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CONTRIBUTIONS AUX RECHERCHES SUR L’ALIMENTATION.
admettre que des modifications chimiques même légères peuvent rendre l’organisme plus ou moins propre au développement de telle ou telle infection. C’est à produire des variations dans un sens favorable que travaille la thérapeutique, qui essaie non seulement d’agir sur le microorganisme, mais encore de modifier le terrain, c’est-à-dire la composition des sucs, des tissus, soit par des médicaments, soit par des sérums thérapeutiques, extraits d’organes ou vaccins.
A côté de ces modifications artificielles, apportées à l’organisme, il y en a encore d’autres, naturelles pour ainsi dire, peu étudiées encore, il est vrai, plus délicates peut-être, mais réelles. Ce sont celles qui dépendent de la modification des tissus et des organes sous l’influence de la nutrition, en sa qualité de cause première et constante de la constitution chimique des éléments cellulaires. Comment telle nourriture ou telle autre agit-elle sur la force de résistance de l’organisme, des éléments cellulaires aux différentes maladies infectieuses? Beaucoup de temps et de peine ont déjà été consacrés à cette question importante, sans qu’elle ait beaucoup avancé cependant. La raison en est, à mon avis, que les recherches expérimentales, purement scientifiques, sur cette question ont présenté presque jusqu’à nos jours les plus grandes difficultés.
Déjà du temps d’Hippocrate les médecins empiriques se divisaient au point de vue du régime à suivre dans les maladies (les maladies infectieuses en particulier) en deux camps opposés, les uns recommandant une alimentation abondante, les autres, jusqu’à l’abstinence complète.
Laissant de côté les travaux des physiologistes Chossat, Bidder et Schmidt, d’Hirschfeld, Voit et Pettenkofer, j’examinerai d’abord ceux de Canalis et de Morpurgo 6). Ces auteurs firent leurs expériences sur des pigeons, dans l’organisme desquels ils introduisaient le bacille du charbon (anthrax). Ils arrivèrent à la conclusion que l’abstinence préalable fait perdre à ces oiseaux leur immunité naturelle vis-à-vis de ce bacille.
C’est dans le même sens que se sont prononcés Feser, Alessi Bouchard et d’autres, trouvant que l’abstinence, en affaiblissant l’organisme, le rend moins résistant à l’infection. Cependant les recherches plus récentes de Teissier et A. Guinard 7) (1897) ainsi que celles de Roger et Josué ont amené ces auteurs à des conclusions diamétralement opposées. Roger et Josué 8) considèrent que les carêmes périodiques, tels que les prescrivent la plupart des religions, exercent sur l’organisme une action bienfaisante, le rendent plus fort, plus résistant.
Par contre, on peut citer la monographie de Pr. Richet 9), donnant un grand nombre d’arguments convaincants en faveur de la suralimentation avec de la viande crue des malades atteints de tuberculose.
En 1900 parut l’ouvrage de Chatin et Guinard 10): «De l’influence de certains aliments sur la marche des infections et intoxications microbiennes >. Les expériences qu’ils ont faites ont conduit ces auteurs aux conclusionns suivantes:
1. Les chiens nourris seulement de substances albuminoïdes résistent bien mieux à l’intoxication par le microbe diphtérique que ceux qui ne reçoivent que du sucre ou de la graisse.