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{"created":"2022-01-31T15:10:29.633191+00:00","id":"lit36251","links":{},"metadata":{"alternative":"Le Physiologiste Russe","contributors":[{"name":"Spasski, N.","role":"author"}],"detailsRefDisplay":"Le Physiologiste Russe 1: 235-241","fulltext":[{"file":"p0235.txt","language":"fr","ocr_fr":"LE\nPHYSIOLOGISTE RUSSE\nR\u00c9DIG\u00c9 PAR\nM. L\u00e9on Morokhowetz,\nProfesseur de physiologie \u00e0 P\u00dcniversit\u00e9 Imp\u00e9riale.\nMOSCOU.\nVol. I.\t12 d\u00e9cembre 1899.\t15\u201420.\nDe l\u2019action physiologique des courants \u00e0 hante tension\net \u00e0 grande frequence.\nPar le Dr. N. Spasski,\ndu laboratoire physiologique de l\u2019Universit\u00e9 Imp\u00e9riale de Tomsk.\nDans les rapports qui existent entre le courant \u00e9lectrique alternatif et le syst\u00e8me nerveux, on constate le fait int\u00e9ressant suivant: \u00e0 mesure que le nombre des alternances du courant et, parall\u00e8lement, son intensit\u00e9 augmentent, Faction du courant sur le syst\u00e8me nerveux augmente aussi, jusqu a une certaine limite toutefois. C\u2019est environ \u00e0 2500 oscillations par seconde que l'effet produit par le courant atteint son maximum; \u00e0 mesure que le nombre des oscillations s\u2019\u00e9l\u00e8ve au-del\u00e0, l\u2019effet diminue, et lorsque ce nombre d\u00e9passe 10000 oscillations par seconde, Faction du courant n'est presque plus ressentie par l\u2019organisme. Il s\u2019ensuit qu\u2019\u00e0 une tr\u00e8s haute fr\u00e9quence des oscillations nous pouvons faire traverser l\u2019organisme par un courant d\u2019une tension \u00e9norme, apparemment sans aucun effet nocif, ni m\u00eame de sensations d\u00e9sagr\u00e9ables, mais il suffit de diminuer la fr\u00e9quence des interruptions jusqu\u2019au nombre des interruptions d\u2019une spirale ordinaire de Ruhmkorff, pour tuer un organisme tout d\u2019un coup.\nJe ne m\u2019arr\u00eate pas aux explications de ce ph\u00e9nom\u00e8ne paradoxal, propos\u00e9es par diff\u00e9rents auteurs (E. Tomson, D. Turner, E. Houston et autres); il est une question qui, \u00e0 mes yeux, pr\u00e9sente un plus grand int\u00e9r\u00eat, c\u2019est de\n15","page":235},{"file":"p0236.txt","language":"fr","ocr_fr":"236\nde l\u2019action physiologique des courants etc.\nsavoir si ces courants exercent quelque influence sur l\u2019organisme, ou s\u2019ils lui sont v\u00e9ritablement indiff\u00e9rents.\nC\u2019est le prof. d'Arsonval qui, le premier, fit des recherches exp\u00e9rimentales sur cette question; il r\u00e9sume ainsi les r\u00e9sultats de ses exp\u00e9riences:\n1.\tLes tissus travers\u00e9s par ces courants deviennent rapidement moins excitables aux excitants ordinaires. Cette diminution se traduit m\u00eame par une analg\u00e9sie remarquable qui frappe les points par o\u00f9 le courant p\u00e9n\u00e8tre dans le corps. Cette analg\u00e9sie persiste suivant les cas et les sujets de une \u00e0 vingt minutes.\n2.\tLe syst\u00e8me nerveux vaso-moteur est fortement influenc\u00e9. Si l\u2019on place par exemple un manom\u00e8tre \u00e0 mercure dans le carotide d\u2019un chien, on voit, la pression art\u00e9rielle tomber de plusieurs centim\u00e8tres sous l\u2019influence de ce genre d\u2019\u00e9lectrisation. On peut constater le m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne chez l\u2019homme \u00e0 l\u2019aide du sphygmographe de Marey... .