﻿DES ALCALIS DU SANG ET DE LA LYMPHE.
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D’autre part, si l’on considère la richesse de presque tous les tissus actifs du corps en sang et en lymphe charriant des alcalis presque libres (Na4CO,), on ne comprend pas de quelle manière ceux-ci pourraient échapper à l’action des acides qui se forment dans les tissus, ainsi que de ceux qui entrent dans le sang immédiatement, venant p. ex. de l’estomac ou du gros intestin pendant la digestion. En dehors des observations de Walther et de celles de Schmiedeberg, il en existe donc d'autres qui prouvent que les acides sont neutralisés dans le corps par les alcalis du sang (et ceux des tissus?). Telles sont, p. ex., les observations de Zalkowsky faites sur des lapins, les considérations de Pflüger sur la neutralisation des acides qui se forment dans les muscles pendant le travail, etc.
Ainsi donc, la compensation de la dépende des alcalis dans l’organisme se produirait de deux manières: par la décomposition des albumines et par le sang (et la lymphe). La première de ces sources d’alcalis est aussi intarissable que l'est le processus de décomposition des albumines, intimement lié à l'activité vitale de l’organisme. On ne saurait dire la même chose de la seconde. Nous avons vu plus haut combien la teneur du sang en alcalis est minime; du moment qu’on admet que ceux-ci sont dépensés, il est facile de comprendre qu’ils seraient bientôt épuisés, s’ils n’étaient remplacés du dehors.
Par suite des considérations qui précèdent, nous nous voyons en présence d’un problème qu’autant que je sache, personne ne s'est encore posé en physiologie: la question est de connaître la manière dont les alcalis sont fournis au sang.
On sait depuis longtemps que pendant la digestion le mélange alimentaire acide est neutralisé, pendant qu'il passe de l’estomac dans l’intestin, par un tel excès des alcalis du fiel, du suc pancréatique et du suc intestinal, qu’il commence à en devenir alcalin dans la partie supérieure des intestins grêles. On sait encore que l’alcali du suc pancréatique et celui du suc intestinal est le même que celui qui se trouve dans le sang et dans la lymphe, c’est à dire Na,C03. Personne n ignore enfin, que le contenu alcalin des intestins grêles passe dans le sang. Et pourtant, si je ne me trompe, personne n’a encore donné pour explication de ces faits que les alcalis dépensés par le sang pourraient avoir pour origine les alcalis de l'intestin, ces alcalis n’étant considérés ordinairement que comme des substances aidant à la digestion pancréatique.
L opinion que je viens d’émettre est de conséquence, surtout en ce qu’elle entraîne à sa suite la question de la formation du carbonate de soude dans la glande pancréatique, ainsi que dans les glandes de Lieberkühn, le suc de ces glandes étant, comme on le sait, plus riche en Na2C03 que le sang et la lymphe. D’après le calcul de Thyri, chez un chien de moyenne grandeur et dont l’intestin grêle a 239 ctms. de longueur, la surface de ce dernier sécrète pendant 6	heures de	la période de digestion	360	grs. de suc
avec 0,315— 0,357	pour cent	de Na2C03, c’est-à-dire	plus	de	1 gr. de
NaX03; mais un chien de cette grandeur (20 ks). ne contient que 1,5 1. environ de sang avec 1 1. de plasma sanguin, ce qui fait que le plasma du sang renferme environ 2 grs. de Na;C03. Autrement dit, le suc intestinal sécrété pendant 6 heures seulement serait en état de suppléer la moitié des alcalis contenus dans la partie liquide du sang.