﻿DE L'ORIGINE DE L'EAU DE l’aMNIOS.
163
stance glycogène dans les sabots d’embryons de vache et de brebis. Le tissu corné primaire est formé d'un épithélium plat, à couches multiples et de consistance molle. A mesure que les sabots, en devenant stationnaires, forment la substance cornée, cet épithélium se détache et passe dans l’eau de b amnios sous forme de couches tantôt grosses, tantôt minces, subsistant toutefois à la base et aux bords des sabots chez les veaux, même après la naissance. La quantité de substance glycogène chez les embryons de vache dans la première période de leur développement atteint jusqu’à 5 pour cent, puis diminue peu à peu jusqu’au moment delà parturition, comme il résulte d’un travail sur cette question que j’ai publié en 1894. Pour ce qui est du rôle de la substance glycogène dans le développement morphologique du tissu corné pendant la période embryonnaire, il est encore très peu counu. Dans les traités d'histologie et d'embryologie nouvellement parus il n’est même pas fait mention de ce que la substance glycogène entre comme partie intégrante dans les éléments cellulaires des tissus en voie de développement, et cet oubli s’explique peut-être par le fait que les auteurs des ouvrages spéciaux traitant de la formation du tissu corné chez les embryons ont néglige ce côté de la question.
De tout ce que je viens de dire il résulte que la composition chimique de l’eau de l’amnios de vache dépend directement de la source d’où elle tire son origine et aussi, dans une certaine mesure, des éléments solides qui viennent s'y mêler sans être en rapport direct avec cette source. Pour ce qui est de la composition chimique de l’eau de l’amnios des animaux domestiques, il n’existe pas de recherches systématiques sur ce liquide pour tous les stades successifs du développement du fœtus. Nous trouvons quelques indications sur la composition chimique de l’eau de l’amnios de vache dans les recherches de Cl. Bernard f) sur l’origine du sucre dans l’organisme animal. Cét auteur avait également trouvé (en 1855) cette substance dans les tissus des embryons, ainsi que dans les eaux de l’amnios et de l’allantoïde, la quantité en étant moindre dans le liquide séreux que dans le liquide mucilagineux, dans la seconde période du développement du fœtus.
En 1858, Maïewski publia un travail spécial sur la composition chimique de l’eau de l’amnios humain, ainsi que de celle de l’amnios et de l’allantoïde de vache et de brebis. Ce travail n'a de la valeur que dans la partie consacrée à l’eau de l’amnios humain, les quantités d’urée trouvées par Maïewski coïncidant avec celles des analyses des expérimentateurs ultérieurs. Quant aux données analytiques sur l'eau de l’amnios et de l’allantoïde de vache et de brebis, elles sont sans conséquence, vu que l’auteur y détermine l’urée, qui n’existe pas dans l’eau de l’amnios des ruminants, et que l’eau de l’allane toïde contient principalement de l’allantoïne et de très petites quantités d’acide urique et d’urée. Les données de ce travail n’ont donc de la valeur que pour les autres parties constituantes de l’eau de b amnios des ruminants, telles que l’albumine, le sucre et les sels, qui ont aussi été déterminés dans cette analyse.—Un travail plus exact sur la composition chimique de l’eau
1) Cl. Bernard. Leçons de physiologie. 1855, T. I, p. 597.
-) Maïewski. Dissert, inauguralis. Dorpat. 1858, p. 1—48.