\n3.\tEn continuant un temps assez long, on voit, chez l'homme, la peau se vasculanser et se couvrir de sueur, cons\u00e9quence naturelle de l\u2019action des courants sur les vaso-moteurs . . .\n4.\tEn soumettant un animal entier \u00e0 ces courants, soit directement, soit en le plongeant dans le sol\u00e9no\u00efde, on constate une augmentation dans l'intensit\u00e9 des combustions respiratoires. Le thermom\u00e8tre montre qu'il n\u2019y a pas d\u2019\u00e9l\u00e9vation de la temp\u00e9rature centrale... (D\u2019Arsonval.\u2014Action physiologique des courants alternatifs \u00e0 grande fr\u00e9quence. Archives de physiologie normale et pathologique, 1893). Le Dr. d\u2019Arsonval obtenait des r\u00e9sultats de ce genre lorsqu'il plongeait l\u2019animal dans le sol\u00e9no\u00efde aussi bien que lorsqu\u2019il le faisait traverser par le courant d'une spirale secondaire.\nLe prof. Ouchinski, qui r\u00e9p\u00e9ta les exp\u00e9riences du Dr. d\u2019Arsonval, arriva aux m\u00eames conclusions, savoir que les nerfs sensitifs et les nerfs moteurs ne sont point excitables par le courant \u00e0 grande fr\u00e9quence; et que les \u00e9changes gazeux augmentent d'intensit\u00e9: l\u2019augmentation de la quantit\u00e9 de l\u2019oxyg\u00e8ne absorb\u00e9e monte jusqu\u2019\u00e0 22 pour cent, celle de l'acide carbonique \u00e9mis jusqu\u2019\u00e0 25 pour cent. \u2019).\nVoil\u00e0 tout ce qui a \u00e9t\u00e9 fait jusqu'\u00e0 pr\u00e9sent relativement aux recherches scientifiques et exp\u00e9rimentales concernant la question de l\u2019action physiologique des courants \u00e0 haute tension et \u00e0 grande fr\u00e9quence. Ces recherches sont naturellement loin d'\u00eatre suffisantes pour qu\u2019on puisse regarder la question comme epuis\u00e9e. Les auteurs pr\u00e9cit\u00e9s n\u2019ont presque pas touch\u00e9 \u00e0 la question si importante de la nature des processus d\u2019assimilation et de d\u00e9sassimilation sous l'influence de ces courants. Et cependant cette question est des plus graves, surtout lorsqu\u2019on consid\u00e8re que les courants en question ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9s et dans quelques cas appliqu\u00e9s avantageusement au traitement des maladies constitutionnelles, telles que le rhumatisme, la goutte, le diab\u00e8te et d'autres, (Apostoli. De l\u2019action th\u00e9rapeutique g\u00e9n\u00e9rale des courants alternatifs \u00e0 haute fr\u00e9quence et \u00e0 haute tension; comm. faite \u00e0 l'Association m\u00e9dicale britannique. Congr\u00e8s\n*) Prof. Ouchinski. De l\u2019action physiologique des courants alternatifs \u00e0 haute tension et \u00e0 grande fr\u00e9quence. Rapport lu \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 m\u00e9dicale de l\u2019Universit\u00e9 de Varsovie, 1S95.","page":236},{"file":"p0237.txt","language":"fr","ocr_fr":"de l\u2019action physiologique des courants etc.