﻿Contributions aux recherches sur l’alimentation avec des substances pauvres en albuminoïdes.
Prof. agr. K. Dmitrievski.
Du laboratoire de Pathologie générale de l’université de Tomsk.
Selon l’avis d’un grand nombre de naturalistes éminents (Cuvier, Darwin, Huxley) l’homme appartient par sa nature à la classe des fructivores, n’ayant appris que peu à peu, après s’être assujetti les animaux, à utiliser le lait et la chair de ceux-ci. De nos jours, la plupart des hommes civilisés emploient (ou du moins tâchent d’employer) une nourriture mixte, c’est-à-dire composée de substances tant animales que végétales, et une telle nourriture est considérée comme la mieux appropriée à l’organisme de l’homme contemporain. Je ne soumettrai pas à une discussion plus au moins détaillée l’opinion, partagée aujourd’hui par la généralité des savants, que les substances animales entrant dans la nourriture de l’homme constituent pour lui une nécessité physiologique. Les habitants de la Chine, du Japon, des Indes et d’autres pays se nourrissent exclusivement de substances végétales. L’homme peut donc manifester toute son énergie, tant musculaire que mentale, en n’employant qu’une nourriture végétale, pourvu seulement que l’organisme reçoive avec cette nourriture une quantité suffisante de substances nutritives, en particulier de substances albuminoïdes, pouvant servir à remplacer les substances constituantes primaires des cellules.
Pettenkofer et Voit, Moleschott, Forster et d’autres physiologistes ont établi la quantité physiologique normale de la ration journalière et indiqué la quantité minimale des substances albuminoïdes que doit ingérer l’homme dans le courant des vingt-quatre heures, pour conserver son poids et pour que l’échange des substances azotées reste en équilibre. Cependant Hirschfeld, Kumagawa, Klemperer ont montré que si l’organisme de l’homme reçoit une nourriture riche en hydrates de carbone (ou en graisses), l’équilibre des substances azotées peut se maintenir et son poids ne pas changer, même dans le cas où il ne recevrait que 40 gr. d’albumine, un tel régime n’exerçant aucune influence fâcheuse sur la santé de l’individu.
Durant six semaines Siven, tout en continuant ses travaux, n’ajoutait à sa nourriture que 12 gr. d’albumine, sans que le poids de son corps diminuât *). J. Munk et Th. Rosenheim firent des expériences de plus longue durée sur des carnivores (chiens) auxquels ils ne donnaient qu’une quantité très restreinte de substances albuminoïdes, mais, par contre, beaucoup d’hydrates de carbone et de graisses. Les recherches de ces auteurs touchent de près la question de
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