﻿CONTRIBUTIONS AUX RECHERCHES SUR L?ALIMENTATION.	37
capables d’ activité vitale se sont conservés. Ces pauvres restes de protoplasma, dit l’auteur, suffisent pour que l’organisme, faisant appel à toutes ses forces en réserve, puisse satisfaire ces besoins les plus pressants.
L’examen microscopique des tissus et des organes d’un chien qui avait péri par suite d’inanition albuminoïde incomplète montra à Rosenheim que le foie ainsi que l’épithélium des glandes du tube intestinal, surtout celui des glandes de l’estomac et de celles des parties de l’intestin les plus proches, avaient subi la dégénérescence graisseuse.
Rosenheim tire de tous ces faits la conclusion que l’inanition albuminoïde quoique incomplète mais prolongée ruine l’organisme de l’animal. 2 gr. de substances albuminoïdes par kilogr. du poids de l’animal, mélangées à des aliments riches en hydrates de carbone et en graisses (contenant même 110 calories par kilogr. du poids) ne suffisent pas pour conserver la vie du chien *).
Cherchant la solution d’une question spéciale, j’eus l’occasion de faire prendre à des chiens une nourriture pauvre en albuminoïdes, c’est à dire un mélange d’aliments pareil à celui que donnaient à leurs chiens Munk et Rosenheim. Considérant que la question à laquelle ces auteurs avaient touché présente un intérêt particulier au point de vue biologique général, je résolus de compléter, en me servant de ces -animaux, autant que le temps me le permettrait, les recherches de ces savants.
Dans ces expériences, j’ai fait attention non seulement à la décomposition des produits azotés en général, comme l’avaient fait Munk et Rosenheim, mais aussi à l'excrétion des corps alloxuriques. En même temps, j’ai fait des recherches sur la métamorphose des phosphates ainsi que sur la rapport de ces derniers à l’azote de l’urine. De telles recherches n’avaient pas été faites jusqu’alors, bien- que, à mon avis, elles dussent intéresser les biologues sous plusieurs rapports.
Après avoir observé les chiens (qui recevaient une nourriture pauvre en substances albuminoïdes) pendant un temps plus ou moins long, et avoir fait des recherches dans le sens indiqué, je leur injectais des toxines bacté-rielles et continuais à étudier l’effet de ces injections, dirigeant mon attention d’une part sur la marche clinique de la période qui suit l’intoxication, de l’autre, et principalement, sur les changements qui surviennent dans la métamorphose des substances. En entreprenant ces recherches, je me suis laissé guider par des considérations qui ressortiront de ce qui va suivre.
D’après les observations des bactériologistes, le milieu de culture a une grande influence sur l’évolution des microorganismes. En changeant la constitution du milieu, nous pouvons accélérer, retarder et même suspendre entièrement le développement des bactéries, très sensibles aux moindres changement sous ce rapport. Si, comme disent P. Chatin et Guinard, nous assimilons l’organisme à un milieu de culture artificiel pour les microbes, nous devons
*) En donnant au chien de temps en temps de grandes quantités de viande ou eh en augmentant la proportion dans la nourriture, l’auteur put le conserver vivant presque 5 mois.