﻿DU RÔLE PHYSIOLOGIQUE ET PATHOLOGIQUE DE L’AMMONIAQUE.
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Les rapports physiologiques de l'ammoniaque changent d’une manière bien tranchée lorsque la fonction du foie est abaissée. C’est sur des chiens auxquels on a pratiqué des fistules dites du docteur Eck que ce fait s’observe lu mieux. Bien que l’idée de ces fistules appartienne à cet expérimentateur, c'est au prof. Pawlow *) que revient le mérite d’en avoir fait connaître le côté pratique. On sait qu’au point de vue général l’opération consiste en ce qu’on pratique une fistule entre la veine cave inférieure et la veine-porte et qu’on fait une ligature à cette dernière tout près de son embouchure dans le foie, ce qui fait que le sang, sans traverser le foie, passe directement du système, de la veine-porte dans la circulation générale. Les chiens ainsi opérés ne se distinguent pas de chiens normaux tant qu’ils sont nourris exclusivement avec du lait; mais il suffit qu’on leur donne une nourriture riche en azote, par ex., de la viande, pour qu’on voie apparaître chez eux le tableau caractéristique d’un empoisonnement semblable à celui qu’offre l’urémie sous sa forme la plus avancée. Il arrive que les animaux meurent pendant l’accès. Les résultats des analyses par rapport à l’ammoniaque des organes, des tissus et du sang de ces chiens sont résumés dans le tableau ci-joint, accompagnés des noms des auteurs de ces analyses (Tableau II).
En comparant les données que j’ai obtenues avec celles des autres observateurs, je crois qu’il est possible de tirer la conclusion suivante: chez les chiens opérés d’après le procédé d’Eck on observe toujours dans l’organisme pendant la période d’empoisonnement une accumulation d’ammoniaque, mais la distribution de cette ammoniaque accumulée est différente et dépend du moment où l’animal a cessé de vivre. Les divergences constatées dans les résultats obtenus peuvent être groupées de la manière suivante:
1-	er cas. L’analyse donne pour les quantités d’ammoniaque contenues dans les organes, les tissus, le sang et l’urine des chiffres moindres que les chiffres normaux.
2-	e cas. Dans les organes, les tissus et le sang, les quantités de NH3 sont au-dessus de la normale, dans Burine elles sont normales, quelquefois même au-dessous.
3-	e cas. Dans les organes, surtout dans le cerveau, la quantité de NH3 est plus forte, dans Burine et le sang elle est normale. C’est ainsi que s’expliquent facilement les contradictions auxquelles on se heurtait lorsqu’on jugeait de l’augmentation de l’ammoniaque en ne prenant en cons’dération que celle qui était renfermée dans Burine.
Parmi les chiffres du tableau il, ce sont surtout ceux qui se rapportent à la quantité de Nil3 contenue dans le cerveau, qui méritent une attention particulière. Nous y voyons toujours un accroissement, de sorte qu’il est permis d’attribuer à l’accumulation de NIP dans le système nerveux central la cause de la totalité des symptômes qu’on observe chez les chiens opérés selon le procédé d Eck.
) Arch. îles Sc. bird. T I. p 400.