The Virtual Laboratory - Resources on Experimental Life Sciences
  • Upload
Log in Sign up

Open Access

Sur les microbes thermophiles des sources thermales

beta


JSON Export

{"created":"2022-01-31T16:39:50.831315+00:00","id":"lit36259","links":{},"metadata":{"alternative":"Le Physiologiste Russe","contributors":[{"name":"Tsiklinsky, P.","role":"author"}],"detailsRefDisplay":"Le Physiologiste Russe 1: 280-285","fulltext":[{"file":"p0280.txt","language":"fr","ocr_fr":"Par M-lle TsikHnsky,\nde 1\u2019Institut bact\u00e9riologique de l\u2019Universit\u00e9 Imp\u00e9riale de Moscou.\nNous savons aujourd\u2019hui que les microbes thermopliiles sont largement r\u00e9pandus dans la nature. Leurs germes se trouvent dans le sol. dans l\u2019eau, dans l'air, dans la neige nouvelle, etc., mais surtout dans les eaux thermales qui, chaudes, riches en sels min\u00e9raux, peuvent pr\u00e9senter \u00e0 leur sortie du sein de la terre un milieu nutritif comparativement riche aux organismes inf\u00e9rieurs.\nLa haute temp\u00e9rature de certaines sources n\u2019est pas un obstacle. Flou-rens a signal\u00e9 en 1846 une algue vivant dans une source \u00e0 98Puis Brewer trouva dans un geyser \u00e0 83!l des formes Nostoc. Ehrenberg observa tout un enchev\u00eatrement d'algues vertes et rouges dans des sources thermales de l\u2019\u00eele d\u2019ischia, \u00e0 des temp\u00e9ratures de 63\u00b0\u201465\u00b0, sup\u00e9rieures \u00e0 celles de la vie de la plupart des autres \u00eatres 2).\nEhrenberg a aussi observ\u00e9, dans des eaux \u00e0 6511\u201468\u00b0, toute une s\u00e9rie d\u2019\u00eatres vivants d'une organisation relativement sup\u00e9rieure, comme par exemple des mollusques, des arthropodes et des vers, et des constatations analogues ont \u00e9t\u00e9 faites maintes fois par d\u2019autres savants: des grenouilles et des poissons pourraient m\u00eame vivre au-dessus de 55\u00b0.\nIl est pourtant prudent de ne pas accepter ces donn\u00e9es comme certaines. Des erreurs de temp\u00e9rature sont possibles. Souvent, les aigues ne vivent pas dans l'eau de la source elle-m\u00eame, mais sur ses bords, o\u00f9 la temp\u00e9rature n'est pas la m\u00eame que dans l'eau. D\u2019autre part, Hoppe-Seyler a vu dans une source \u00e0 55\u00b0, pr\u00e8s de Bahaglia, des bandes de petits poissons, circulant rapidement dans toutes les directions. On aurait pu croire qu'ils supportaient en effet une temp\u00e9rature aussi \u00e9lev\u00e9e, tandis qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 l'eau qu'ils habitaient \u00e9tait une eau \u00e0 25u seulement, recouverte \u00e0 sa surface de couches plus chaudes. Ceux d\u2019entre eux qui se risquaient du c\u00f4t\u00e9 de la surface n\u2019\u00e9chappaient \u00e0 la mort que par une prompte fuite.\nToutefois, s\u2019il peut y avoir quelque h\u00e9sitation au sujet de la pr\u00e9sence dans les sources thermales d\u2019animaux \u00e9lev\u00e9s en organisation, il n\u2019y en a pas au sujet des microbes, dont un certain nombre ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crits par MM. Cer-\n*) Extrait des Annales de l'Institut Pasteur; lu dans la s\u00e9ance de la Soci\u00e9t\u00e9 de physiologie\nle 26 mars 1899.\t...