﻿CONTRIBUTIONS AUX RECHERCHES SUR L’ALIMENTATION.
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2. Le régime saccharin ou bien l’injection préalable d’une solution dé sucre dans les veines rend les animaux moins propres à la lutte pour l’existence; ils supportent mal l’injection de la toxine diphtérique *) et sont très facilement infectés par les bactéries d’Eberth et par la pneumoentérite du boeuf, mais non par le bacille de l’anthrax et par le charbon symptomatique.
En vue de ces faits, les auteurs rappellent au lecteur que la question des injections sous-cutanées d’une solution de sucre au point de vue de la nutrition a été sérieusement discutée au congrès médical de Wiesbaden (en 1896). En comparant les données de leurs expériences aux arguments d’autres auteurs, Chatin et Guinard arrivent à la conclusion importante au point de vue pratique que dans beaucoup de maladies toxi-infectieuses, on ne doit avoir recours en aucun cas aux injections sous-cutanées de solutions de sucre, vu que ces injections pourraient beaucoup affaiblir la résistance de l’organisme à l’infection.
Montrant l’influence non moins défavorable d’une nourriture exclusivement graisseuse, les auteurs pensent qu’une telle ne suffit pas à l’organisme et qu’elle est peut-être la cause de ce que les animaux nourris seulement de graisse sont plus sensibles à l’intoxication et à l’infection que ceux qui reçoivent des albuminoïdes.
Tous les auteurs que j’ai cités sont d’accord sur ce que les aliments, en changeant la constitution chimique de l’organisme, peuvent, selon leur nature, exercer une influence sur sa force de résistance à telle ou telle maladie infectieuse et l’exercent en effet. Mais, comme je l’ai déjà dit, cette question est encore très peu élucidée du côté expérimental.
Les expérimentateurs n’ont pas encore obtenu de résultats précis et exactes. La raison en est probablement celle que, s’étant servis pour leurs travaux de certaines bactéries ou toxines et ayant reçu certains résultats, ils appliquent ces résultats à toutes les espèces de maladies infectieuses, c’est-à-dire généralisent trop leurs conclusions.
Désirant, de mon côté, contribuer autant qu’il serait en mon pouvoir, à l’élucidation de la question du rôle que joue le régime alimentaire dans les maladies infectieuses, j’entrepris une série d’expériences ayant pour objet de me montrer, comment certains animaux nourris de substances pauvres en albuminoïdes se comporteraient vis-à-vis des intoxitions et de l’infection. Je choisis une telle nourriture, parce que souvent, en temps de disette ou d’autres désastres, ou bien sous l’influence de doctrines religieuses ou philosophiques, ou bien encore par un mauvais choix de sa nourriture végétale, l’homme subit l’inanition incomplète par rapport aux substances albuminoïdes, dont il consomme des quantités insuffisantes.
Dans cette première communication je me bornerai cependant principalement aux modifications qui surviennent dans les échanges chez les animaux qui avaient reçu auparavant une nourriture pauvre en albuminoïdes et subi-, rent ensuite l’intoxication. Dans un de mes travaux précédents j’étudiais la
*) La période d’incubation devient beaucoup plus courte, les troubles intestinaux sè manife-, stent avec une force toute particulière, et la mort survient sous peu,	..	1