesant 150—300 grs qui convient le mieux. Vingt-quatre heures au minimum avant l’expérience, je cessais de nourrir les chiens, afin d'éviter que la quantité d'urée dans le sang
’) Berichte der deutsch, chem. Ges., IT. Jahrg.; 1869, S. 566 — 571.
-) Zeitsehr. f. physiol. Chemie, Bd. IV, 1880, S. 54—86; 100 — 133.
3) Zeitsehr. f. Biologie, Bu. 10. S. 263, 1874.
fi Areh. des Sc. biolog., T. VI et Zeit. f. physiol. Chemie. Bd. XXV, S. 128.