\nToutefois, il est bon de noter que ces temp\u00e9ratures \u00e9lev\u00e9es sont des temp\u00e9ratures-limites: d\u2019apr\u00e8s les observations faites, c\u2019est la temp\u00e9rature de 55\u00b0 qui se montrerait la plus favorable \u00e0 la v\u00e9g\u00e9tation des sources thermales.","page":280},{"file":"p0281.txt","language":"fr","ocr_fr":"SUR LES MICROBES THERMOPHILES LES SOURCES TBERMALES.\n281\ntes et Garrigou, Karlinsky et Teich, comme nettement thermophiles: ce sont cinq esp\u00e8ces de bacilles, dont trois furent trouv\u00e9es dans les eaux de Bosnie (51 \u00b0\u201458\u00b0) et deux dans les eaux de Ludion, au sud de la France.\nEn raison du grand int\u00e9r\u00eat qu'offre l\u2019\u00e9tude de la population des eaux thermales, j\u2019ai profit\u00e9 tr\u00e8s volontiers de l'amabilit\u00e9 de M. le professeur Ognefff), qui a mis \u00e0 ma disposition plusieurs \u00e9chantillons d'eaux thermales de 1 lie dTschia, provenant de trois sources diff\u00e9rentes: on a pris deux \u00e9chantillons de chacune. La temp\u00e9rature de ces trois sources \u00e9tait de 43\u00b0, de 51\u00b0 et de 73u.\nUne analyse pr\u00e9alable ayant montr\u00e9 que le nombre des germes de microbes thermophiles \u00e9tait faible partout, j\u2019ai ensemenc\u00e9 dans du bouillon quelques gouttes de chacun des \u00e9chantillons. Sur six tubes ensemenc\u00e9s, trois pr\u00e9sent\u00e8rent d\u00e9j\u00e0, d\u00e8s le lendemain, un trouble; le quatri\u00e8me ne se troubla qu'au bout de trois jours et les deux derniers rest\u00e8rent st\u00e9riles. De toutes ces cultures. je fis des plaques de g\u00e9lose, et j\u2019ai pu isoler ainsi six esp\u00e8ces de microbes thermophiles. qui tous se ressemblent d'apr\u00e8s certains caract\u00e8res morphologiques et biologiques. Ce sont tous des b\u00e2tonnets immobiles, se colorant par toutes les couleurs d'aniline et par la m\u00e9thode de Gram. Tous sont des a\u00e9robies, car. ensemenc\u00e9s dans la g\u00e9lose sucr\u00e9e, d\u2019apr\u00e8s la m\u00e9thode de Liborius, ils ne se d\u00e9veloppent qu'\u00e0 la surface de la g\u00e9lose. La plupart d'entre eux ont pour optimum de croissance 60\", bien que tous croissent encore \u00e0 70\u00b0. Le fait qui m\u00e9rite surtout l'attention, c\u2019est que tous ces microbes, sauf un seul, ne sont pas capables de se d\u00e9velopper \u00e0 37u et au-dessous, de sorte que nous avons le droit de les classer parmi les microbes thermophiles absolus.\nJe passe maintenant \u00e0 la description de tous ces microbes en d\u00e9tail.\nBacille n\u00b0 1.-\u2014De la source \u00e0 51\", on isola un microbe pr\u00e9sentant \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de tr\u00e8s longs filaments non ramifi\u00e9s des b\u00e2tonnets relativement courts; pas de spores: colonies tr\u00e8s \u00e9paisses au centre, s\u2019amincissant vers la p\u00e9riph\u00e9rie en forme de p\u00e9tales multiples. C\u2019est sur la g\u00e9lose simple et glyc\u00e9rin\u00e9e que ce bacille v\u00e9g\u00e8te le mieux; il en couvre toute la surface et ne s\u2019en d\u00e9tache que difficilement.\nL\u2019addition du sucre agit d\u00e9favorablement. Dans du bouillon il v\u00e9g\u00e8te plus abondamment et ne pousse point sur la pomme de terre. Il ne liqu\u00e9fie pas la g\u00e9latine. On n'a pas constat\u00e9 d\u2019amylase ni de sucrase. Je nommerai ce bacille bacillus tliermopliilus filiform\u00fcs.