﻿86	Contributions aux recherches sur l*alimentation.
l’inanition albuminoïde incomplete que, grâce à certaines conditions sociales ou autres, on observe si souvent dans la vie, lorsque des hommes habitués à une nourriture mixte se voient forcés de remplacer la nourriture animale trop coûteuse par des substances végétales pauvres en albumine. «L’européen est à un tel point habitué à l’idée de la nécessité d’une nourriture mixte», dit avec raison le prof. Pachoutine, < qu’il considère l’ingestion d’une nourriture purement végétale comme identique à l’inanition albuminoïde, produite par le manque de substances azotées 2). Cela étant, les expériences de Munk et de Rosenheim présentent non seulement un intérêt théorique, mais ont encore une valeur pratique considérable.
En donnant, comme nous venons de la dire, à des chiens des aliments pauvres en substances albuminoïdes animales, ces auteurs arrivèrent à la conclusion que ces animaux ne peuvent pas s’en nourrir un temps indéfiniment long: ils les refusent bientôt, leur préférant le jeûne absolu.
Dans les expériences de Munk3), un chien pesant 12 kilogr. recevait 17 gr. d’albuminoïdes (1,41 gr. pour 1 kilogr. de son poids), 55 gr. de graisse et 116 gr. d’hydrates de carbone.
Au cours des premières 5 semaines, l’assimilation de ces substances alimentaires se faisait d’une manière satisfaisante: le poids de l’animal ne diminuait pas, et l’équilibre des substances albuminoïdes se maintenait, bien que les quantités des albuminoïdes ingérées fussent bien au-desous du «Hungerminimum» typique de C. Voit. La 6-me semaine l’assimilation de la nourriture changea pour le pire; beaucoup d’aliments non-digérés furent éliminés avec les matières fécales (la quantité de l’azote dans ces dernières fut en moyenne 1,08 gr., tandis que pendant les 5 premières semaines l’animal n’avait éliminé avec les excréments que 0,42—0,52 N par jour).
Au commencement de la 9-me semaine, l’état subjectif du chien changea,—sa vivacité disparut, il devint morose, indolent et apathique.
Ces faits ammenèrent Munk à la conclusion qu’une nourriture pauvre en substances albuminoïdes (eiweissarme Nahrung) affaiblit l’activité de l’appareil digestif et agit d’une manière très défavorable sur l’assimilation des aliments. L’auteur était de l’avis que la quantité des substances albuminoïdes que le chien recevait ne suffisait pas à la régénération des cellules des glandes intestinales, ce qui fait que, peu à peu, l’activité de ces glandes s’affaiblit, en même temps que la quantité des liquides sécrétés diminue.
En faisant des expériences analogues, Th. Rosenheim 4) observa que des troubles dans le fonctionnement de l’appareil digestif commencent depuis la 7 ou 8 semaine et que c’est depuis lors aussi qu’ apparaissent chez le chien des signes de faiblesse et d’apathie. Dans une autre expérience du même auteur5), le chien eut des vomissements et montrait de l’aversion pour la nourriture déjà pendant la 5-me semaine. Selon Rosenheim, c’est le fait suivant qui mérite surtout l’attention, à savoir que la métamorphose albuminoïde intérieure se produit d’une manière assez satisfaisante même dans les organes dont les cellules ont subi une forte dégénérescence graisseuse. La sécrétion et la résorption peuvent se produire presque normalement même dans le cas où, par suite de diverses conditions pathologiques, des restes seuls de protoplasma