\n237\nde Londres, 1895), sans parler d'un grand nombre de cas de maladies nerveuses de diverses esp\u00e8ces, gu\u00e9ries par l\u2019application de ces courants. Pour ce qui est des \u00e9changes des substances azot\u00e9es, ni M. d\u2019Arsonval, ni M. Ouchinski n\u2019y ont port\u00e9 leurs recherches; quant aux \u00e9changes gazeux, M. d\u2019Arsonval fait observer bri\u00e8vement que les processus d\u2019oxydation sont activ\u00e9s, mais, comme le fait remarquer M. Ouchinski, l\u2019auteur cit\u00e9 para\u00eet s\u2019\u00eatre born\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent \u00e0 la d\u00e9termination des changements survenus dans 1 air inhal\u00e9 et dans l\u2019air exhal\u00e9 en le recueillant \u00e0 l\u2019aide d\u2019un masque particulier, muni de soupapes, comme l\u2019avaient d\u00e9j\u00e0 fait des exp\u00e9rimentateurs fran\u00e7ais et italiens avant lui. Il est inutile de dire, continue M. Ouschinski, que les r\u00e9sultats obtenus \u00e0 l\u2019aide d\u2019une m\u00e9thode de ce genre ne peuvent gu\u00e8re pr\u00e9tendre \u00e0 l\u2019exactitude.\n11 serait \u00e9galement difficile de se borner aux exp\u00e9riences faites par M. Ouchinski lui-m\u00eame dans cette direction, vu qu\u2019il n\u2019en parle que tr\u00e8s sommairement et ne mentionne dans son rapport que deux exp\u00e9riences.\nPrenant en consid\u00e9ration l\u2019absence dans la litt\u00e9rature de donn\u00e9es sur le m\u00e9tabolisme sous l\u2019influence des courants \u00e0 haute fr\u00e9quence et \u00e0 haute tension d\u2019une part, et l\u2019int\u00e9r\u00eat profond que pr\u00e9sente cette question de 1 autre, je me suis propos\u00e9 de contribuer \u00e0 combler cette lacune, et je donne dans ce travail les r\u00e9sultats de mes recherches, faites depuis un an, sur les \u00e9changes gazeux.\nL\u2019appareil dont je me suis servi pour \u00e9tudier les \u00e9changes gazeux a \u00e9t\u00e9 construit d\u2019apr\u00e8s les principes de R\u00e9gnault et Reiset.\nUne cloche en verre (A) de 27000 c.c. de capacit\u00e9 est herm\u00e9tiquement viss\u00e9e \u00e0 un support en fer massif, pos\u00e9 sur des pieds. L\u2019animal qui sert, pour l'exp\u00e9rience, un cobaye, est plac\u00e9 sous la cloche sur un entonnoir en fer, recouvert d\u2019une plaque de zinc perc\u00e9e de trous; par une ouverture pratiqu\u00e9e dans la partie inf\u00e9rieure de l\u2019entonnoir, soud\u00e9e au support, peuvent \u00eatre \u00e9vacu\u00e9s l\u2019urine et les excr\u00e9ments, \u00e0 mesure qu\u2019ils s\u2019accumulent. Deux cylindres en verre (B et B{) de 200 c.c. de capacit\u00e9 chacun, renveis\u00e9s sur deux autres cylindres (G et Ct) plus grands et remplis de mercure sont suspendus aux bouts oppos\u00e9s d'une bascule (D) \u00e0 laquelle une turbine \u00abChicago\u00bb imprime un mouvement oscillatoire. En suivant les mouvements de la bascule, les cylindres de verre B et Bn rendus plus lourds par du plomb en grains, s\u2019immergent tour \u00e0 tour dans le mercure des cylindres inf\u00e9rieurs et en ressortent, de sorte que, \u00e0 1 aide de 2 tubes de verre passant par chacun des cylindres du dehors en dedans et traversant le mercure, l\u2019air est tant\u00f4t aspir\u00e9, tant\u00f4t refoul\u00e9. Gr\u00e2ce \u00e0 une disposition particuli\u00e8re de 3 soupapes de M\u00fcller (a, b, c), cet air se dirige toujours dans le m\u00eame sens, ce qui fait qu\u2019il est toujours aspir\u00e9 par le tube d et toujours expuls\u00e9 par le tube e. Pour att\u00e9nuer le caract\u00e8re discontinu, saccad\u00e9 et, par cons\u00e9quent, in\u00e9gal du