\nBacille n\u00b0 2.\u2014On isola du m\u00eame \u00e9chantillon d'eau un court b\u00e2tonnet immobile, poussant rapidement sur les milieux' nutritifs solides. Les spores sont plac\u00e9es presque \u00e0' h extr\u00e9mit\u00e9 des b\u00e2tonnets, \u00e0 petite distance du bout, qui alors para\u00eet pointu. Il v\u00e9g\u00e8te bien sur tous les milieux nutritifs solides et liquides, la pomme de terre seule except\u00e9e.\nC\u2019est dans la g\u00e9latine qu\u2019il pullule le plus abondamment; il ne la liqu\u00e9fie pas et, g\u00e9n\u00e9ralement, ne manifeste la pr\u00e9sence d\u2019aucune diastase. Bien que l\u2019optimum de sa croissance soit de 58\u00b0\u201460\u00b0, il pullule encore bien \u00e0 69\u00b0\u2014\n*) Je prie M. le professeur Ogneff de vouloir bien accepter ici l\u2019expression de ma sinc\u00e8re reconnaissance \u00e0 ce sujet.","page":281},{"file":"p0282.txt","language":"fr","ocr_fr":"282\nSUR LES MICROBES THERMOPHILES DES SOURCES THERMALES.\n70\u00b0; mais ses caract\u00e8res morphologiques changent \u00e0 cette derni\u00e8re temp\u00e9rature: le b\u00e2tonnet ne donne plus de spores. R\u00e9ensemenc\u00e9 \u00e0 58\u00b0\u2014 60\", il. forme de nouveau des spores. Ce bacille garde ces derniers caract\u00e8res morphologiques \u00e9galement \u00e0 37\u00b0, mais dans ce dernier cas le d\u00e9veloppement n\u2019est appr\u00e9ciable qu\u2019au bout de 15 jours, tandis que, \u00e0 sa temp\u00e9rature de pr\u00e9dilection, il appara\u00eet en abondance en moins d\u2019un jour. On n\u2019a point observ\u00e9 de d\u00e9veloppement \u00e0 la temp\u00e9rature de la chambre pendant un temps tr\u00e8s long. Il se colore bien par toutes les couleurs d'aniline; dans les spores on ne voit se colorer que la bordure.\nLes r\u00e9sultats les plus int\u00e9ressants ont \u00e9t\u00e9 obtenus par des recherches faites sur l\u2019eau de la source Castiglione, ayant une temp\u00e9rature de 73\u00b0.\nEn ensemen\u00e7ant dans du bouillon \u00e0 58\u00b0 quelques gouttes de cette eau, on n\u2019eut qu\u2019au bout de 3 jours une culture pr\u00e9sentant une grande vari\u00e9t\u00e9 de formes microbiennes rappelant les formes d involution des bact\u00e9ries, fait qui fut confirm\u00e9 plus tard par des exp\u00e9riences. En effet, une culture en bouillon, obtenue avec cette m\u00eame eau, mais \u00e0 70\u00b0, ne donna plus cette vari\u00e9t\u00e9 de formes, observ\u00e9e \u00e0 58\u00b0, mais bien des formes bacillaires ordinaires, et encore plus rapidement qu'\u00e0 58\u00b0, en moins de douze heures. On a retrouv\u00e9 le m\u00eame fait avec les bacilles 3 et 4 isol\u00e9s de cette source, qui tous deux pullulent \u00e0 70\u00b0 plus rapidement qu\u2019\u00e0 des temp\u00e9ratures plus basses, et y ont une croissance normale, tandis qu\u2019\u00e0 58\u00b0 ils donnent toujours des formes d involution. Ce sont donc des bacilles thermophiles dans le sens absolu du mot.\nBacille n\u00b0 3 et 4.\u2014Ces deux bacilles se ressemblent beaucoup: ce sont des b\u00e2tonnets immobiles, qui croissent bien sur tous les milieux nutritifs, et forment dans le bouillon une pellicule superficielle \u00e9paisse et glaireuse.