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{"created":"2022-01-31T15:39:21.587410+00:00","id":"lit36285","links":{},"metadata":{"alternative":"Le Physiologiste Russe","contributors":[{"name":"Danilewsky, M. B.","role":"author"}],"detailsRefDisplay":"Le Physiologiste Russe 2: 1-15","fulltext":[{"file":"p0001.txt","language":"fr","ocr_fr":"LE\nPHYSIOLOGISTE RUSSE\nR\u00c9DIG\u00c9 PAR\nM. L\u00e9on Morokhowetz,\nProfesseur de physiologie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Imp\u00e9riale.\nMOSCOU.\nVol. II.\t1 m a i 1900.\tN\u00b0N\u00b0 21\u201425\nBr\u00e8ves .communications physiologiques.\nPar M. B. Danilewsky,\nprofesseur de physiologie d l\u2019Universit\u00e9 Imp\u00e9riale de Kharkofl.\nTous ceux qui ont travaill\u00e9 pendant de longues ann\u00e9es dans un laboratoire savent que, pour telle ou telle raison, Ton ne r\u00e9ussit pas toujours \u00e0 \u00e9claircir dans tous ses points la question qu\u2019on s\u2019est pos\u00e9e, ni d\u2019achever le travail commenc\u00e9 comme on le d\u00e9sirerait.\nMais, en m\u00eame temps, l'on voit s\u2019accumuler des observations isol\u00e9es, des faits d\u00e9tach\u00e9s qui, autant par eux-m\u00eames que par les recherches ult\u00e9rieures qu\u2019ils peuvent susciter, offrent un int\u00e9r\u00eat incontestable. Guid\u00e9 par ces consid\u00e9rations, je me permets de soumettre au public les br\u00e8ves communications qui vont suivre.\nI.\nDes mouvements respiratoires pendant le t\u00e9tanos g\u00e9n\u00e9ral.\nEn \u00e9tudiant, il y a plus de 20 ans, l'influence du cerveau sur les mouvements respiratoires des chiens, j\u2019acquis la conviction qu\u2019en excitant au moyen de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 le pons Varoli, on provoquait des acc\u00e8s semblables \u00e0 des acc\u00e8s d\u2019\u00e9pilepsie 1). Presque tous les muscles volontaires sont fortement convul-\n*) Comp. Bekhtereff. \u201eCourrier neurologique\u201c. 1896, IV, p. 97 (en russe).\n1","page":1},{"file":"p0002.txt","language":"fr","ocr_fr":"O\nBREVES COMMUNICATIONS PHYSIOLOGIQUES.\nsionn\u00e9s, et l'on observe en m\u00eame temps, pendant la dur\u00e9e de l\u2019excitation, des affaiblissements p\u00e9riodiques et courts de l\u2019\u00e9tat t\u00e9tanique, ce ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9pendant de l\u2019intensit\u00e9 de l\u2019excitation et de l\u2019endroit o\u00f9 on l\u2019applique.\nDans trois exp\u00e9riences, j'eus l\u2019occasion d'observer en m\u00eame temps le ph\u00e9nom\u00e8ne paradoxal de mouvements respiratoires r\u00e9guliers rythmiques pendant la dur\u00e9e du t\u00e9tanos.\nLes animaux \u00e9taient narcotis\u00e9s par de petites doses de morphine ou d'hydrate de chloral, apr\u00e8s qu\u2019un tube en forme de T, muni d'une branche lat\u00e9rale mise en communication avec un appareil enregistreur, avait \u00e9t\u00e9 introduit dans la trach\u00e9e.\nCette m\u00e9thode d\u2019enregistrer la respiration, insuffisante pour des observations de pr\u00e9cision, suffit pour l\u2019observation du ph\u00e9nom\u00e8ne mentionn\u00e9 plus haut, \u00e9tant aid\u00e9e par l'observation \u00e0 l'\u0153il nu.\nL'excitation du pons Varoli au moyen du courant alternatif d'un appareil \u00e0 tra\u00eeneau de Du Bois-Reymond, faible d\u2019abord, provoquait des acc\u00e8s convulsifs partiels. En augmentant l'intensit\u00e9 du courant, je pus provoquer l\u2019opisthotonus. La courbe respiratoire repr\u00e9sentait un \u00e9tat spasmodique des muscles de la respiration, le plus souvent dans la phase de V expir\u00e2t Ion, mais environ 15 minutes apr\u00e8s, je fus surpris de voir para\u00eetre des mouvements respiratoires r\u00e9guliers, quoique l'\u00e9tat t\u00e9tanique persist\u00e2t. Ces mouvements \u00e9taient d\u2019abord superficiels et brefs, mais apr\u00e8s quelques secondes ils ne se distinguaient presque plus des mouvements respiratoires ordinaires \u00e0 l'\u00e9tat normal, ni en fr\u00e9quence, ni en rythme, ni en profondeur, \u00e9tant plut\u00f4t un peu ralentis (40\u201445 \u00e0 la minute; ils \u00e9taient plus fr\u00e9quents avant l'excitation). Lorsque, apr\u00e8s 50\u201400 secondes, j\u2019interrompis l\u2019excitation \u2019), un malaise g\u00e9n\u00e9ral se rit imm\u00e9diatement sentir, en m\u00eame temps que les courbes respiratoires perdaient leur forme r\u00e9guli\u00e8re et p\u00e9riodique et repr\u00e9sentaient des mouvements irr\u00e9guliers et en partie spasmodi ques. En renouvelant l\u2019excitation de la base du cerveau, je r\u00e9ussissais \u00e0 provoquer une r\u00e9p\u00e9tition de ce ph\u00e9nom\u00e8ne paradoxal.\n11 est facile de comprendre que la forme des courbes respiratoires d\u00e9pendait de l\u2019\u00e9tat non seulement des muscles de la respiration, mais encore de ceux du larynx, selon les indications des courbes enregistr\u00e9es. Peut-\u00eatre cela explique-t-il en partie le ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9minemment paradoxal consistant en ce que les courbes respiratoires obtenues pendant le t\u00e9tanos paraissaient beaucoup plus r\u00e9guli\u00e8res qu\u2019apr\u00e8s et m\u00eame qu\u2019avant l\u2019excitation.\nLe ph\u00e9nom\u00e8ne que nous venons de d\u00e9crire nous montre donc que 1 \u00e9tat initial spasmodique des muscles de la respiration se transforma ensuite en travail p\u00e9riodique r\u00e9gulier, quoique l'excitation \u00e9lectrique n\u2019e\u00fbt pas cess\u00e9. Cette derni\u00e8re n'\u00e9tant pas faible, les chiens plut\u00f4t petits, et la distance entre les bouts nus des \u00e9lectrodes aciculaires isol\u00e9es, piqu\u00e9es \u00e0 travers la masse des h\u00e9misph\u00e8res, \u00e9tant de 5\u20148 mm., il est tr\u00e8s probable que les anses du courant excitant, dans les observations d\u00e9crites, aient pu passer jusque dans la partie sup\u00e9rieure de la moelle allong\u00e9e. En tout cas. il est hors de doute que ses centres respiratoires recevaient de fortes impulsions excitantes, partant du\nf) Les \u00e9lectrodes aciculaires avaient \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9es dans le cerveau.","page":2},{"file":"p0003.txt","language":"fr","ocr_fr":"BK\u00c8V\u00c7S COMMUNICATIONS PHYSIOLOGIQUES.