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CONTRIBUTIONS AUX RECHERCHES SUR l’ALIMENTATION.
métamorphose des substances chez des animaux à jeun auxquels j’avais injecté des toxines, et ces expériences me permirent de tirer la conclusion que chez ces animaux l’élimination de l’azote aussi bien qui celle du phosphore s’élève avec la température (état fiévreux), et que, ce qui me paraît surtout intéressant, le pour cent des phosphates et celui des matières azotées augmente dans la même mesure, l’augmentation des premiers étant quelquefois même plus accentuée.
Il est à regretter que la question de l’élimination du phosphore pendant la fièvre ne soit pas encore entièrement élucidée. Les observateurs n’ont pas obtenu de résultats définitifs par rapport à cette question; remarquons d’ailleurs que cette question de l’élimination des phosphates est, pour ainsi dire, restée à l’ombre, l’étude de l’échange de l’azote ayant principalement attiré les auteurs.
Cependant mes expériences sur l’immunisation des animaux (pendant lesquelles je constatai une diminution de l’élimination des phosphates), celles du prof. Albitzki sur la suralimentation après un long jeûne, les récentes recherches de quelques auteurs français sur la valeur thérapeutique de la leucitine, ainsi que des considérations de nature purement théorique nous montrent, toutes ensemble, la grande valeur des combinaisons du phosphore pour l’organisme. Il est pleinement admissible que dans un moment critique elles aient pour l’organisme une importance plus grande que les substances azotées.
Laissant ces considérations générales, pour le moment, de côté et passant à mes expériences, je répète que j’ai eu en vue principalement l’étude de la décomposition des substances chez des animaux en inanition albuminoïde, empoisonnés par diverses toxines. Je me suis proposé de comparer la marche de la métamorphose des substances chez ces animaux avec celle qu’on observe chez des animaux entièrement privés de nourriture et se trouvant également dans un état fiévreux.
Je pense, en outre, que l’étude de la décomposition des substances pendant l’état fiévreux dans différentes conditions d'alimentation nous permettra de nous former une idée exacte sur la métamorphose des substances dans les maladies infectieuses en général.
Expériences.
Ayant principalement en vue l’étude de l’échange des substances, je me bornais au commencement à l’observation des animaux qui avaient reçu une nourriture pauvre en albuminoïdes pendant peu de temps, c’est à dire lorsque le fonctionnement du tube digestif de ces animaux n’avait pas encore subi de profondes altérations. Je leur donnais ordinairement pendant 15—30 jours un mélange formé d’une petite quantité de chair de cheval, de graisse et de riz (dans les tableaux que nous donnons plus bas, nous avons noté les quantités d’aliments que recevait chaque chien).
Faisons observer qu’un tel régime n’est pas supporté par tous les chiens. Cependant, en général, il mangeaient la nourriture qui leur était offerte assez volontiers pendant un mois, pourvu qu’elle fût bien cuite. Si, au contraire, on la leur offrait crue, ils la refusaient déjà au 4—10 jour.