\nL\u2019optimum de la croissance est pr\u00e8s de 68 b Seulement 1 un d eux cro\u00eet bien encore \u00e0 71\", coagule et dig\u00e8re le lait \u00e0 55\"\t58b et, \u00e0 58\u00b0, donne plus\nvite des formes d\u2019involution que l\u2019autre. L\u2019autre ne s\u00e9cr\u00e8te aucune diastase, et \u00e0 70\u00b0 ne donne plus que des traces de croissance. De plus, les colonies du premier b\u00e2tonnet sont assez massives et \u00e9paisses au centre, et on ne peut en discerner la structure \u00e0 l\u2019aide d\u2019un faible grossissement, tandis que celles du second sont transparentes, uuiform\u00e9ment minces et ondul\u00e9es.\nBacille \u00ab\u00b0 5.\u2014Je ferai encore mention d\u2019un microbe termophile, isol\u00e9 de la source \u00e0 51\u00b0. Ce microbe est un court b\u00e2tonnet, qui ne forme pas de spores. L\u2019optimum de sa croissance est de 58\u00b0, mais il croit aussi bien \u00e0 37\"; au-del\u00e0 de 69\u00b0 il ne se d\u00e9veloppe point. Il pousse sur tous les milieux nutritifs, sauf sur pomme de terre. 11 poss\u00e8de une diastase prot\u00e9olytique.\nDe cette m\u00eame source j\u2019ai isol\u00e9 un microbe tr\u00e8s ressemblant par tous ses caract\u00e8res (pellicule sur bouillon, enduit sur pomme de teire, etc.) au bacillus subt\u00fcis ordinaire. N\u00e9anmoins ce microbe cro\u00eet tr\u00e8s bien \u00e0 57u, et par ce fait peut \u00eatre class\u00e9 au nombre des microbes thermophiles facultatifs. En le comparant avec une culture de bacillus subtilis du laboratoire, je pus me convaincre de la compl\u00e8te identit\u00e9 de leurs caract\u00e8res morphologiques et biologiques, et constater aussi, \u00e0 mon grand \u00e9tonnement, que notre bacillus subtilis se mourait capable de pousser aussi \u00e0 57\u00b0, moins abondamment, il est vrai, qu a 3/\u00b0.\nAinsi, je trouvais un bacille thermophile non dans une source thermale,","page":282},{"file":"p0283.txt","language":"fr","ocr_fr":"SUR LES MICROBES DES SOURCES THERMALES.\n283\nmais clans une culture rajeunie au laboratoire pendant bien des ann\u00e9es. Ce fait avait pour moi un int\u00e9r\u00eat capital, parce que, dans un premier travail, j\u2019avais essay\u00e9 d\u2019\u00e9lucider autant que possible la question des rapports entre les microbes tliermopbiles et les autres microbes.\nLes microbes thermophiles forment-ils des groupes autonomes, sans aucun rapport avec les microbes ordinaires? Ou bien ceux-ci peuvent-ils, sous l\u2019influence du milieu, acqu\u00e9rir provisoirement ou pour toujours, des propri\u00e9t\u00e9s de microbes tliermopbiles?\nTous les exp\u00e9rimentateurs, M. Colin le premier, ont toujours admis que le bacillus subtilis ne cro\u00eet pas au-dessus de 50 \u00b0, et qu\u2019\u00e0 cette derni\u00e8re temp\u00e9rature, sa croissance est \u00e0 peine observable. Un grand nombre de savants ont eu affaire avec le m\u00eame bacillus subtil is. L\u2019existence d\u2019une autre vari\u00e9t\u00e9 du m\u00eame bacille, vari\u00e9t\u00e9 qui peut pousser \u00e0 57u\u201458\u00b0, m\u2019a fait me demander si, en changeant les conditions d\u2019existence du bacillus subtilis ordinaire, on ne r\u00e9ussirait pas \u00e0 en faire une vari\u00e9t\u00e9 thermophile.