courant d\u2019air produit par ce syst\u00e8me de cylindres oscillants, les tubes d et e sont mis en communication avec les flacons H et II{ de 4000 c.c. chacun. Deux autres tubes qui mettent en communication ces flacons avec une s\u00e9rie de flacons laveurs se r\u00e9tr\u00e9cissent au bout; ces flacons jouent donc le r\u00f4le de r\u00e9servoirs, dont l\u2019un [H) contient toujours de l\u2019air rar\u00e9fi\u00e9, l'autre toujours de l\u2019air comprim\u00e9. Gr\u00e2ce \u00e0 cette disposition on a un courant d\u2019air continu, seulement un peu acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 \u00e0 chaque immersion\n15*","page":237},{"file":"p0238.txt","language":"fr","ocr_fr":"238\nde l\u2019action physiologique des courants etc.\ndes cylindres. De chacun de ces flacons part une s\u00e9rie de flacons laveurs communiquant par l\u2019autre bout avec la cloche, dont le support est travers\u00e9 \u00e0 cette fin par deux tubes des deux c\u00f4t\u00e9s oppos\u00e9s. En mettant en mouvement la turbine, nous obtenons de cette mani\u00e8re un courant d'air r\u00e9gulier et continu qui de dessous la cloche se dirige \u00e0 travers les flacons laveurs (G) vers les cylindres oscillants, et de l\u00e0 retourne sous la cloche par un second syst\u00e8me de flacons laveurs (Gt). Les flacons laveurs (de Miinke et Dr\u00e4chsel) renferment dans l\u2019ordre suivant de l\u2019acide sulfurique pour absorber l\u2019eau, de la potasse caustique en solution et en morceaux pour retenir l\u2019acide carbonique, puis encore de l\u2019acide sulfurique et, en dernier lieu, de la potasse caustique en morceaux pour absorber les petites quantit\u00e9s d\u2019acide sulfurique entra\u00een\u00e9es par le courant d\u2019air. A mesure que l\u2019oxyg\u00e8ne est absorb\u00e9 par l'animal et l\u2019acide carbonique retenu dans les flacons laveurs, de nouvelles quantit\u00e9s d\u2019oxyg\u00e8ne arrivent d\u2019un spirom\u00e8tre, apr\u00e8s avoir pass\u00e9 par la potasse caustique et l'acide sulfurique. Dans les tubulures \u00e0 la partie sup\u00e9rieure de la cloche sont fix\u00e9s: un thermom\u00e8tre (n), un manom\u00e8tre (o) et un tube (p), \u00e0 l\u2019aide duquel on peut toujours prendre de dessous la cloche une portion d'air pour l\u2019analyse. La pression sous la cloche \u00e9tait toujours maintenue \u00e9gale \u00e0 la pression atmosph\u00e9rique et la t\u00b0 de l\u2019air ext\u00e9rieur au m\u00eame degr\u00e9, environ 16\u00b0 C. On imprimait au courant d\u2019air une vitesse de 50\u201470 litres par heure, la teneur en l\u2019acide carbonique sous la cloche \u00e9tant de 1 pour cent environ.\nLe dispositif dont je me suis servi pour obtenir les courants alternatifs \u00e0 haute tension et \u00e0 haute fr\u00e9quence \u00e9tait le suivant: le courant constant venant de la station centrale (de l\u2019universit\u00e9) entrait dans un rh\u00e9ostat, d\u2019ou une partie du courant, d\u2019une force de 10 amp\u00e8res et d\u2019une diff\u00e9rence de potentiels aux bornes de la bobine \u00e9gale \u00e0 30 volts, entrait dans le circuit primaire d\u2019une spirale de Ruhmkorff. Un alternateur du syst\u00e8me Ducretet, actionn\u00e9 par quatre accumulateurs, donne jusqu'\u00e0 1200 alternances par minute. L'\u00e9tincelle de la bobine secondaire a 