\nB\npons Yaroli. En m\u00eame temps, sous l'influence des fortes contractions musculaires, s\u2019augmentait consid\u00e9rablement la veinosit\u00e9 du sang, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il se produisait simultan\u00e9ment une diminution de la quantit\u00e9 d\u2019oxyg\u00e8ne et une augmentation d\u2019acide carbonique, en m\u00eame temps qu\u2019une accumulation d'autres produits de la m\u00e9tamorphose chimique des muscles. Si l'on ajoute \u00e0 cela des excitations sensitives p\u00e9riph\u00e9riques, produites par le t\u00e9tanos lui-m\u00eame (dans les muscles, la peau, les articulatations, les ligaments et les tendons), on comprend qu\u2019apr\u00e8s un certain laps de temps, la somme de toutes ces excitations physiologiques, notamment l'action du sang, doive pr\u00e9valoir, par rapport aux centres respiratoires, sur l'influence de h excitation artificielle d'en haut et inciter ceux-ci \u00e0 r\u00e9tablir leur fonctionnement p\u00e9riodique r\u00e9gulier.\nLes observations dont nous venons de parler pourraient donc servir en quelque sorte de corollaire \u00e0 la th\u00e8se qui admet que, dans un certain sens, les excitations physiologiques sont plus puissantes que les excitations artificielles.\nNous trouvons une certaine analogie, quoique assez \u00e9loign\u00e9e, dans un fait que Mosso observa \u00e0 l\u2019aide de l'ergographe, savoir: qu\u2019un nerf moteur qui ne r\u00e9agissait plus contre une forte excitation \u00e9lectrique, provoquait encore des contractions spontan\u00e9es du muscle.\nLe ph\u00e9nom\u00e8ne que j'ai d\u00e9crit comporte naturellement encore d'autres explications; peut-\u00eatre s'expliquerait-il, par exemple, par un spasme initial des art\u00e8res de la moelle allong\u00e9e et, de l\u00e0, le spasme aspiratoire initial: mais dans le cas actuel, le fait par lui-m\u00eame pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat plus grand peut-\u00eatre que les explications auxquelles il peut donner lieu.\nIL\nLe sang pendant l\u2019asphyxie et les terminaisons intracardiales du nerf vague.\nC'est encore en 1879 que dans ma \u00ab Communication sur la sommation des excitations \u00e9lectriques des nerfs vagues>, pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l'Acad\u00e9mie Imp\u00e9riale des Sciences de St.-P\u00e9tersbourg, je mentionnais le fait que Vexcitabilit\u00e9 du nerf vague sectionn\u00e9 p\u00e9riph\u00e9rique augmente pendant l\u2019asphyxie. Une excitation \u00e9lectrique qui, pendant les mouvements respiratoires, provoquait un ralentissement des battements du c\u0153ur \u00e0 peine sensible, produisait un ralentissement tr\u00e8s consid\u00e9rable pendant l'asphyxie. Si la respiration recommence, l'excitabilit\u00e9 normale se r\u00e9tablit. Les chiffres suivants, qui expriment la longueur de la pulsation en millim\u00e8tres (chien, art. femoralis, manom\u00e8tre \u00e0 ressort de Fick, les n. vagues sectionn\u00e9s), peuvent servir d'exemple.\nNormale.\t\t\tExcitation du\t\tn. vague.\t\t\tApr\u00e8s.\n[pendant la respiration:\t6,6\t6,8\t7,3\t9,4\t11,7\t\t9\t8\t7\n1. j pendant l\u2019asphyxie:\t6,7\tr* i\t7,7\t12,8\t15,7\t16,8\t14\t10\n[r\u00e9tablissement d. la respir:\t6.7\t7\t8,2\t10\t9.7\t\t8,6\t7,4\t\n0 | pendant la respiration:\t4,4\t6,7\t7,1\t7.3\t\t\t6,\t2\t5,3 4,1\nI pendant l'asphyxie:\t5.1\t6,8\t9,8\t15,9\t19,1\t21,1\t18\t14\t7\ng | commencement de l\u2019asphyx.:\t: 4,4\t6\t6,6\trr (\t6.6\tet\t6\t5\n1 asphyxie profonde:\t5\t9,8\t14\t17,9\t43,9\t(la mort\t\tapr\u00e8s 1\u20142\nminutes). 1*","page":3},{"file":"p0004.txt","language":"fr","ocr_fr":"4\nBKEVES COMMUNICATIONS PHYSIOLOGIQUES.\nDans quelques cas plus rares, le ralentissement du pouls, occasionn\u00e9 par l'excitation du n. vague p\u00e9riph\u00e9rique \u00e9tait \u00e0 peine plus grand pendant l\u2019asphyxie que pendant la respiration, autrement dit, on n'observait pas d\u2019augmentation prononc\u00e9e (asphyctique) de l\u2019excitabilit\u00e9 du n. vague. Mais en m\u00eame temps, dans ces m\u00eames conditions, la hauteur du pouls \u00e9tait augment\u00e9e d\u2019une mani\u00e8re notable. La meilleure explication que l\u2019on puisse donner \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne est d'admettre qu'il s\u2019agit ici d'une modification non de l'excitabilit\u00e9 du tronc m\u00eame (des fibres) du nerf, mais de l\u2019excitabilit\u00e9 de ses terminaisons ganglionnaires dans le c\u0153ur. Le renforcement de l\u2019excitabilit\u00e9 dont il est question est beaucoup moindre que l'action du m\u00eame sang asphyctique sur le centre du n. vague dans la moelle allong\u00e9e. On sait que si l\u2019on sectionne pr\u00e9alablement les deux nerfs vagues, on n\u2019observe presque pas de ralentissement asphyctique du pouls.\nSi, au lieu de produire l'asphyxie, j'introduisais dans le sang du pyrogallol, (le pyrogallol diminue consid\u00e9rablement la quantit\u00e9 d'oxyg\u00e8ne dans le sang) j\u2019observais dans certaines conditions un ph\u00e9nom\u00e8ne \u2018) tout-\u00e0-fait analogue. Si. au lieu du pyrogallol, on introduit dans le sang les produits d\u2019oxydation de cette substance, qu'on obtient en faisant traverser \u00e0 l'oxyg\u00e8ne un milieu alcalin, l'excitabilit\u00e9 des nerfs vagues ne change presque pas. Il est donc permis de conclure de ce fait que c'est justement le d\u00e9faut d\u2019oxyg\u00e8ne dans le sang qui est l\u2019une des conditions qui rehaussent Vexcitabdt\u00e9 du bout intracardial du nerf raque.\nEn 1882, Ch. Richet, dans sa \u00abPhysiologie des muscles et des nerfs (p. 1)23)\u00bb mentionnait \u00e9galement le fait que l'excitabilit\u00e9 du n. vague est rehauss\u00e9e pendant l\u2019asphyxie. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est en parfaite concordance avec les r\u00e9sultats obtenus par Dastre. Morat. Bokai et d\u2019autres, par rapport \u00e0 l'influence irritante du sang asphyctique sur le syst\u00e8me sympathique, sur les vaisseaux, l'intestin etc.\nDans mes exp\u00e9riences ult\u00e9rieures, j'eus plus d'une fois l'occasion de me convaincre que mes conclusions avaient \u00e9t\u00e9 justes. Il faut seulement veiller \u00e0 ce que l\u2019excitabilit\u00e9 normale du n. vague ne soit pas sensiblement affaiblie, par exemple par l\u2019introduction de curare etc, et que la p\u00e9riode de la paralysie par asphyxie n\u2019ait pas commenc\u00e9. Si les conditions sont favorables, il suffit d\u2019un arr\u00eat de 1\u20142 minutes dans la respiration et m\u00eame moins, pour provoquer, par une faible excitation du n. vague, l\u2019arr\u00eat des battements du c\u0153ur et un abaissement prononc\u00e9 de la pression art\u00e9rielle du sang. Le succ\u00e8s de l\u2019expo-rience d\u00e9pend, naturellement, sous plusieurs rapports, de l\u2019individualit\u00e9 de l\u2019animal et de son \u00e9tat ant\u00e9rieur.\nDans quelques exp\u00e9riences qu\u2019avait pr\u00e9c\u00e9d\u00e9es une perte plus ou moins grande de sang par une saign\u00e9e art\u00e9rielle, l'influence de l\u2019asphyxie, telle que nous l\u2019avons d\u00e9crite, ne se manifestait que faiblement.\nEn vue des r\u00e9sultats cit\u00e9s plus haut, on est amen\u00e9 \u00e0 supposer que l'introduction du peroxyde d\u2019hydrog\u00eane pourrait exercer une action contraire \u00e0 celle de l\u2019aphyxie et \u00e0 celle du pyrogallol. Des observations que je fis dans ce sens,\n\u2018) Voir mon rapport sur le pyrogallol dans \u201eLa M\u00e9decine russe\u201c, 1885. V-Y 13 et 14 ou le travail de XI. Alb. Braunstein (de mon laboratoire) dans les Archives internat, de Pharmacodynamie et de Th\u00e9rapie. 1899. VI. p. 195.","page":4},{"file":"p0005.txt","language":"fr","ocr_fr":"BREVES COMMUNICATIONS PHYSIOLOGIQUES\nen partie en collaboration avec M. P. Mikhine, prouv\u00e8rent que 1 introduction (faite avec beaucoup de pr\u00e9caution), dans le sang dline solution neutre de H, O, provoque un abaissement sensible de V'excitabilit\u00e9 des terminaisons intracardiales du n. vague. Ce r\u00e9sultat peut \u00eatre compar\u00e9 \u00e0 l'action d\u00e9primante connue de l\u2019apno\u00eb sur l'excitabilit\u00e9 nerveuse. Une telle influence r\u00e9gulatrice de 1 oxyg\u00e8ne du sang sur l'excitabilit\u00e9 des centres nerveux est d\u2019une haute valeur en th\u00e9rapeutique.\nSi l'on introduit dans le sang d\u2019abord du pyrogallol et qu'on obtienne un abaissement notable de la pression art\u00e9rielle (par exemple de 150 mm. Eg jusqu\u2019\u00e0 93). par l\u2019excitation du n. vague p\u00e9riph\u00e9rique relativement faible, on peut affaiblir cette grande excitabilit\u00e9 du nerf en introduisant ensuite, dans le sang, du peroxyde d'hydrog\u00e8ne (10\u201420 c. rm.i: 1 excitation \u00e9lectrique restant la m\u00eame, la pression tombe de 150 mm. jusqu \u00e0 130\u2014125 mm., et encore moins. Les chiffres obtenus par l'enregistrement de la fr\u00e9quence des palpitations du c\u0153ur montrent, naturellement, la m\u00eame chose.\nMais ce qui est d'un int\u00e9r\u00eat plus grand encore, ce sont les exp\u00e9riences sur l'interf\u00e9rence des influences de / 'asphyxie et du peroxyde d\u2019hydrogene. Lne s\u00e9rie d\u2019observations sur des chiens m 'a donn\u00e9 la conviction que, dans certaines doses cette substance exer\u00e7ait, en effet, une action toxique par son influence directe sur le sang et. dans la suite, aussi sur le syst\u00e8me nerveux (Colasanti avec Capro-nica et Brugnola et d autres). C es exp\u00e9riences me montr\u00e8rent encore que l\u2019introduction du peroxyde d'hvdrog\u00e8ne dans le sang ou dans la cavit\u00e9 abdominale prolongeait sensiblement l'espace de temps entre la suspension de la respiration et l'apparition des sympt\u00f4mes de dyspn\u00e9e ou d'asphyxie, tels que l'irr\u00e9gularit\u00e9 des palpitations, la dilatation de la pupille, l'augmentation de la pression du sang, des convulsions etc. Autrement dit. la provision d oxyg\u00e8ne dans le HO, introduit comble durant quelque temps le d\u00e9ficit d\u2019oxyg\u00e8ne qui se produit par suite du manque de ventilation pulmonnaire. En m\u00eame temps, on ne peut non plus nier la possibilit\u00e9 d'une action imm\u00e9diate du H:0, encore non-d\u00e9compos\u00e9 sur les appareils nerveux. Faute de recherches syst\u00e9matiques dans cette direction, il ne m'est pas possible d'indiquer le maximum de la dur\u00e9e de cette compensation. ou. en d'autres termes, de dire pendant combien de temps les sympt\u00f4me'- de dvspn\u00e9e et d\u2019asphyxie peuvent \u00eatre retard\u00e9s par 1 introduction dans le corps, d une mani\u00e8re ou d'une autre, de peroxyde d hydrog\u00e8ne.\nSi l'on d\u00e9termine chez un chieu le degr\u00e9 du renforcement de 1 excitabilit\u00e9 du n. vague pour une dur\u00e9e donn\u00e9e de 1 \u00e9tat d asphyxie et qu on r\u00e9p\u00e8te l\u2019essai ceteris paribus, mais apr\u00e8s avoir pr\u00e9alablement introduit dans l\u2019organisme du peroxvde d hvdrog\u00e8ne, il est facile de voir que. dans le second cas. la m\u00eame excitation \u00e9lectrique du n. vague produit un effet beaucoup plus faible que lors du premier essai d\u2019asphyxie. Le ralentissement des palpitations aussi bien que l'abaissement de la pression art\u00e9rielle se manifestent beaucoup plus iaiblement dans 1 asphvxie secondaire, si. comme nous 1 avons dit. on introduit pr\u00e9alablement du peroxyde d'hydrog\u00e8ne. On voit donc que cette substance neutralise, \u00e0 un certain degr\u00e9, l'action excitante du sang asphyctique.\nLorsqu'on m\u00e9lange H, O., au sang, on se heurte aune difficult\u00e9, savoir la d\u00e9composition rapide do cette substance, laquelle menace d une embolie gazeuse,","page":5},{"file":"p0006.txt","language":"fr","ocr_fr":"6\nBREVES COMMUNICATIONS PHYSIOLOGIQUES.