\nEn effet, par des ensemencements successifs, j\u2019ai r\u00e9ussi \u00e0 renforcer consid\u00e9rablement les propri\u00e9t\u00e9s tliermopbiles du B. subtilis de notre laboratoire. Au d\u00e9but, comme il a \u00e9t\u00e9 dit plus baut, ce bacille se d\u00e9veloppait \u00e0 57\u00b0, mais faiblement: l\u2019enduit qu\u2019il formait \u00e0 la surface de la g\u00e9lose \u00e9tait tr\u00e8s mince, et, au microscope, on voyait beaucoup d'individus morts. Quelques r\u00e9ensemencements successifs amen\u00e8rent un changement notable; \u00e0 la 10-me g\u00e9n\u00e9ration on obtint d\u00e9j\u00e0 une croissance plus abondante sur la g\u00e9lose, et le nombre des individus morts fut de beaucoup moindre que celui de. la culture de d\u00e9part.\nCette adaptation \u00e0 une temp\u00e9rature graduellement \u00e9lev\u00e9e est cependant p\u00e9nible, et doit \u00eatre \u00e9troitement surveill\u00e9e. Ainsi, ce microbe, qui, \u00e0 sa trenti\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration, croissait abondamment \u00e0 58\u00b0, cessait compl\u00e8tement de se d\u00e9velopper \u00e0 5 8\u00b0, 5.\nMalgr\u00e9 cela j\u2019esp\u00e8re pouvoir, en \u00e9levant lentement et graduellement la temp\u00e9rature des cultures, atteindre une temp\u00e9rature beaucoup plus \u00e9lev\u00e9e que la pr\u00e9c\u00e9dente.\nCe qui me confirme dans cet espoir, ce sont les r\u00e9sultats que Dallinger a obtenus dans la m\u00eame direction, m\u00eame avec certains infusoires flagell\u00e9s. La temp\u00e9rature normale de la vie de ces animalcules est de 15\u00b0,5. En \u00e9levant graduellement et lentement la temp\u00e9rature du milieu de culture, Dallinger arriva \u00e0 la porter \u00e0 23\". Mais, \u00e0 ce niveau, la sensibilit\u00e9 des infusoires devint extr\u00eame: une diff\u00e9rence d\u2019un quart de degr\u00e9 dans la temp\u00e9rature produisait sur eux un effet nuisible, et il fallut des mois pour d\u00e9terminer l\u2019accoutumance aux hautes temp\u00e9ratures, qu\u2019on poussa cependant jusqu\u2019\u00e0 70\u00b0.\nTr\u00e8s int\u00e9ressants aussi sont les r\u00e9sultats que M. Davenport tira de ses exp\u00e9riences sur les t\u00eatards des crapauds. Il ne r\u00e9ussit, il est vrai, qu\u2019\u00e0 \u00e9lever de 3\", 5, la temp\u00e9rature maxima du d\u00e9veloppement de ces animaux, mais il s\u2019agissait ici d\u2019animaux polycellulalres, repr\u00e9sentants d\u2019\u00eatres d\u2019une organisation \u00e9lev\u00e9e. La temp\u00e9rature de 40\u00b0, 5 \u00e9tait en moyenne celle \u00e0 laquelle les t\u00eatards \u00e9lev\u00e9s dans des conditions normales, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 environ 15\u00b0, tombaient \u00e0 l\u2019\u00e9tat de rigidit\u00e9. Dans le cas o\u00f9 les t\u00eatards \u00e9taient pr\u00e9alablement \u00e9lev\u00e9s pendant 4 semaines \u00e0 une temp\u00e9rature de 25\u00b0, la temp\u00e9rature de rigidit\u00e9 s\u2019\u00e9le-\n18","page":283},{"file":"p0284.txt","language":"fr","ocr_fr":"284\nSUE LES MICROBES LES SOURCES THERMALES.