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A N A L I S E 8.
fait identiques, ou cesse de faire circuler la liqueur, le cœur continue encore de se contracter pendant un temps assez long, de 2 à 5 minutes. Au commencement on observe quelquefois que les oscillations deviennent plus grandes, ce qui, paraît-il, dépend de ce que la résistance est devenue plus faible; mais bientôt on voit apparaître, comme indice du manque d’oxygène et de la rétention des produits du métabolisme dans le muscle cardiaque, un changement original de la courbe. Ce changement consiste en ce que l'une des deux contractions consécutives, disons la contraction impaire, conserve sa hauteur première, tandis que la suivante, la contraction paire, se raccourcit peu à peu. En conséquence, la courbe des pulsations du cœur acquiert un caractère clairement dicrotique. Ce dicrotisme s’accentue, très graduellement et très régulièrement, de plus en plus, jusqu'à ce que les contractions paires deviennent très faibles, atteignant dans certains cas à peine un quart ou un cinquième de leur hauteur initiale, tandis que les contractions impaires conservent la leur; ce n'est que beaucoup plus tard qu'une diminution graduelle s'y fait également observer. En même temps on remarque un ralentissement graduel de la période de chaque contraction en particulier, ce qui dépend en partie du refroidissement; mais le dicrotisme se produit au même degré à toutes les températures. Après que les contractions, tant paires qu impaires, sont devenues beaucoup plus faibles, ont voit sc produire un autre symptôme de l'agonie du cœur, connu depuis longtemps. Il consiste en ce que, au milieu dos pulsations ralenties et affaiblies, il se produit une contraction très énergique, suivie d'une série de contractions très-faibles, espacées par de longues causes, après quoi le cœur s'arrête. Quelquefois pourtant, après une pause considérable et avant l’arrêt definitif du cœur, il se produit encore une ou deux fortes contractions. De faibles secousses rythmiques des oreillettes et des appendices des oreillettes continuent encore assez longtemps, après quoi elles cessent également.
En observant attentivement un cœur qui se contracte, on reconnaît facilement que le phénomène du dicrotisme dépend de ce que les troubles dans le fonctionnement du ventricule droit et du ventricule gauche ne se produisent pas en même temps. Lorsque la circulation s'arrête, le manque d’oxygène el de matières nutritives ainsi que le métabolisme devenu plus difficile se font sentir plus tôt dans la masse plus puissante des muscles du ventricule gauche. Quand le dicrotisme est déjà fortement accentué, les pulsations paires affaiblies correspondent exclusivement aux contractions du ventricule droit et cessent à la limite même des deux ventricules; en même temps les contractions impaires, commençant, comme auparavant, aux oreillettes, s’étendent sur le ventricule gauche aussi bien que sur le ventricule droit.
Si, après un certain laps de temps qu'à duré l'arrêt complet des pulsations du cœur, on recommence l'injection de la liqueur dans les vaisseaux du cœur, les contractions reparaissent bientôt, la plupart du temps après quelques secondes; faibles d'abord et se bornant à la région de l'insertion des veines caves, elles deviennent de plus en plus fortes, s'étendent sur les oreillettes, ensuite sur le ventricule droit, finalement sur le cœur entier, en acquérant un rythme régulier. Dans ces circonstances, les phénomènes du dicrotisme