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EXAMEN CHIMIQUE DU LIQUIDE D’ASCITE.
devient transparent et opalescent. Avec de Fackle azotique, il donne un résidu de couleur blanche. Soumis à Faction de la chaleur et porté à l’ébullition, le liquide se coagule et on obtient un filtrat tout à fait transparent de nuance jaunâtre. La proportion des substances albumineuses d’après Essbaeh est de l1/.2700. Après la séparation de l’albumine par ébullition, le filtrat fut éprouvé au moyen du sucre, mais le résultat fut négatif. On n'a pas non plus constaté la présence ni de peptone, ni d’hémialbumose. Avec de l’acide azotique concentré (fumaus), le liquide donnait une coloration verte, qui indiquait la présence des matières colorables de la bile. En fait de matières extractives, on a trouvé de l’urée, dans la proportion de 3,63157 par litre. Le dosage de l’eau a donné 988,20°/005 du résidu sec —11,80; de l'albumine—1,625; des matières graisseuses et autres substances solubles dans F éther 0,2600. On peut voir par F examen chimique que nous venons de citer, que la composition chimique de ce liquide ne correspond pas du tout â ce qu’on trouve d’ordinaire dans les liquides d’ascites contenant un mélange de chylus. M. Lion1 a proposé de nommer ce genre d’épanchements: épanchements laiteux non chyleux». Les cas d’ascites laiteuses ne renfermant pas de graisse, sont très rares. M. Lion2, en 1893, n'a pu découvrir dans toute la bibliographie médicale aucun autre cas. M. Ceconi3, dans le très beau travail qu'il a fait paraître au printemps dernier, a recueilli à peu près dix cas analogues. D’après Ceconi, c’est	le docteur	italien,	M. Taddei4,	qui décrivit le premier un cas
de cette nature. M. Ceconi admet ici trois cas encore, décrits par M. Méhu, où le dosage de la graisse n'était plus que de 0.48%,,, et plusieurs autres. La proportion de la graisse dans notre cas était de 0,26%0, c’est-à-dire autant qu’on	en trouve	d’après	Marchand5	dans les liquides d’ascites ordi-
naires non chyleuses. On peut trouver dans la bibliographie plusieurs opinions différentes sur l’origine de la couleur blanche de ces liquides, qui s’accordent à dire, comme conclusion, que cette couleur provient, non pas du mélange de graisse, mais d’une substance albuminoïde. La réaction par l’acide acétique concentré vient également corroborer cette opinion. Par contre, la seconde opinion, d’après laquelle la couleur blanche du liquide proviendrait d'une substance mucoïde décrite par M. Hammarsten:, n’a pas été confirmée. Nous avons essayé de soumettre le liquide à Faction de l’acide chlorhydrique en faisant bouillir et ensuite de l'examiner pour y chercher la présence des substances réductives qui devaient provenir de cette substance mucoïde, mais sans résultat. M.	Quincke7 pense que	l’albumine se trouve dans le liquide en suspension, sous	la forme de	petites	granules. Il	a observé lui-même la présence
de granules de ce genre dans un cas d’ascite chyliforme; plusieurs autres auteurs confirment cette opinion. Nous-mêmes avons vu ces granules, mais en pet te quantité et l’on ne saurait guère attribuer à cette circonstance seule la icouleur blanche du liquide. M. Achard8 a mentionné que le liquide de l’épanchement pouvait acquérir un aspect laiteux chez les malades atteints de la néphrite, comme c’était le cas pour notre sujet. Dans un entretien que j’eus avec M. le prof. L. Morochowetz, ce dernier émit l’idée que l’aspect laiteux du liquide pouvait provenir de l’insuffisance d’alcalinité—circonstance qui peut se présenter pendant la néphrite, mais les expériences que nous avons fai-