\nva it \u00e9galement, mais en proportion bien moindre, \u00e0 savoir: de 3\u00b0, 5 seulement. L influence de cette culture \u00e0 25\u00b0 se conservait pendant un temps comparativement long, et persistait apr\u00e8s m\u00eame qu'on les e\u00fbt ramen\u00e9s \u00e0 des temp\u00e9ratures plus basses.\nDe plus, Davenport signale que la cause d\u2019une semblable adaptation ne peut \u00eatre attribu\u00e9e \u00e0 une s\u00e9lection artificielle, puisque tous les t\u00eatards cultiv\u00e9s \u00e0 temp\u00e9rature \u00e9lev\u00e9e sont rest\u00e9s vivants. Par cons\u00e9quent, c\u2019est aux changements particuliers survenus dans leur protoplasma qu'il ram\u00e8ne leur tr\u00e8s grande stabilit\u00e9 par rapport \u00e0 la temp\u00e9rature.\nDavenport admet m\u00eame que c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 la diminution de la quantit\u00e9 d\u2019eau du protoplasma que la vie devient possible \u00e0 une temp\u00e9rature tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e. A l\u2019appui de cette opinion viennent certaines observations de M. Dallin-ger sur la structure du protoplasma des infusoires, dans le cas o\u00f9 on les cultive \u00e0 des temp\u00e9ratures relativement hautes. Les vacuoles deviennent plus nombreuses, puis disparaissent graduellement, et l'eau qu\u2019elles renfermaient s'\u00e9limine de l\u2019organisme. Ce n'est qu'\u00e0 la fin de ce processus que les infusoires pourront \u00eatre soumis \u00e0 l\u2019action d une temp\u00e9rature sup\u00e9rieure. D'un autre c\u00f4t\u00e9, on sait que l\u2019albumine se coagule \u00e0 une temp\u00e9rature d\u2019autant plus \u00e9lev\u00e9e qu\u2019elle contient moins d\u2019eau. Il en est de m\u00eame pour les diastases. Davenport en revient donc \u00e0 l'id\u00e9e, plusieurs fois \u00e9mise, d\u2019attribuer la r\u00e9sistance de certaines esp\u00e8ces \u00e0 la chaleur \u00e0 la m\u00eame cause que celle \u00e0 laquelle on attribue la r\u00e9sistance des graines et des spores. On peut objecter que la graine et la spore sont \u00e0 l\u2019\u00e9tat de repos, tandis que les microbes thermopln\u2019les ont, \u00e0 des temp\u00e9ratures relativement \u00e9lev\u00e9es, une activit\u00e9 v\u00e9g\u00e9tative sup\u00e9rieure \u00e0 celle que manifestent les microbes ordinaires aux temp\u00e9ratures coutumi\u00e8res. Il y a tant de causes diff\u00e9rentes qui peuvent expliquer, en dehors de la diminution de la proportion d\u2019eau, la r\u00e9sistance du protoplasma \u00e0 la coagulation par la chaleur, qu\u2019il faut ne se fier \u00e0 aucune hypoth\u00e8se, tant qu\u2019elle n\u2019est pas appuy\u00e9e sur cl\u00e9s faits. Celle que je discute n\u2019a encore aucune base, et je n'ai qu'\u00e0 la signaler comme une explication plausible, mais non encore d\u00e9montr\u00e9e.\nBIBLIOGRAPHIE.\nH oppe-Sey 1er. Arch. f. die gesammte Physiologie, 1875.\nBrewer. Americ Journ. of science and arts. Y, 41, p. 373, 1866. Flourens. Comptes rendus T. XXIII, p. 934.\nSonnerat. Observation d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne singulier sur des poissons qui vivent dans une eau qui a 69\" de chaleur. Journal de Physique, III, p. 256, 1774.\nDa 11 in g er. Journal of the Royal Micr. Soc. III, p. 1\u2014-15, 1880.\nIbid. The Presidents address. XI, p. 97\u2014103, 1887.