25 ctm. de long. La disposition ult\u00e9rieure des appareils est double. Dans une s\u00e9rie d\u2019exp\u00e9riences les bornes des circuits secondaires d\u2019une spirale de Ruhmkorff sont mises en communication avec les armatures internes de deux jarres de Ley de de 50 ctms de haut sur 25 ctms en diam\u00e8tre; un couple d\u2019autres conducteurs va des m\u00eames armatures internes au d\u00e9chargeur. Les armatures externes des jarres de Leyde sont mises en communication avec un sol\u00e9no\u00efde constitu\u00e9 de 7 tours d'un gros fil de cuivre entourant la cloche sous laquelle se trouve l\u2019animal (dispositif de Lodge. d\u2019Arsonval. Principes des recherches physico-chimiques, du prof. L. Morokhowetz, T. II, p. 330, en russe). Une petite lampe \u00e0 incandescence de 10 volts et 1,8 amp\u00e8res, plac\u00e9e entre les deux bouts d\u2019un anneau de cuivre de 25 ctms de diam\u00e8tre et port\u00e9e sous la cloche, est allum\u00e9e au blanc. Des tubes de Geissler se mettent \u00e0 luire. Cela prouve l\u2019existence dans l\u2019int\u00e9rieur de la cloche d\u2019un champ \u00e9lectromagn\u00e9tique alternatif dans la sph\u00e8re d\u2019action duquel se trouve le cobaye. Dans une autre s\u00e9rie d\u2019exp\u00e9riences, les bornes du circuit secondaire de la spirale de Ruhmkorff sont mises en communication l\u2019une avec l\u2019armature externe, l\u2019autre avec l\u2019armature interne d\u2019une jarre de Leyde; \u00e0 partir de l\u00e0 le courant est ferm\u00e9 par un transformateur constitu\u00e9 de 5 tours d\u2019un gros","page":238},{"file":"p0239.txt","language":"fr","ocr_fr":"PE l'action physiologique des courants etc.\n239\n(0,4 et ni.) fil de cuivre bien isol\u00e9 et \u00e0 l\u2019aide d\u2019un d\u00e9chargeur. A l\u2019int\u00e9rieur du transformateur se trouve une seconde spirale d\u2019un fil de 15 mm. de diam\u00e8tre formant 1000 circuits (dispositif d\u2019Elster et Heitel. Principes des recherches physico-chimiques du prof. L. Morokhowetz, T. II, p. 329). L\u2019une des \u00e9lectrodes de cette bobine secondaire \u00e9tait mise en communication directe avec le support m\u00e9tallique de la chambre \u00e0 air qu\u2019on avait isol\u00e9e pour cette s\u00e9rie d\u2019exp\u00e9riences par de grosses plaques de verre. Le cobaye est plac\u00e9 non sur la toile de zinc elle-m\u00eame, mais sur un rond \u00e9pate en caoutchouc dont elle est recouverte. Quant \u00e0 l\u2019autre \u00e9lectrode de la spi\u2122e secondaire, communiquant avec une large plaque en aluminium, j\u2019essayai d\u2019abord de la placer au-dessus du cobaye dans l\u2019int\u00e9rieur de la cloche, ensuite au-dehors, afin que le cobaye se trouv\u00e2t dans le champ \u00e9lectrique entre les deux \u00e9lectrodes. Mais l\u2019inconv\u00e9nient de cette disposition \u00e9tait qu\u2019une pluie d\u2019\u00e9tincelles tombait de l\u2019\u00e9lectrode sup\u00e9rieure sur l\u2019animal, ce qui l\u2019effrayait et l\u2019incommodait. Lors m\u00eame que je levais l\u2019\u00e9lectrode sup\u00e9rieure libre \u00e0 une assez grande hauteur (jusqu\u2019\u00e0 40 etms) au-dessus de la chambre, il suffisait que l\u2019animal s\u2019approch\u00e2t de l\u2019un des tubes m\u00e9talliques servant \u00e0 l'introduction et \u00e0 l\u2019\u00e9limination de l\u2019air, pour