﻿SUR LES MICROBES THERMOPHILES LES SOURCES TBERMALES.
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tes et Garrigou, Karlinsky et Teich, comme nettement thermophiles: ce sont cinq espèces de bacilles, dont trois furent trouvées dans les eaux de Bosnie (51 °—58°) et deux dans les eaux de Ludion, au sud de la France.
En raison du grand intérêt qu'offre l’étude de la population des eaux thermales, j’ai profité très volontiers de l'amabilité de M. le professeur Ognefff), qui a mis à ma disposition plusieurs échantillons d'eaux thermales de 1 lie dTschia, provenant de trois sources différentes: on a pris deux échantillons de chacune. La température de ces trois sources était de 43°, de 51° et de 73u.
Une analyse préalable ayant montré que le nombre des germes de microbes thermophiles était faible partout, j’ai ensemencé dans du bouillon quelques gouttes de chacun des échantillons. Sur six tubes ensemencés, trois présentèrent déjà, dès le lendemain, un trouble; le quatrième ne se troubla qu'au bout de trois jours et les deux derniers restèrent stériles. De toutes ces cultures. je fis des plaques de gélose, et j’ai pu isoler ainsi six espèces de microbes thermophiles. qui tous se ressemblent d'après certains caractères morphologiques et biologiques. Ce sont tous des bâtonnets immobiles, se colorant par toutes les couleurs d'aniline et par la méthode de Gram. Tous sont des aérobies, car. ensemencés dans la gélose sucrée, d’après la méthode de Liborius, ils ne se développent qu'à la surface de la gélose. La plupart d'entre eux ont pour optimum de croissance 60", bien que tous croissent encore à 70°. Le fait qui mérite surtout l'attention, c’est que tous ces microbes, sauf un seul, ne sont pas capables de se développer à 37u et au-dessous, de sorte que nous avons le droit de les classer parmi les microbes thermophiles absolus.
Je passe maintenant à la description de tous ces microbes en détail.
Bacille n° 1.-—De la source à 51", on isola un microbe présentant à côté de très longs filaments non ramifiés des bâtonnets relativement courts; pas de spores: colonies très épaisses au centre, s’amincissant vers la périphérie en forme de pétales multiples. C’est sur la gélose simple et glycérinée que ce bacille végète le mieux; il en couvre toute la surface et ne s’en détache que difficilement.
L’addition du sucre agit défavorablement. Dans du bouillon il végète plus abondamment et ne pousse point sur la pomme de terre. Il ne liquéfie pas la gélatine. On n'a pas constaté d’amylase ni de sucrase. Je nommerai ce bacille bacillus tliermopliilus filiformüs.
Bacille n° 2.—On isola du même échantillon d'eau un court bâtonnet immobile, poussant rapidement sur les milieux' nutritifs solides. Les spores sont placées presque à' h extrémité des bâtonnets, à petite distance du bout, qui alors paraît pointu. Il végète bien sur tous les milieux nutritifs solides et liquides, la pomme de terre seule exceptée.
C’est dans la gélatine qu’il pullule le plus abondamment; il ne la liquéfie pas et, généralement, ne manifeste la présence d’aucune diastase. Bien que l’optimum de sa croissance soit de 58°—60°, il pullule encore bien à 69°—
*) Je prie M. le professeur Ogneff de vouloir bien accepter ici l’expression de ma sincère reconnaissance à ce sujet.