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HISTOIRE DE LA DÉCOUVERTE DE i/ÉLECTROTONT'S.
courants dérivés, Gruenhagen, en s’appuyant de ses observations à lui, trouve possible d’affirmer que «les phénomènes électrotoniques sont la suite directe d'une irruption du courant du circuit dans la portion extrapolaire du nerf» (die elektrotonischen Erscheinungen als unmittelbare Folge des Einbrechens des Kettenstromes in die extrapolare Nervenstrecke sind, 3, 8. 135). Voyons maintenant comment Gruenhagen explique, au point de vue de sa théorie, l’influence de la ligature ou, en général, d’une atteinte quelconque portée à l’intégrité structurale du nerf. Figurons-nous d'abord que par suite d’un endommagement du mauvais conducteur fff dans le schéma métallique (fig. 2), les deux moitiés du contour métallique ddd et dabced se sont touchées en un point b. Les raisonnements faits au sujet de ce schéma nous montrent clairement que, dans ces conditions, le courant dans le galvanomètre qui réunit les points c et e disparaîtra complètement ou sera extrêmement faible. La même chose arrivera s’il est porté atteinte à l'intégrité de la portion bc du nerf (fig. 1), car la différence des résistances dans les diverses parties du nerf, laquelle avait existé auparavant, ayant disparu, la condition principale pour la propagation du courant dans les espaces extrapolaires sera également abolie.
On sait par expérience qu’avec le temps l'anélectrotonus s'accroît, et que le catélectrotonus diminue. Gruenhagen explique ce fait en prenant pour point de départ sa thèse principale, d’après laquelle tous les phénomènes de l’électro-tonus se réduiraient au rapport des résistances du neurilemme et de la myéline. Si, avec le temps, l'anélectrotonus augmente, c’est qu'à l'ainde la différence entre les résistances de ces parties du nerf doit augmenter. C'ette augmentation de la résistance se produit à la suite de ï’électrolyse, grâce à laquelle des acides gras libres, mauvais conducteurs, se séparent de la myéline dans la région de l'anode, tandis que dans celle de la cathode ce sont, au contraire, les alcalis qui se séparent, étant meilleurs conducteurs (pie les acides gras. De la une diminution de la différence dans les résistances et. par conséquent, aussi une diminution de la grandeur du catélectrotonus. Le fait du reste (Abklingen) d'électrotonus (constaté par Fick) sur l'anode et sur la cathode après l’ouverture du circuit du courant polarisateur, démontrerait, suivant Gruenhagen, que des produits de l’électrotonus se forment dans la région des deux pôles de la batterie, car la production du fait précité ne peut s’expliquer que par les propriétés électromotrices des produits de l'électrolyse.
C’est en vain que nous chercherions dans les manuels de physiologie l'exposé de la théorie de Gruenhagen. Aujourd'hui les auteurs se rangent en majeure partie à l’opinion de Hermann, laquelle paraît prédominer en ce moment.
Mais peut-on parler de la théorie de ce dernier comme d’une théorie nouvelle, n'appartenant qu’à lui? N’est-ce pas plutôt la théorie même de Gruenhagen?
Jugeons par nous mêmes. L'un et l'autre de ces auteurs admettent (Gruenhagen ne l’a fait que plus tôt) comme condition principale pour l'apparition des courants électrotoniques, la nature hétérogène des deux parties constituantes du nerf, c’est-à-dire de l'enveloppe et de son contenu. D’après Gruenhagen la polarisation s’effectuerait à la limite de ces deux parties du nerf, où viendraient se déposer des produits électrolytiques, ce qui exercerait une in-