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DES ALCALIS DU SANG ET DE LA LYMPHE.
tion des substances se fait non seulement dans les intestins grêles, dans lesquels la réaction est alcaline, mais encore dans l’estomac et le gros intestin, quoique ici elle soit acide (dans l’estomac elle l’est toujours, dans le gros intestin la plupart du temps). Dans les muscles enfin, il se forme de l’acide libre pendant le travail (et le travail musculaire dans l’organisme ne discontinue jamais!), et cet acide, comme on sait, n'est pas non plus éliminé du corps à l’état libre. En un mot, même dans les conditions normales il existe beaucoup de circonstances propres à provoquer l’élimination des alcalis de l’organisme.
Bien que les données sur la dépense journalière des alcalis nous manquent, nous ne doutons pas cependant qu’elle ne surpasse, dans tous les cas, celle que demande la neutralisation de SH,04 et de PH30< éliminés par l’urine. PH304 transformé en Na2C03 forme dans l’espace de 24 heures, en moyenne, plus de 5 grs., c’est à dire	près d’un tiers de	la totalité des alcalis
du sang et de la lymphe d’un homme	adulte	(ayant 5 ks. de	sang renfermant
en moyenne 0,2 pour cent de Na2C03). 11 s’agit donc de savoir d’où tirent leur origine les matériaux nécessaires à la compensation de ces pertes.
Faisant abstraction des quantités de carbonates introduites dans l’estomac accidentellement, sous forme de médicaments, on pourrait émettre l’hypothèse que certains aliments, tels que les légumes et les fruits renfermant des citrates, des malates et des lactates sont la source des matériaux dont nous parlons, ces sels se convertissant dans le corps en carbonates, selon Woehler. Cependant il est facile de se convaincre que ces aliments ne peuvent être une source constante pour l’homme. L’urine de l’homme, celle des carnivores et des omnivores a normalement une réaction	acide	et contient	très	peu de carbonates, tandis qu’avec l’introduction de	doses	augmentées	des	dites substances,
la quantité des carbonates dans l’urine augmente considérablement. Aussi peut-on encore admettre que les pertes du sang en alcalis sont compensées par des alcalis venant des aliments lorsqu’il s’agit d’animaux herbivores ayant l'urine alcaline, mais il est évident que cela n’est pas le cas pour l’homme et en général. pour les animaux, à urine acide. Chez ces derniers la neutralisation s'effectue assurément par les alcalis contenus dans le corps. Reste à savoir qu’elle est l’origine de ces alcalis.
Si l’on admet la théorie de Schmiedeberg sur la formation de l’urée dans le corps aux dépens du carbonate d’ammonium, la source intarissable des alcalis propres à neutraliser les acides serait la décomposition des albumines. En faveur de cette théorie, l’on cite d’un côté la présence constante de sels ammoniacaux dans l’urine des carnivores, de l’autre les observations de Walther et celles de Schmiedeberg, d’après lesquelles les chiens éliminent par l'urine, sous forme de sels ammoniacaux, des acides minéraux qui leur ont été introduits artificiellement. Mais cette source ne peut pas être la seule. Sans parler de ce que, chez les lapins, les acides introduits artificiellement sont neutralisés, non par l’ammoniaque, mais par des alcalis fixes (d’après les essais de Zalkow-sky), on ne peut reconnaître la décomposition des albumines comme source unique chez les carnivores et chez l’homme pour cette raison bien simple que l’ammoniaque ne constitue qu’une minime partie des bases des sels éliminés par l’urine.