﻿HISTOIRE DE LA DÉCOUVERTE DE L’ÉLECTROTONUS.
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mouvement rotatoire de 180° autour de leur axe sous 1 influence du courant de la batterie, ce qui, pris dans son ensemble, met le nerf lui-même ainsi que la manière dont le courant de la batterie est censé agir sur le nerf, dans une position exceptionnelle.
On se demande ce qui avait pu obliger du Bois-Reymond, ce profond connaisseur des lois physiques, à mettre en scène tout ce tableau hypothétique, pourquoi il n’avait pas essayé d’expliquer le phénomène qu’il étudiait, par 1 une des manifestations générales du courant pendant son passage par des conducteurs humides ordinaires.
A ces questions du Bois-Reymond aurait pu répondre qu il y avait été obligé par le fait que l’électrotonus est du nombre des phénomènes . énigmatiques par suite de l'absence de phénomènes analogues dans le domaine de la physique proprement dite, et parce qu il < n’appartient qu’aux nerfs » (den Nerven allein angehört). Il avait fait une série d’expériences, analogues a celles qu'on vient de mentionner, sur des fils imbibés de différents liquides: eau, salive, sang, blanc d'œuf,	acides, solutions	salines, et	ayant fait passer un
courant de 6 éléments de	Grove, n’avait pas	observé la	moindre déviation de
l'extrémité de son galvanomètre très sensible, même à la distance de 2 mm. de l’espace intrapolaire. Si le nerf était enregistré dans la série des conducteurs ordinaires de la deuxième classe et que l'action du courant dont il est traversé dût satisfaire aux exigences communes, il serait incompréhensible que dans le fi! les courbes du courant ne s’étendissent pas même à 2 mm. au-delà des limites des électrodes	d une batterie de Grove à 6	éléments, tandis que
dans le nerf ils s’étendent	à 8 mm. au-delà	de 1 espace	intrapolaire parcouru
par le courant d'un seul élément de Grove.
Admettons cependant que, dans la structure du nerf, il existe des conditions physiques inconnues qui rendent possible la naissance de telles courbes du courant, s'étendant loin au-delà des limites des électrodes. Pour écarter une telle supposition, du Bois-Reymond entreprit des expériences qui, sans abolir la possibilité de la conductibilité électrique, rendaient impossible le processus moléculaire qu’il supposait être la cause de 1 électrotonus. A cet effet il fit au nerf une ligature à l’endroit (fig. 1, sur le trajet bc) qui sépare 1 espace intrapolaire (ab) de" l’espace extrapolaire (ce), et n’observa point de phénomènes d’électrotonus.
En général, toutes les suppositions qui réduisaient les phénomènes de l’électrotonus à l'une ou l'autre des manifestations du courant à son passage par des conducteurs humides ordinaires, étaient récusées par des faits de parallélisme et do liaison intime du phénomène qui nous intéresse avec les propriétés vitales et la fonction physiologique du nerf. On peut dire que la grandeur de l’électrotonus dépend, jusqu'à une certaine limite, de l'intensité du courant polarisant, mais que, pour une même intensité électrique, la grandeur de l’électrotonus dépend à un haut degré («in hohem Grade») de la grandeur de la manifestation de la puissance fonctionnelle (Leistungsfähigkeit) du nerf.
Quelque séduisante que soit 1 hypothèse de du Bois-Reymond, et quelque convaincantes que nous paraissent les arguments que 1 éminent savant avance en sa faveur, la position exclusive dans laquelle le nerf est placé fit tout