\nquoique, si l'eu prend certaines pr\u00e9cautions, une partie en reste \u00e0 l'\u00e9tat non-d\u00e9compos\u00e9. En vue de la possibilit\u00e9 d'une application th\u00e9rapeutique du peroxyde d'hydrog\u00e8ne dans des cas de dyspn\u00e9e, il serait \u00e0 d\u00e9sirer que cette question f\u00fbt soumise \u00e0 une \u00e9tude syst\u00e9matique sous le rapport clinique aussi bien qu\u2019exp\u00e9rimental. 11 est possible que cette substance rende encore des services dans les affections du syst\u00e8me nerveux central, lesquelles, suivant l'opinion de quelques auteurs, se rattachent \u00e0 une oxydation insuffisante des produits d'une m\u00e9tamorphose chimique hcc\u00fce (seulement?).\nEn exposant ici sommairement les r\u00e9sultats de mes exp\u00e9riences, je ne crois pas n\u00e9cessaire de toucher \u00e0 la question du m\u00e9canisme de l\u2019action du nerf vague sur le c\u0153ur, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019examiner s'il n\u2019est qu\u2019un vasomoteur pour son syst\u00e8me coronaire ou bien aussi un r\u00e9gulateur pour ses ganglions moteurs. Dans tons les cas, nous pouvons consid\u00e9rer de droit les terminaisons intracardiales du n. vague comme des appareils ganglionnaires qui, dans nos observations, \u00e9taient pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019endroit sur lequel exer\u00e7aient leur action le pyrogallol. le sang asphyctique et le peroxyde d\u2019hydrog\u00e8ne ou l\u2019oxyg\u00e8ne.\n111.\nDe la paralysie du nerf sympatique cervical et du d\u00e9veloppement postembryonnaire de l'\u0153il.\nL'un des objets les plus int\u00e9ressants pour l\u2019\u00e9tude exp\u00e9rimentale de l\u2019innervation trophique\u00bb, c'est l'\u0153il, dans ses rapports avec le nerf trijumeau et le nerf sympathique.\nLes recherches de Cl. Bernard, Brown-S\u00e9eptard. Yulpnan, Sinitzine et d\u2019autres ont montr\u00e9 clairement l\u2019influence puissante que le n. sympathique cervical exerce sur la nutrition de l'\u0153il et, par cons\u00e9quent, aussi sur la marche des processus pathologiques dans cet organe, cette influence s'exer\u00e7ant par la voie vasomotrice (CholudsJd, Eulenburg et Guttmann, De Giovani et d'autres).\nQuant \u00e0 l'influence du n. sympatique sur le d\u00e9veloppement de l'\u0153il, ce sont les exp\u00e9riences d'Angelucci (en 1893) qui pr\u00e9sentent le plus d'int\u00e9r\u00eat sous ce rapport, cet auteur ayant pratiqu\u00e9 l'extirpation du ganglion sympathique cervical sup\u00e9rieur chez des animaux nouveau-n\u00e9s. Chez les chiens, dont je me suis \u00e9galement servi pour mes exp\u00e9riences. Angelucci observa un ralentissement dans la croissance de l'\u0153il du c\u00f4t\u00e9 correspondant: la corn\u00e9e et la scl\u00e9rotique \u00e9taient diminu\u00e9es, et l\u2019on observait des indices de distrophie du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019iris et de l'uv\u00e9e. La pression intraoculaire n\u2019\u00e9tait pas sensiblement abaiss\u00e9e. L'auteur explique les affections indiqu\u00e9es par l'\u00e9tat modifi\u00e9 des vaisseaux de l'\u0153il apr\u00e8s l\u2019extirpation du ganglion sympathique, et non par une action trophique directe sur les tissus.\nLes r\u00e9sultats de mes propres exp\u00e9riences, que je fis encore en 1881. se rapportent \u00e0 l'influence de la paralysie du n. sympathique cervical particuli\u00e8rement sur le d\u00e9veloppement de la corn\u00e9e. On sait que m\u00eame \u00e0 l\u2019\u00e9tat embry-","page":6},{"file":"p0007.txt","language":"fr","ocr_fr":"BR\u00c8VES COMMUNICATIONS PHYSIOLOGIQUES.\n7\nonnaire. la corn\u00e9e est tr\u00e8s pauvre en vaisseaux sanguins, et l'est d\u2019autant plus apr\u00e8s la naissance, ceux-ci se disposant presque exclusivement imm\u00e9diatement sous l\u2019\u00e9pith\u00e9lium. Il s'ensuit que pour l\u2019\u00e9tude directe de l\u2019innervation purement trophique en-dehors des vaisseaux sanguins, la corn\u00e9e est l\u2019un des objets les plus commodes. Etant form\u00e9e au d\u00e9but principalement d \u00e9l\u00e9ments cellulaires, elle subit ensuite une m\u00e9tamorphose morphologique prononc\u00e9e, pendant laquelle pr\u00e9domine la\tsubstance intercellulaire\tfibreuse qui, en\tse\tdisposant en\ncouches lamelleuses, provoque par cela m\u00eame l\u2019aplatissement des \u00e9l\u00e9ments cellulaires, ainsi que la transparence de la corn\u00e9e, qui, au commencement, est trouble.\nAyant enlev\u00e9 d\u2019un c\u00f4t\u00e9 un morceau assez grand (jusqu\u2019\u00e0 2 cms et plus) du tronc commun du n. vague et du n. sympatique chez de jeunes chiens de 2 \u00e0 8 jours, j\u2019obtins les cons\u00e9quences ordinaires, d\u00e9crites principalement par Cl. Bernard. Mais, j'observai tout d\u2019abord un ph\u00e9nom\u00e8ne curieux dont les auteurs qui ont exp\u00e9riment\u00e9 avant moi n\u2019ont, que je sache, point fait mention, savoir le retardement de plusieurs jours de l'ouverture de l\u2019\u0153il, c\u2019est-\u00e0-dire de la destruction\tde la soudure des paupi\u00e8res du c\u00f4t\u00e9 op\u00e9r\u00e9.\tEn m\u00eame temps\non observe aussi\tle ph\u00e9nom\u00e8ne ordinaire\tde diminution de\tla\tfente oculaire,\nainsi qu\u2019un plus\tgrand enfoncement du\tm\u00eame \u0153il dans son\torbite et une\nplus forte saillie de la troisi\u00e8me paupi\u00e8re.\nIl est tr\u00e8s possible que le retardement de la s\u00e9paration des paupi\u00e8res s\u2019explique tout simplement par la diminution de la pression m\u00e9canique sur l\u2019\u0153il, d'arri\u00e8re en avant, par suite de la paralysie du m. orbitaire de Muller.