﻿A N A T. T S B S,
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pulsations régulières s étant rétablies à 3 heures 20 minutes, la circulation fut suspendue, et le cœur fut placé dans la glacière. Le lendemain, à 3 heures 20 minutes, on le remit dans l’appareil, et la circulation ayant été rétablie, le cœur recommença de se contracter apres une interruption de 2d heures.
J,e rétablissement de contractions rythmiques assez énergiques, sinon tout à fait régulières, dans un ca ur isolé apres des interruptions aussi longues que 18 et 24 heures, présente par lui même un fait intéressant et de haute importance. Il est évident que la dépression temporaire des fonctions vitales sous 1 action du froid ou de la composition chimique du milieu ambiant ne détermine pas encore la mort de l’organe. Quant au dernier terme que peut atteindre la suspension du fonctionnement du cœur, sans que celui-ci périsse, il est probable que les conditions individuelles de chaque animal en particulier, son âge, l’état de sa santé, sa nutrition etc. y jouent un très grand rôle. En tout cas, il paraît que ce terme n’est pas trop éloigné de celui que j’ai observé (18, 24 heures) dans les expériences que je viens de décrire. Les tentatives de ranimer un cœur qui avait séjourné dans la glace pendant deux jours ont échoué jusqu'à présent. Quelle que soit l’activité vitale des tissus à sang chaud réduite par le refroidissement jusqu’il 0", le métabolisme respiratoire et l'accumulation de produits de la décomposition s’y produisent pourtant, quoiqu’il un degré très faible (vita minima): le changement de caractère et l’affaiblissement des pulsations après une pause prolongée en sont la preuve. Quoi qu'il en sait, ces expériences prouvent la grande vitalité du cœur ainsi que la possibilité de le ranimer après qu’il a été privé de mouvement et que sa fonction a été suspendue pendant 24 heures, et nous permettent de penser que le rétablissement des fonctions et la ranimation après un arrêt temporaire (comme p. ex. dans les cas de léthargie), beaucoup plus long qu on ne l’a cru jusqu’à présent, pourraient, dans certaines conditions, se rapporter aussi à d’autres tissus et à d’autres organes.
S u p p 1 é m e n t. Tout récemment, lorsque les épreuves du présent article étaient déjà tirées, j’ai réussi à ranimer un cœur de lapin et à rétablir les pulsations des oreillettes après que le cœur avait séjourné 44 heures dans la glace, c’est à dire presque deux jours après que le fonctionnement en avait complètement cessé. Les pulsations durèrent 3 heures (expériences faite le 16 au 18 mars 1902).
L I T T É R A T U R E.
1 ) Czer m a k und P i o t r o w s k y. Sitzungsber. der Wiener Akad. 1857. Rd. 25, 8. 431.
2)	Rousseau. C.-R. de l’Aead. des Sc. de Paris. 1855, 3 (rapport publ. dans le Diet, de Physiologie, Richet. IV, 1, p. 312).
3)	V u 1 p i a n. Ibidem.
4)	Regnard. C.-R. de l'Acad. des Sc. de Paris. 1887.