﻿Par M-lle TsikHnsky,
de 1’Institut bactériologique de l’Université Impériale de Moscou.
Nous savons aujourd’hui que les microbes thermopliiles sont largement répandus dans la nature. Leurs germes se trouvent dans le sol. dans l’eau, dans l'air, dans la neige nouvelle, etc., mais surtout dans les eaux thermales qui, chaudes, riches en sels minéraux, peuvent présenter à leur sortie du sein de la terre un milieu nutritif comparativement riche aux organismes inférieurs.
La haute température de certaines sources n’est pas un obstacle. Flou-rens a signalé en 1846 une algue vivant dans une source à 98Puis Brewer trouva dans un geyser à 83!l des formes Nostoc. Ehrenberg observa tout un enchevêtrement d'algues vertes et rouges dans des sources thermales de l’île d’ischia, à des températures de 63°—65°, supérieures à celles de la vie de la plupart des autres êtres 2).
Ehrenberg a aussi observé, dans des eaux à 6511—68°, toute une série d’êtres vivants d'une organisation relativement supérieure, comme par exemple des mollusques, des arthropodes et des vers, et des constatations analogues ont été faites maintes fois par d’autres savants: des grenouilles et des poissons pourraient même vivre au-dessus de 55°.
Il est pourtant prudent de ne pas accepter ces données comme certaines. Des erreurs de température sont possibles. Souvent, les aigues ne vivent pas dans l'eau de la source elle-même, mais sur ses bords, où la température n'est pas la même que dans l'eau. D’autre part, Hoppe-Seyler a vu dans une source à 55°, près de Bahaglia, des bandes de petits poissons, circulant rapidement dans toutes les directions. On aurait pu croire qu'ils supportaient en effet une température aussi élevée, tandis qu’en réalité l'eau qu'ils habitaient était une eau à 25u seulement, recouverte à sa surface de couches plus chaudes. Ceux d’entre eux qui se risquaient du côté de la surface n’échappaient à la mort que par une prompte fuite.
Toutefois, s’il peut y avoir quelque hésitation au sujet de la présence dans les sources thermales d’animaux élevés en organisation, il n’y en a pas au sujet des microbes, dont un certain nombre ont été décrits par MM. Cer-
*) Extrait des Annales de l'Institut Pasteur; lu dans la séance de la Société de physiologie
le 26 mars 1899.	...
Toutefois, il est bon de noter que ces températures élevées sont des températures-limites: d’après les observations faites, c’est la température de 55° qui se montrerait la plus favorable à la végétation des sources thermales.