\nSi la corn\u00e9e est devenue assez transparente, il est facile d\u2019observer l\u2019\u00e9tat myotique de la pupille. Quant \u00e0 la corn\u00e9e, elle conserve du cot\u00e9 op\u00e9r\u00e9 son aspect embryonnaire plusieurs jours de plus que l\u2019<eil sain. Pendant qi\u0153 dans celui-ci la corn\u00e9e devient d\u00e9j\u00e0 transparente et le bord de l'iris s\u2019\u00e9bauche, celle de l\u2019\u0153il du c\u00f4t\u00e9 op\u00e9r\u00e9 est encore fortement trouble, blanch\u00e2tre, peu transparente. et le bord du c\u00f4t\u00e9 de la pupille est \u00e0 peine visible. Dans quelques cas l'\u00e9galisation des deux corn\u00e9es sous ce rapport ne se produisit qu'au bout de 5\u20147 jours apr\u00e8s l\u2019op\u00e9ration, et m\u00eame plus tard. Toujours est-il hors de doute que le d\u00e9veloppement histologique de la corn\u00e9e \u00e9tait fortement retard\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 du n. sympathique paralys\u00e9.\nComme Angelucci, je ne saurais pas non plus affirmer que la consistance de cet \u0153il f\u00fbt plus molle que celle de l\u2019\u0153il sain. M\u00eame quelques semaines apr\u00e8s, quand les suites permanentes de l\u2019op\u00e9ration avaient d\u00e9j\u00e0 pu s \u00e9tablir par rapport \u00e0 la circulation du sang dans l\u2019\u0153il, il n'\u00e9tait pas possible de remarquer de diff\u00e9rence sensible dans la pression intraoculaire. On sait du reste que la question de l\u2019influence de n. sympathique sur cette pression demande encore \u00e0 \u00eatre examin\u00e9e de plus pr\u00e8s, surtout chez les animaux tr\u00e8s jeunes.\nEn examinant au microscope la corn\u00e9e d\u2019un \u0153il sain et celle d un \u0153il \u00abparalys\u00e9\u00bb, je remarquai que les couches lamelleuses de celui-ci pr\u00e9sentaient un aspect plus onduleux, plus sinueux que celles de 1 autre. C\u2019est cette circonstance qui. jointe \u00e0 la m\u00e9tamorphose retard\u00e9e des \u00e9l\u00e9ments cellulaires, explique la couleur blanch\u00e2tre ainsi que l\u2019\u00e9tat trouble de la corn\u00e9e de l\u2019\u0153il pa-","page":7},{"file":"p0008.txt","language":"fr","ocr_fr":"8\nBREVES COMMUNICATIONS PHYSIOLOGIQUES.\nralys\u00e9. La m\u00e9tamorphose normale du tissu \u00e9tait \u00e9videmment retard\u00e9e. Il n\u2018y a aucune raison d'y voir un processus pathologique produit par l\u2019op\u00e9ration.\nOn pourrait croire que ce retardement du d\u00e9veloppement post-embryonnaire de la corn\u00e9e s\u2019expliquerait le plus simplement par l'abaissement plus ou moins consid\u00e9rable de la pression intraoculaire apr\u00e8s la section du n. sympathique. Mais, comme nous l'avons d\u00e9j\u00e0 dit, rien de tel n\u2019a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert. Une autre explication possible est celle, que l'hyp\u00e9r\u00e9mie de 1 \u0153il. produite par l\u2019op\u00e9ration. affaiblit peut-\u00eatre la tension de la corn\u00e9e de la part de la scl\u00e9rotique et retarde, gr\u00e2ce \u00e0 cela, l\u2019\u00e9galisation des ondulations lamelleuses irr\u00e9guli\u00e8res de la corn\u00e9e. Enfin, on ne peut non plus nier la possibilit\u00e9 d'une influence directe du n. sympathique sur l\u2019histog\u00e9n\u00e8se de la corn\u00e9e, en dehors du d\u00e9sordre indubitable de la circulation du sang dans l'\u0153il, sur la s\u00e9cr\u00e9tion des liquides et sur le courant de la lymphe dans cet organe.\nSi l\u2019on prend en consid\u00e9ration le fait connu de la croissance renforc\u00e9e de l\u2019oreille du lapin du c\u00f4t\u00e9 du n. sympathique sectionn\u00e9 (Bilder, Stirling. C. Damleu'sM et d\u2019autres), on serait peut-\u00eatre en droit de s'attendre au fait contraire, c\u2019est-\u00e0-dire au d\u00e9veloppement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 de la corn\u00e9e. Rappelons \u00e0 ce propos que la paralysie du n. sympathique est suivie d\u2019une hyp\u00e9r\u00e9mie de l\u2019\u0153il m\u00eame chez des animaux aussi jeunes. Il est donc \u00e9vident que la croissance et le d\u00e9veloppement de la corn\u00e9e sont soumis \u00e0 d\u2019autres lois, en vertu de son organisation particuli\u00e8re, par suite d\u2019une d\u00e9pendance moins forte de l\u2019influence directe de la circulation du sang.\nJ\u2019ai eu occasion d'observer, plusieurs semaines apr\u00e8s l'op\u00e9ration, que la corn\u00e9e du c\u00f4t\u00e9 <paralys\u00e9 \u00e9tait un peu plus mince que celle de l'\u0153il sain. Cela s\u2019explique, \u00e0 un certain degr\u00e9, par la m\u00eame raison que le premier de ces faits, c'est-\u00e0-dire par la formation insuffisante de substance intercellulaire, faute de l'influence du n. sympathique.\nIl est n\u00e9cessaire d'ajouter \u00e0 cela que, d\u00e9j\u00e0 en 1858, Cl. Bernard avait fait mention de l\u2019aplatissement de la corn\u00e9e apr\u00e8s la section du n. sympathique cervical, ce qui fut confirm\u00e9 ensuite par Angelucci. Des observations semblables avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 faites longtemps auparavant par Broivn-S\u00e9quard. qui avait vu. apr\u00e8s une op\u00e9ration de ce genre, la corn\u00e9e s\u2019aplatir, se troubler et m\u00eame s ulc\u00e9rer. On sait que Jleese, qui fit des exp\u00e9riences pour v\u00e9rifier les r\u00e9sultats de Morat et de Logon sur l\u2019influence de ce nerf sur le cristallin, nie toute action du n. sympathique sur la forme de la corn\u00e9e chez 1 animal adulte. Les r\u00e9sultats de Brmcn-S\u00e9quard demandent \u00e0 \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9s. S'ils se confirmaient, les pr\u00e9cautions n\u00e9cessaires ayant \u00e9t\u00e9 prises, ils pourraient servir \u00e0 prouver l'influence trophique directe du n. sympathique sur la corn\u00e9e. Dans aucune de mes exp\u00e9riences je n\u2019ai observ\u00e9 ni 1 \u00e9tat trouble d\u2019une corn\u00e9e transparente au debut (chez de jeunes chiens d'un \u00e2ge plus avanc\u00e9), ni l\u2019ulc\u00e9ration de cette membrane.","page":8},{"file":"p0009.txt","language":"fr","ocr_fr":"BEEVES COMMUNICATIONS PHYSIOLOGIQUES.\n9\nIV.\nDes \u00e9chinocytes du sang.