﻿136
EFFET DE L’AGITATION SUR LE BLANC T)’(EUE.
ment de savoir que, comme on pouvait s'y attendre, la liqueur contenait des bactéries, mais que celles-ci ne s'y développaient pas.
Une goutte de la liqueur donne sous le microscope, en s’évaporant en l'absence d’un verre-couvreur, un tableau de cristallisation assez compliqué, dans lequel on voit d’abord se former des druses de tyrosine, puis des globules de leucine qui se disposent en étoiles et forment des ramifications.
La réaction du liquide est franchement alcaline. Lorsque, après avoir évaporé la liqueur à sec, on fait sécher le résidu a 100" C., il n’en reste que 8,9 pour cent; la masse ainsi obtenue, grasse au toucher, assez molle et tombant facilement en poussière, ne ressemble nullement à du blanc d’œuf séché.
Chauffée à 71", la liqueur se troublait: lorsqu’on élevait la température à 80", il se formait un précipité amorphe, floconneux, facilement isolé par tiltration. En aeidulant la liqueur par l’acide acétique, on accélérait visiblement la formation du précipité. Avec l'ammoniaque diluée ou la soude caustique le précipité formait une liqueur trouble et filtrant difficilement, dans laquelle l’acide produisait de nouveau un précipité; la solution de ce dernier donnait les réactions caractéristiques des albumines: la réaction xanthoprotéique. celle du biuret et la réaction de Millon. Après l'élimination du précipité par la chaleur la liqueur fut évaporée à siccité et le résidu traité par l'alcool porté a l'ébullition. Dans cette solution apparurent les globules caractéristiques de la leucine. La substance séchée sublimait facilement sous forme de flocons répandant l'odeur de ramylaminc. La leucine ayant été extraite au moyen de l'alcool, il resta une masse brune visqueuse très soluble dans l'eau. La solution aqueuse donne avec le sulfate de cuivre en présence de la soude caustique une coloration rouge vif; quelques heures après il se forme un précipité peu abondant d'un rouge brunâtre.
Le précipité qui donnait au liquide l'apparence soyeuse consistait principalement en druses microscopiques, caractéristiques pour la tyrosine. Apres avoir été fortement comprimé entre deux lames de papier à libre, ce précipité fut traité par 1 esprit de vin mélangé d'ammoniaque, porté a l'ébullition. Los cristaux qui s'étaient séparés de la liqueur filtrée donnèrent très clairement la réaction connue de Millon. On obtint 0.3 grs de substance pure. La substance qui ne s'était pas dissoute dans l'alcool présentait les mêmes propriétés albumineuses que le précipité séparé de la liqueur totale par la chaleur.
Le précipité qui s'était formé dans le flacon témoin paraissait sous le microscope tout-à-fait amorphe. La liqueur qui en avait été séparée par tiltration se troubla à 59"; la précipitation entière d'un volumineux dépôt ne s’acheva que vers 80". et encore eu put-on séparer par tiltration une assez grande quantité de liquide qui, eu s’évaporant, déposait des globules de leu cine non mélangés de cristaux de tyrosine.
Le travail à la main comparé à celui de la machine ne présentant qu'une grandeur tout-à-fait insiguiliante, la difference entre les changements qui s'étaient produits dans les liqueurs albuminoïdes du flacon principal et celles du flacon témoin doit être mise entièrement sur le compte de l'action mécanique.
Les recherches sur les substances que nous avons obtenues du blanc