﻿48
CONTRIBUTIONS AUX RECHERCHES SUR L5 ALIMENTATION.
En résumant les résultats obtenus dans les expériences que nous venons de décrire, nous en tirons les conclusions suivantes.
I.	a) En ingérant durant 15—30 jours une nourriture riche en hydrates de carbone et en graisse, mais pauvre en substances albuminoïdes (c’est-à-dire contenant environ 2 gr. d’albuminoïdes par kilogr. du poids de l’animal), les chiens ne maigrissent pas, et, quelquefois, augmentent même en poids, en même temps que, souvent, la quantité de graisse augmente chez eux plus ou moins.
b)	Tant que les animaux ne montrent pas d’aversion pour les aliments qu’on leur offre, leur organisme se trouve en état d’équilibre par rapport à l’azote et au phosphore.
c)	L’élimination de l’azote par l’urine surpasse celle des phosphates environ 4 fois (3,6—5,2). Il s’ensuit que le rapport de l’azote aux phosphates (dans l’urine) dans l’inanition albuminoïde incomplète est à peu près le même que dans le jeûne absolu.
d)	L’urine est très pauvre en corps alloxuriques, et il n’est pas rare qu’on n’y trouve que des traces de ces bases.
II.	e) La marche de la période qui suit l’intoxication (nous entendons par là l’élévation de la température, la durée de l’incubation, l’état subjectif général, la mort plus ou moins avancée) paraît être la même chez les chiens soumis au régime d’inanition albuminoïde incomplète que chez ceux qui se nourrissent exclusivement de chair. Faisons observer pourtant que je n’ai presque jamais eu à constater de troubles de digestion après l’injection des toxines chez les animaux recevant trop peu d’albuminoïdes.
f) L’injection des toxines bactérielles active la métamorphose des substances,—l’élimination de l’azote et des phosphates augmente. L’augmentation des phosphates est ordinairement moins fortement prononcée que celle de l’azote. Il est vrai que l’expérience V semble contredire cette règle; mais il faut faire observer que dans cette expérience le chien recevait moins de 0,33 gr. N par kilogr. du poids, en éliminant plus qu’il n’en ingérait. En trouvant les moyennes des chiffres (de toutes les expériences), nous voyons qu’après l’injection des toxines, la quantité de l’azote dans l’urine a augmenté de 34,8 pour cent, tandis que l’augmentation des phosphates de l’urine n’a atteint que 19,6 pour cent. Faisons observer ici-même que chez les chiens soumis au jeûne absolu l’augmentation de l’azote, après l’intoxication par le bac. pyocyanei, atteignait 74 pour cent, celle de P205—72,8 pour cent; après l’injection de toxine diphtérique à des chiens soumis au jeûne absolu, la quantité de l’azote éliminé augmenta de 27 pour cent, celle de P205 de 33 pour cent (14 gr.). L’injection des toxines augmenta considérablement la teneur des corps alloxuriques dans l’urine des animaux qui ne recevaient pas assez de substances albuminoïdes dans la nourriture.
En terminant cette communication, j’ajouterai encore qu’en examinant le sang de quelques chiens (après qu’ils avaient reçu durant un mois une nourriture pauvre en albuminoïdes), je n’ai pas observé de diminution notable du nombre des éléments formés; parmi les leucocytes on observe une augmentation des mononucléaires. Après l’injection de toxines à de tels chiens je ne parvenais souvent pas à découvrir dans leur sang un seul leucocyte éosino-