\nAu cours de mes recherches sur la parasitologie du sang, j ai eu plusieurs fois l'occasion d'observer une forme de leucocytes tr\u00e8s originale qui. autant que je sache, ma pas encore \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite. 11 s'agit de corpuscules renfermant une multitude de cristallo\u00efdes qui, sous forme d'aiguilles, ressortent de toutes parts. En vue de l'aspect de ces corpuscules, on peut leur donner le nom d'\u00e9chinocytes. D\u2019apr\u00e8s la forme du noyau, les propri\u00e9t\u00e9s du protoplasme et la mani\u00e8re dont ils se comportent vis \u00e0-vis des substances tinctoriales, ils peuvent \u00eatre rang\u00e9s parmi les leucocytes. Il para\u00eet qu'ils ne se trouvent que dans le syst\u00e8me de la circulation du sang des t\u00eatards de grenouille et de crapaud: chez les batraciens adultes, je n'en ai pas rencontr\u00e9. Comme il m\u2019est arriv\u00e9 de trouver des \u00e9chinocytes m\u00eame dans une goutte de sang fraichement tir\u00e9, on ne peut les consid\u00e9rer comme le r\u00e9sultat d'une d\u00e9sint\u00e9gration postmortale des \u00e9l\u00e9ments histologiques, par exemple \u00e0 la mani\u00e8re de la forme aciforme des zooides dans les \u00e9rythrocytes des tortues. 11 semble donc qu'il faut les consid\u00e9rer comme des \u00e9l\u00e9ments histologiques qui se forment pendant la vie de 1 animal, pareils sous ce rapport aux cristallo\u00efdes albumino\u00efdes dans l\u2019\u00e9pith\u00e9lium intestinal des -larves du Tenebrio molitor (J. Frenzel, ! T. Biedermann).\nLes \u00e9chinocytes (si l\u2019on ne compte pas leurs aiguilles), ne sont pas plus grands que les \u00e9rythrocytes, souvent m\u00eame un peu plus petits que le diam\u00e8tre longitudinal de ceux-ci; leur forme est ordinairement ronde ou l\u00e9g\u00e8rement ovale: le noyau plut\u00f4t grand, quelquefois \u00e0 contours tr\u00e8s marqu\u00e9s, est plac\u00e9 excentriquement. Les cristallo\u00efdes, sous forme de longues aiguilles droites et pointues, ressortent de toutes parts, les bouts libres \u00e9tant de longueur diff\u00e9rente et atteignant quelquefois celle du diam\u00e8tre du corpuscule. Leur nombre est de 15 \u2014 20, mais on rencontre des \u00e9chinocytes \u00e0 cristallo\u00efdes beaucoup plus nombreux. Ceux-ci sont g\u00e9n\u00e9ralement droits, et ce n'est que par exception qu'on en trouve d'uu peu recourb\u00e9s.\nQuant \u00e0 la disposition de ces cristallo\u00efdes, elle est assez irr\u00e9guli\u00e8re, quoique la disposition radiale paraisse pr\u00e9dominer. En exer\u00e7ant une forte pression sur le verre couvreur, on parvient \u00e0 \u00e9craser 1 \u00e9chinocyte, les aiguilles restant droites et devenant encore plus visibles. Pour mieux faire comprendre la consistance de ces derni\u00e8res, citons le fait suivant: si. en penchant le microscope ou en appliquant une petite bande de papier \u00e0 filtrer, on produit un courant de liquide, on observe que les \u00e9rythrocytes entra\u00een\u00e9s par le courant vont se heurter contre les \u00e9chinocytes, dont les aiguilles s\u2019enfoncent dans la substance des premiers sans se ployer. Cette observation r\u00e9ussit surtout apr\u00e8s qu'on a ajout\u00e9 une petite quantit\u00e9 d\u2019une solution dilu\u00e9e de carbonate de soude pour faire gonfler les \u00e9l\u00e9ments histologiques du sang. Quant a 1 action des r\u00e9actifs sur ces cristaux, ceux-ci se dissolvent peu-\u00e0-peu dans les acides (acide ac\u00e9tique), aussi bien que dans les alcalis. Un \u00e9chinocyte gonfl\u00e9 comme une boule par 1 action","page":9},{"file":"p0010.txt","language":"fr","ocr_fr":"10\nBREVES COMMUNICATIONS PHYSIOLOGIQUES.\nd un alcali et garni de courts piquants pointus, offre un aspect joli et int\u00e9ressant.\nSi l\u2019on consid\u00e8re tous les traits que je viens de citer, on est port\u00e9 \u00e0 supposer que ces aiguilles sont form\u00e9es par des cristallo\u00efdes albumino\u00efdes. On rencontre quelquefois, et m\u00eame assez souvent, dans le sang des t\u00eatards, des leucocytes munis de pseudopodes aciculaires, l\u00e9g\u00e8rement recourb\u00e9s, plus ou moins courts et, \u00e9galement, immobiles. Le nombre de (\u2018es prolongements pointus est moins grand que chez les \u00e9chinocytes typiques.\nVis-\u00e0-vis de l'aspect bizarre de ces corpuscules, on se demande de quelle mani\u00e8re les \u00e9chinocytes peuvent prendre part au courant du sang?\nVoil\u00e0 les observations br\u00e8ves et fortuites que j\u2019ai cru devoir communiquer dans le but d'appeler l\u2019attention sur ces corpuscules originaux. Ils pr\u00e9sentent de l'int\u00e9r\u00eat non seulement au point de vue morphologique, mais encore par rapport \u00e0 la question de susceptibilit\u00e9 qu'ont les substances albumino\u00efdes du sang de se cristalliser. Il est tr\u00e8s probable que le fait de l'existence dans le sang d'\u00e9chinocytes jettera de la lumi\u00e8re sur la question de l'origine intracellulaire de l'h\u00e9moglobine par synth\u00e8se et pr\u00e9cis\u00e9ment dans le pr< toplasma des leucocytes ou des h\u00e9matoblastes.\nY.\nObservations sur la d\u00e9sagr\u00e9gation des leucocytes du sang des oiseaux.\nLa d\u00e9sint\u00e9gration des \u00e9rythrocytes, ainsi que celle des leucocytes, attire depuis longtemps l\u2019attention des observateurs. Sans parler des conditions arti-ticielles de d\u00e9sagr\u00e9gation sous l'intluence de diff\u00e9rents r\u00e9actifs, ce processus a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9 lors de l'action d'agents physiques, aussi bien que dans des conditions de modifications spontan\u00e9es in vitro. Ayant l\u2019intention de d\u00e9crire ces ph\u00e9nom\u00e8nes chez les \u00e9rythrocytes ailleurs en d\u00e9tail, je n'indiquerai ici que bri\u00e8vement quelques particularit\u00e9s dans la d\u00e9composition des leucocytes chez les oiseaux, ces \u00e9l\u00e9ments histologiques pr\u00e9sentant de l\u2019int\u00e9r\u00eat autant par eux-m\u00eames que par leur ressemblance \u00e0 certains organismes parasitiques.