\nEhrenberg. Monatsber. K. P. Acad. JIYss. Berlin, 1858, p. 488\u2014495.","page":284},{"file":"p0285.txt","language":"fr","ocr_fr":"\u00df I B L I 0 G E A P H I E.\n285\nDe B lain ville 1824. Art. Mollusques dans le Did, des sciences naturelles. T. XXXII, p. 141.\nPlateau. Recherches pliys. sur les articules aquatiques, 2-e partie. Bull. Acad roi/. Sei. Belg. XXXIV, p. 274\u2014321.\nSpallanzani. Opuscules de physique animale et v\u00e9g\u00e9tale. Trad. p. 7. Se-nebier. 5 vs. 1777.\nDe Saussure. Voyages dans les Alpes. T. I\u2014III, 1796.\nSachs. Flora. XXV\u00cfI, p. 5\u201412. 1864.\nD a v e n p o r t and C asti e. Arch. Entivickelungs-mechanik der Organismen. II. 2. S. 227. 1895.\nCertes et Garrigo'u. Comptes rendus. T. CIII, p. 703.\nJeiclr Hygienische Bundschau. 1896, 16.\nIvarlinsky. Ibid. 1895, 15.\nB i 1\u00bb ! ! o g r a p li i e:\nI. Analyses.\nGuiewitsch, Wl. Prof. (Charkow), lieber das Arginin. (Zeitschrift f\u00fcr physiologische Chemie, Bd. 27, Ss. 178\u2014215).\nDas von Schulze und Steiger l *) im Jahre 1886 entdeckte Arginin C,Ht,X.Owurde von Hedin 3) als Spaltungsprodukt von Hornsubstanz und \u00fcberhaupt von Eiweissk\u00f6rper erhalten. A. Kassel 3) hat gefunden, dass das Arginin sich bei der Spaltung der Protamine sowohl durch S\u00e4uren wie durch Trypsin bildet, und durch die Untersuchungen von Kutscher 4 * 6) ist festgestellt, dass es auch bei k\u00fcnstlicher Trypsinverdauung der Eiweissk\u00f6rper entsteht. Schulze und Likiernik 5) haben das Arginin in eine nahe Beziehung zu den Processen der Harnstoffbildung im Organismus gebracht; von Schulze und TVinterstein 0 wurde die Bildung von Ornithin bei der Spaltung des Arginins bewiesen: Ellinger 7) hat gezeigt, dass das Arginin als Muttersubstanz des Putrescins betrachtet werden muss.\nIn Anbetracht dieser immer zunehmenden Bedeutung des Arginins f\u00fcr die Biologie hat der Verfasser den Vorschlag von A. Kassel angenommen, die Verbindungen von Arginin genauer kennen zu lernen, besonders diejenigen, welche f\u00fcr die Isolirung und die Identificierung dieser Base dienen k\u00f6nnen.\n() E. Schulze und E. Steiger. Ber. d. deutsch, cliem. Ges., Bd. 19, S. 1177; Ztschr. f\u00fcr phys. Chem.. Bd. II, S. 43.\nS. G. Hedin. Ztschr. f. phys. Ch., Bd. 20. S. 186: Bd. 21, S. 155.\n3) .1. Kossel. Ibid.. Bd. 22, S. 176. A. Kassel und A. Mathews. Ibid. Bd. 22, S. 190.\n4 Fr. Kutscher. Ibid., Bd. 26, S. 195.\n\u2018j E. Schulze und A. Likiernik. Ber. d. deutsch, ehern. Ges., Bd. 24, S. 2701.\n6)\tE. Schulze und E. It \"inter stein. Ibid., Bd. 30. S. 2879; Ztschr. f. phys. Ch., Bd. 26, S. 1.\n7)\tEllinger. Ber. d. deutsch, ehern. Ges., Bd. 31. S. 3183.\n18*","page":285}],"identifier":"lit36259","issued":"1898-99","language":"fr","pages":"280-285","startpages":"280","title":"Sur les microbes thermophiles des sources thermales","type":"Journal Article","volume":"1"},"revision":0,"updated":"2022-01-31T16:39:50.831323+00:00"}

VL Library

Journal Article
Permalink (old)
http://vlp.uni-regensburg.de/library/journals.html?id=lit36259
Licence (for files):
Creative Commons Attribution-NonCommercial
cc-by-nc

Export

  • BibTeX
  • Dublin Core
  • JSON

Language:

© Universitätsbibliothek Regensburg | Imprint | Privacy policy | Contact | Icons by Font Awesome and Icons8 | Powered by Invenio & Zenodo