﻿SUR LES MICROBES DES SOURCES THERMALES.
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mais clans une culture rajeunie au laboratoire pendant bien des années. Ce fait avait pour moi un intérêt capital, parce que, dans un premier travail, j’avais essayé d’élucider autant que possible la question des rapports entre les microbes tliermopbiles et les autres microbes.
Les microbes thermophiles forment-ils des groupes autonomes, sans aucun rapport avec les microbes ordinaires? Ou bien ceux-ci peuvent-ils, sous l’influence du milieu, acquérir provisoirement ou pour toujours, des propriétés de microbes tliermopbiles?
Tous les expérimentateurs, M. Colin le premier, ont toujours admis que le bacillus subtilis ne croît pas au-dessus de 50 °, et qu’à cette dernière température, sa croissance est à peine observable. Un grand nombre de savants ont eu affaire avec le même bacillus subtil is. L’existence d’une autre variété du même bacille, variété qui peut pousser à 57u—58°, m’a fait me demander si, en changeant les conditions d’existence du bacillus subtilis ordinaire, on ne réussirait pas à en faire une variété thermophile.
En effet, par des ensemencements successifs, j’ai réussi à renforcer considérablement les propriétés tliermopbiles du B. subtilis de notre laboratoire. Au début, comme il a été dit plus baut, ce bacille se développait à 57°, mais faiblement: l’enduit qu’il formait à la surface de la gélose était très mince, et, au microscope, on voyait beaucoup d'individus morts. Quelques réensemencements successifs amenèrent un changement notable; à la 10-me génération on obtint déjà une croissance plus abondante sur la gélose, et le nombre des individus morts fut de beaucoup moindre que celui de. la culture de départ.
Cette adaptation à une température graduellement élevée est cependant pénible, et doit être étroitement surveillée. Ainsi, ce microbe, qui, à sa trentième génération, croissait abondamment à 58°, cessait complètement de se développer à 5 8°, 5.
Malgré cela j’espère pouvoir, en élevant lentement et graduellement la température des cultures, atteindre une température beaucoup plus élevée que la précédente.
Ce qui me confirme dans cet espoir, ce sont les résultats que Dallinger a obtenus dans la même direction, même avec certains infusoires flagellés. La température normale de la vie de ces animalcules est de 15°,5. En élevant graduellement et lentement la température du milieu de culture, Dallinger arriva à la porter à 23". Mais, à ce niveau, la sensibilité des infusoires devint extrême: une différence d’un quart de degré dans la température produisait sur eux un effet nuisible, et il fallut des mois pour déterminer l’accoutumance aux hautes températures, qu’on poussa cependant jusqu’à 70°.
Très intéressants aussi sont les résultats que M. Davenport tira de ses expériences sur les têtards des crapauds. Il ne réussit, il est vrai, qu’à élever de 3", 5, la température maxima du développement de ces animaux, mais il s’agissait ici d’animaux polycellulalres, représentants d’êtres d’une organisation élevée. La température de 40°, 5 était en moyenne celle à laquelle les têtards élevés dans des conditions normales, c’est-à-dire à environ 15°, tombaient à l’état de rigidité. Dans le cas où les têtards étaient préalablement élevés pendant 4 semaines à une température de 25°, la température de rigidité s’éle-
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