\nD'anciennes observations ont d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 que les leucocytis des animaux \u00e0 sang froid conservent pendant un temps assez long, un grand nombre de jours, leurs propri\u00e9t\u00e9s \u00abamoebo\u00efdes\u00bb, apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 le corps de l\u2019animal (Lieberk\u00fchn et d'autres). Je m'en suis convaincu beaucoup de lois moi-m\u00eame, surtout \u00e0 l'aide de cultures dans des tubes capillaires, dont j ai donn\u00e9 la description (en 1886).\nPour ce qui est du sang des animaux \u00e0 sang chaud, surtout des oiseaux, il faut avouer que le processus de d\u00e9composition commence d\u00e8s que le sang a quitt\u00e9 le corps, et ne peut \u00eatre retard\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 un certain degr\u00e9, que par r\u00e9chauffement artificiel et par introduction d oxyg\u00e8ne dans le sang.\nEn faisant des recherches sur du sang de hibou fra\u00eechement tir\u00e9, j eus occasion d\u2019observer des leucocytes particuliers, diff\u00e9rant par la forme et la","page":10},{"file":"p0011.txt","language":"fr","ocr_fr":"BREVES COMMUNICATIONS PHYSIOLOGIQUES.\n11\nconstitution de ceux qu\u2019on d\u00e9crit ordinairement. La partie moyenne consiste en polioplasma granuleux avec un ou deux noyaux de forme arrondie; cette partie r\u00e9fracte la lumi\u00e8re assez fortement et se teint facilement. Elle est entour\u00e9e d\u2019une zone fine, mais large d'hyaloplasma homog\u00e8ne, d\u2019o\u00f9 partent des prolongements tr\u00e8s longs et minces, g\u00e9n\u00e9ralement un peu recourb\u00e9s, effil\u00e9s vers le bout et non-ramifi\u00e9s. Quelques-uns des prolongements ressemblent \u00e0 de longs fils sans varicosit\u00e9s. L\u2019hyaloplasme est mobile, surtout lorsqu'il est r\u00e9chauff\u00e9, mais dans les prolongements eux-m\u00eames, on n'oberve pas de mouvement sensible.\nCes leucocytes sont un peu plus petits que les leucocytes ordinaires, qui sont de forme sph\u00e9rique, \u00e0 grosses granulations et sans prolongements \u00e9tir\u00e9s. 24\u201448 heures apr\u00e8s, l\u2019aspect de ces leucocytes a quelque peu chang\u00e9: la partie moyenne, granuleuse, est devenue plus homog\u00e8ne et sph\u00e9rique, la zone d\u2019hyaloplasme est devenue encore plus franchement radi\u00e9e. Le leucocyte rappelle en quelque sorte un radiolaire. Ensuite, la substance de la partie moyenne s'accumule en plusieurs endroits sous forme de spherules de diff\u00e9rentes grandeurs et tr\u00e8s r\u00e9frangibles. Dans quelques-unes de ces sph\u00e9rules, on peut observer un granule encore plus r\u00e9frangible. Les rayons d'hyaloplasme demeurent encore ou disparaissent peu \u00e0 peu; la zone transparente dispara\u00eet aussi graduellement. Les m\u00e9tamorphoses des leucocytes que nous venons de d\u00e9crire pr\u00e9sentent une tr\u00e8s grande ressemblance avec des organismes parasitiques, et c'est seulement en observant le m\u00eame objet pas \u00e0 pas et sans discontinuer qu\u2019on peut gagner la conviction qu'on a affaire aux m\u00e9tamorphoses d'un leucocyte.\nUne autre forme de d\u00e9sint\u00e9gration des leucocytes donne encore plus souvent lieu \u00e0 l\u2019erreur, c\u2019est lorsque toute la masse du corpuscule devient sph\u00e9rique, sans former de prolongements; 48\u201472 heures apr\u00e8s, on peut observer la d\u00e9sagr\u00e9gation de la partie p\u00e9riph\u00e9rique du leucocyte en plusieurs sph\u00e9rules (6\u20148 et plus) de diff\u00e9rente grandeur, homog\u00e8nes, de couleur grise, se teignant facilement, dispos\u00e9s irr\u00e9guli\u00e8rement. Dans la partie moyenne on voit des restes de granules et un noyau. Sous cette forme, cette masse rappelle beaucoup les \u00abrosettes\u00bb connues des parasites du malaria chez l'homme.\nJ\u2019ai encore observ\u00e9 la forme de d\u00e9sint\u00e9gration suivante sur des leucocytes \u00e0 gros granules du hibou, 24\u20143G heures apr\u00e8s la pr\u00e9paration de l\u2019objet, avec addition de 0.6\u20140,7 pour cent d\u2019une solution de sel de cuisine, \u00e0 la temp\u00e9rature ordinaire. Il se forme, d\u00e8s le commencement, des prolongements, qui s\u2019allongent, s\u2019effilent, deviennent sinueux et rappellent beaucoup les fouets du Polimitus du malaria ou les prolongements d'un \u00e9rythrocyte en d\u00e9composition. A mesure qu'ils se prolongent, ils se courbent, vibrent, passivement sans doute, mais beaucoup plus faiblement que, par exemple, les prolongements des \u00e9rythrocytes de grenouille en d\u00e9composition, lorsqu\u2019on les chauffe; on n'y observe ni de granulations, ni de varicosit\u00e9s, mais quelquefois un grossissement au bout, sous forme de massue. Le nombre des prolongements varie entre 5 et 10. et plus. En m\u00eame temps que le nombre de ces pseudo-fouets augmente, le corps du leucocyte commence \u00e0 se d\u00e9sagr\u00e9ger, les granules s\u2019\u00e9loignent les uns des antres, le noyau est mis \u00e0 nu; les prolongements pseudo-pudiaux d\u00e9crits commencent \u00e0 se d\u00e9composer en particules isol\u00e9es, s\u2019\u00e9gr\u00e8nent, puis se d\u00e9sagr\u00e8gent tout-\u00e0-fait. Souvent on rencontre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d'un leucocyte en","page":11},{"file":"p0012.txt","language":"fr","ocr_fr":"12\nBREVES COMMUNICATIONS PHYSIOLOGIQUES.\nd\u00e9composition un prolongement qui s'en est d\u00e9tach\u00e9, sinueux, l\u00e9g\u00e8rement vibrant, pareil \u00e0 un spiroch\u00e8te. De tels produits de d\u00e9composition des corpuscules du sang peuvent \u00eatre confondus avec des microorganismes. Les formes sous lesquelles la d\u00e9sagr\u00e9gation des leucocytes a lieu sont, en g\u00e9n\u00e9ral, tr\u00e8s vari\u00e9es: elles d\u00e9pendent non seulement des propri\u00e9t\u00e9s des leucocytes m\u00eames et du plasma, mais encore de l\u2019addition \u00e0 ce dernier d'une solution saline, de son alcalinit\u00e9, de la temp\u00e9rature etc. L \u00e9tude de la d\u00e9sagr\u00e9gation pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat indubitable non seulement par rapport \u00e0 \u00abla physiologie de la mort de la cellule \u00bb, mais aussi par rapport \u00e0 la question de l'organisation de cette derni\u00e8re.