en tirer imm\u00e9diatement une \u00e9tincelle. Apr\u00e8s cela je me vis oblig\u00e9 de laisser libre le p\u00f4le sup\u00e9rieur de la spirale secondaire, mais comme il projetait, de cette mani\u00e8re, de tous les c\u00f4t\u00e9s des jets d'\u00e9tincelles, qui sortaient m\u00eame d\u2019entre les spires du fil de la bobine, je le mis en communication avec la terre, en me servant d'une goutti\u00e8re. Dans ce dispositif le tube de Geissler plac\u00e9 sous la cloche \u00e9mettait egalement de la lumi\u00e8re.\nJ\u2019avais fait en g\u00e9n\u00e9ral plus de vingt exp\u00e9riences, divis\u00e9es en trois cat\u00e9gories: L les \u00e9changes gazeux normaux: 2. les \u00e9changes gazeux chez l\u2019animal plong\u00e9 dans le sol\u00e9no\u00efde; 3. les \u00e9changes gazeux chez l\u2019animal plac\u00e9 sur l\u2019une des \u00e9lectrodes d\u2019une spirale secondaire d'un transformateur. La plupart des exp\u00e9riences duraient six heures, quelques-unes dix heures.\nLa station de b universit\u00e9 ne fonctionnant que le soir, toutes mes exp\u00e9riences ont \u00e9t\u00e9 faites la nuit, depuis 8 h-s du soir jusqu'\u00e0 2 h-s du matin\u2014celles qui duraient 6 heures,\u2014depuis 8 h-s du soir jusqu\u2019\u00e0 6 h-s du matin\u2014celles de 10 heures. Les donn\u00e9es de chaque exp\u00e9rience ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es. On notait exactement la t\u00b0 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de la cloche, la pression barom\u00e9trique, la composition de l\u2019air sous la cloche au commencement et \u00e0 la fin de l\u2019exp\u00e9rience, le poids et la t\u00b0 du cobaye etc...\nPour que les variations normales entre les exp\u00e9riences d\u2019une m\u00eame s\u00e9rie fussent moindres, je soumettais les cobayes en exp\u00e9rience au m\u00eame r\u00e9gime: tous les animaux recevaient une nourriture d\u00e9termin\u00e9e L et seulement depuis 8 h-s du soir jusqu\u2019\u00e0 8 h-s du matin, de sorte que chaque cobaye avait je\u00fbn\u00e9 12\u201414 h-s avant l\u2019exp\u00e9rience, ce qui fait que les variations normales en devenaient encore moins consid\u00e9rables. Les variations maximales de l\u2019oxyg\u00e8ne absorb\u00e9 et de l\u2019acide carbonique \u00e9mis ne d\u00e9passaient pas en g\u00e9n\u00e9ral 5 pour cent.\nJe me permets de donner ici, comme sp\u00e9cimen, un proc\u00e8s-verbal de l\u2019une de mes exp\u00e9riences, ne donnant des autres que les r\u00e9sultats d\u00e9finitifs.\n') 25 grs d\u2019avoine, GO grs de carottes, environ 5 c.c. d\u2019eau.","page":239},{"file":"p0240.txt","language":"fr","ocr_fr":"240\nde l\u2019action physiologique des courants etc.\nExp\u00e9rience du 2 f\u00e9vrier 1899.\nPoids du cobaye avant l\u2019exp\u00e9rience\u2014647 grs, apr\u00e8s l'exp\u00e9rience\u2014 640 grs.\nT\u00b0 >\t>\t>\t>\t39,1 \u00b0 C. >\t>\t39\u00b0 C.\nL\u2019exp\u00e9rience dura depuis 7 h-s 25 min. du soir jusqu\u2019\u00e0 1 h-s 25 min. de la nuit. La t\u00b0 sous la cloche \u00e9tait au commencement de 16,7\u00b0 C., \u00e0 la\nfin de 17\u00b0 C.\nANALYSE DES GAZ.\nSons Ja cloche.\tAu spirom\u00e8tre\nAu commencement:\tA la fin:\nOxyg\u00e8ne. . 20,(S\tpour\tcent.\t18,7\tpour\tcent.... 94,6\tpour\tcent.\nAzote .... 79,2\tpour\tcent.\t80,0\tpour\tcent....\t5,4\tpour\tcent.