﻿BRÈVES COMMUNICATIONS PHYSIOLOGIQUES.
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onnaire. la cornée est très pauvre en vaisseaux sanguins, et l'est d’autant plus après la naissance, ceux-ci se disposant presque exclusivement immédiatement sous l’épithélium. Il s'ensuit que pour l’étude directe de l’innervation purement trophique en-dehors des vaisseaux sanguins, la cornée est l’un des objets les plus commodes. Etant formée au début principalement d éléments cellulaires, elle subit ensuite une métamorphose morphologique prononcée, pendant laquelle prédomine la	substance intercellulaire	fibreuse qui, en	se	disposant en
couches lamelleuses, provoque par cela même l’aplatissement des éléments cellulaires, ainsi que la transparence de la cornée, qui, au commencement, est trouble.
Ayant enlevé d’un côté un morceau assez grand (jusqu’à 2 cms et plus) du tronc commun du n. vague et du n. sympatique chez de jeunes chiens de 2 à 8 jours, j’obtins les conséquences ordinaires, décrites principalement par Cl. Bernard. Mais, j'observai tout d’abord un phénomène curieux dont les auteurs qui ont expérimenté avant moi n’ont, que je sache, point fait mention, savoir le retardement de plusieurs jours de l'ouverture de l’œil, c’est-à-dire de la destruction	de la soudure des paupières du côté opéré.	En même temps
on observe aussi	le phénomène ordinaire	de diminution de	la	fente oculaire,
ainsi qu’un plus	grand enfoncement du	même œil dans son	orbite et une
plus forte saillie de la troisième paupière.
Il est très possible que le retardement de la séparation des paupières s’explique tout simplement par la diminution de la pression mécanique sur l’œil, d'arrière en avant, par suite de la paralysie du m. orbitaire de Muller.
Si la cornée est devenue assez transparente, il est facile d’observer l’état myotique de la pupille. Quant à la cornée, elle conserve du coté opéré son aspect embryonnaire plusieurs jours de plus que l’<eil sain. Pendant qiœ dans celui-ci la cornée devient déjà transparente et le bord de l'iris s’ébauche, celle de l’œil du côté opéré est encore fortement trouble, blanchâtre, peu transparente. et le bord du côté de la pupille est à peine visible. Dans quelques cas l'égalisation des deux cornées sous ce rapport ne se produisit qu'au bout de 5—7 jours après l’opération, et même plus tard. Toujours est-il hors de doute que le développement histologique de la cornée était fortement retardé du côté du n. sympathique paralysé.
Comme Angelucci, je ne saurais pas non plus affirmer que la consistance de cet œil fût plus molle que celle de l’œil sain. Même quelques semaines après, quand les suites permanentes de l’opération avaient déjà pu s établir par rapport à la circulation du sang dans l’œil, il n'était pas possible de remarquer de différence sensible dans la pression intraoculaire. On sait du reste que la question de l’influence de n. sympathique sur cette pression demande encore à être examinée de plus près, surtout chez les animaux très jeunes.
En examinant au microscope la cornée d’un œil sain et celle d un œil «paralysé», je remarquai que les couches lamelleuses de celui-ci présentaient un aspect plus onduleux, plus sinueux que celles de 1 autre. C’est cette circonstance qui. jointe à la métamorphose retardée des éléments cellulaires, explique la couleur blanchâtre ainsi que l’état trouble de la cornée de l’œil pa-