\nAc. carbon. \u00bb\t1,3\tpour\tcent....\t>\nIndications du spirom\u00e8tre:\nau d\u00e9but de l\u2019exp\u00e9rience. . 26,075 c.c. \u00e0 16,5\u00b0 C. et 756,8 de pression barom. \u00e0 la fin >\t>\t22,000 c.c. > 16,5\u00b0 G. et 753,9 >\t>\t>\nDiff\u00e9rence dans les indications du spirom\u00e8tre r\u00e9duites, ramen\u00e9es \u00e0 0\u00b0 et 760 de p. b. 24,485 \u2014 20,579 = 3,906, dont\noxyg\u00e8ne = 3694 c.c. azote =212 c.c.\nDiff\u00e9rence de poids des appareils servant \u00e0 l\u2019absorption de l'acide carbonique 6,480 grs 1 = 3294 c.c. 1 et eau = 3,420 grs.\nQuantit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale d'oxyg\u00e8ne sous la cloche \u00e0 0\u00b0 et 760 de p. b. au d\u00e9but =5099 c.c., \u00e0 la fin = 4,539, diff\u00e9rence = 560.\nQuantit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale d'acide carbonique sous la cloche \u00e0 la fin de l\u2019exp\u00e9rience a 0\u00b0 et 760 de p. b. = 388 c.c.\nR\u00e9sultats definitifs\nOxyg\u00e8ne obsorb\u00e9 par l\u2019animal en 6 heures = 4254 c.c.\nAcide\tcarbonique \u00e9mis\t>\t>\t6\t>\t= 3682 c.c.\nEau\t\u00e9mise\t>\t>\t6\t>\t= 3,420 grs.\nLes exp\u00e9riences variant tr\u00e8s peu les unes des autres, je donne les r\u00e9sultats de quelques-unes seulement.","page":240},{"file":"p0241.txt","language":"fr","ocr_fr":"DE L ACTION PHYSIOLOGIQUE DES COURANTS ETC.\n241\n1. Echanges gazeux normaux.\nQuantit\u00e9 absolue\tde 0 absorb\u00e9 par kilo-heure\tQuantit\u00e9 absolue\tde COt \u00e9mis par kilo-heure\tQuantit\u00e9 d\u2019eau \u00e9mise par kilo-heure\tcot O\n4396\t1088\t3680\t911\t0,889\t0,83\n4399\t1094\t3605\t897\t0,903\t0,80\n4254\t1016\t3682\t879\t0,816\t0,86\n4539\t1126\t3569\t885\t0,944\t0,78\n2. Echanges gazeux chez le cobaye plong\u00e9 dans le sol\u00e9no\u00efde.\n4817\t1198\t3809\t946\t0,925\t0,78\n4344\t1076\t4196\t1039\t0,876\t0,96\n4455\t1028\t3557\t821\t0,829\t0,79\n4293\t1008\t3426\t804\t0.837\t0,79\nEchanges gazeux chez le cobaye plac\u00e9 sur rune des\t\t\t\t\u00e9lectrodes de la spirale\n\t\tsecondaire du\ttransformateur.\t\n4011\t1139\t3253\t924\t0,877\t0,81\n4013\t1153\t3416\t981\t1,120\t0,85\n3988\t1027\t3236\t834\t0,768\t0,81\n4204\t977\t3331\t774\t0,814\t0,79\nIl s\u2019ensuit\tqu\u2019un\tcobaye soumis\tdurant 7\u201410 heures \u00e0 l'action de cou-\t\nrants de haute tension et de grande fr\u00e9quence, soit dans i'int\u00e9rieur d\u2019un so-l\u00e9nu\u00efde, soit en touchant une des \u00e9lectrodes de la spirale secondaire d'un transformateur, absorbe 5 pour cent moins d\u2019oxyg\u00e8ne et \u00e9met 8 pour cent moins d\u2019acide carbonique et 0,9 pour cent moins d\u2019eau que dans les conditions normales.\nMais ce sont l\u00e0 des diff\u00e9rences qui ne d\u00e9passent pas des variations normales; j'en conclue donc, en me fondant sur mes exp\u00e9riences, que les courants alternatifs \u00e0 haute tension et \u00e0 grande fr\u00e9quence n\u2019exercent pas d'influence sensible sur les \u00e9changes gazeux.","page":241}],"identifier":"lit36251","issued":"1898-99","language":"fr","pages":"235-241","startpages":"235","title":"De l'action physiologique des courants \u00e0 haute tension et \u00e0 grande fr\u00e9quence","type":"Journal Article","volume":"1"},"revision":0,"updated":"2022-01-31T15:10:29.633196+00:00"}