\nVI.\nDe la d\u00e9composition du peroxyde d hydrog\u00e8ne par les tissus animaux et\npar les microbes.\nC'est Th\u00e9nard qui, en \u00e9tudiant la d\u00e9composition de IL O, sous l\u2019action catalytique de diff\u00e9rentes substances, avait dyjk observ\u00e9 que l\u2019\u00e9nergie de ce processus \u00e9tait diff\u00e9rente, selon que le peroxyde d\u2019hydrog\u00e8ne entrait en relation avec telle ou telle autre substance animale. Ce fait a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 bien des fois ensuite par rapport \u00e0 beaucoup de substances chimiques, ainsi qu'a diff\u00e9rents tissus (.Sch\u00f6nbein. Al. Schmidt et ses \u00e9l\u00e8ves, Gianuzzi, Beyerinh, Gottstein, Jacobson, Spitzer, Lopin ois et d'autres). En m\u00eame temps, l'opinion que les substances solides exercent une action catalytique beaucoup plus forte que des solutions de substances actives, gagne tous les jours plus d\u2019adeptes. D\u2019apr\u00e8s les exp\u00e9riences de Spring, m\u00eame des conditions purement m\u00e9caniques peuvent agir sur la catalyse. Par rapport, en g\u00e9n\u00e9ral, au protoplasme, la decomposition \u25a0catalytique de H,O, est m\u00eame consid\u00e9r\u00e9e, en quelque sorte, comme une r\u00e9action caract\u00e9ristique.\nDes observations r\u00e9centes permettent m\u00eame de regarder cette propri\u00e9t\u00e9 du protoplasme comme \u00e9gale \u00e0 ses propri\u00e9t\u00e9s oxydantes (Spitzer). Quant \u00e0 la catalyse de ET, O, sous l\u2019influence des microbes, j'ignore si des recherches syst\u00e9matiques ont \u00e9t\u00e9 faites dans cette voie, si l'on ne prend pas en consid\u00e9ration toute une s\u00e9rie de travaux sur les propri\u00e9t\u00e9s antiseptiques et d\u00e9sinfectantes de cette substance (par ex. Miquel, K\u00f6nig. Gibier. Altehoefer, Trau-gott et d\u2019autres).\nEn vue de l'int\u00ear\u00e9t de cette question, je ne crois pas inutile de donner ici les r\u00e9sultats de mes observations sur /'influence de la chaleur et de quelques r\u00e9actifs sur la catalyse de IL O, sous l'action de la fibrine, du foie et des microbes.\nQuant \u00e0 ces derniers, je n'ai fait des exp\u00e9riences que sur des cultures de bacillus anthracis sur l'agar-agar contenant aussi des spores.\nDans des exp\u00e9riences de ce genre, il faut prendre en consid\u00e9ration le degr\u00e9 de concentration, la r\u00e9action, en partie 1 influence de la lumi\u00e8re, 1 \u00e9tat physique de la substance sur laquelle on exp\u00e9rimente, sa surface etc.","page":12},{"file":"p0013.txt","language":"fr","ocr_fr":"BREVES COMMUNICATIONS PHYSIOLOGIQUES.\n13\nInfluence de la temp\u00e9rature. On sait qu\u2019une basse temp\u00e9rature ralentit les processus catalytiques. Mes essais le confirm\u00e8rent encore une fois: de la fibrine congel\u00e9e, plong\u00e9e dans une solution de H.202 de temp\u00e9rature ordinaire, ne le d\u00e9composait pas du tout au commencement; la catalyse ne commen\u00e7a que quelques minutes apr\u00e8s, et atteignit ensuite son intensit\u00e9 ordinaire. Si Ton fait le contraire, et que l'on refroidisse fortement H, O,, tandis que la fibrine-est \u00e0 la temp\u00e9rature ordinaire, le retard de la catalyse est moindre, comme on devait s'y attendre.\nPour ce qui est des temp\u00e9ratures \u00e9lev\u00e9es (sans dessication de la substance), les donn\u00e9es de Gianuzzi, Spitzer, et d\u2019autres se trouvant \u00eatre confirm\u00e9es, on peut consid\u00e9rer que 70\u00b0\u201475\u00b0 sont les limites au-del\u00e0 desquelles la facult\u00e9 catalytique des muscles, de la fibrine, des reins etc. s'affaiblit extr\u00eamement ou m\u00eame s'an\u00e9antit \u00e0 jamais, si le r\u00e9chauffement dure % \u2014 1 h. Mais si l\u2019on fait chauffer la fibrine pendant 5 h-s dans de l'eau \u00e0 60\u00b0, la catalyse n'est, que tr\u00e8s-peu affaiblie. Si l\u2019on chauffe \u00e0 70\u201472\u00b0 pendant une dizaine de minutes, la facult\u00e9 d\u00e9composante de la fibrine est affaiblie, mais non d\u00e9truite. En g\u00e9n\u00e9ral, la fibrine conserve cette propri\u00e9t\u00e9 d\u2019une mani\u00e8re tr\u00e8s constante. Si apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 dess\u00e9ch\u00e9e \u00e0 80\u00b0\u201490\u00b0, on la plonge pour quelques heures dans l'eau, la fibrine l\u00e9g\u00e8rement gonfl\u00e9e d\u00e9compose encore H,02, quoique beaucoup plus faiblement que la fibrine fra\u00eeche, c'est-\u00e0-dire avant la dessication; dess\u00e9ch\u00e9e \u00e0 une temp\u00e9rature plus basse (60\u00b0) et ayant pris un aspect corn\u00e9, la fibrine d\u00e9compose H, 02 encore assez bien sans mac\u00e9ration pr\u00e9alable.\nC\u2019est aussi d'une mani\u00e8re analogue que le sang et le pus se comportent vis-\u00e0-vis des temp\u00e9ratures \u00e9lev\u00e9es.\nDes cultures d\u2019anthracis qui \u00e0 la temp\u00e9rature ordinaire d\u00e9compose bien H,0.2, perdent consid\u00e9rablement cette facult\u00e9 apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 chauff\u00e9es pendant V, \u2014 1 h. \u00e0 une temp\u00e9rature comparativement basse, 55\"\u2014 60\u00b0 (on avait, naturellement, pris des mesures contre la dessication et l\u2019essai de catalyse fut fait apr\u00e8s le refroidissement des cultures). Chauff\u00e9es pendant 15\u201420 minutes, \u00e0 75\u00b0\u201480\", elles ne produisent presque plus de catalyse. L\u2019effet est atteint, lorsqu\u2019on les chauff\u00e9 pendant plusieurs heures \u00e0 55 \u00b0\u201460\", tandis qu\u2019\u00e0 40\"\u2014 45\" leur facult\u00e9 d\u00e9composante ne s\u2019affaiblit point ou tr\u00e8s peu.\nOn sait que le foie poss\u00e8de \u00e0 un haut degr\u00e9 des propri\u00e9t\u00e9s catalytiques vis-\u00e0-vis du O,. Un extrait aqueux de cet organe, contenant ordinairement encore beaucoup de parcelles solides, d\u00e9compose aussi S20.2 assez \u00e9nergiquement. Lorsqu\u2019on chauffe l\u2019extrait, la catalyse ne s\u2019affaiblit que lorsque les albumines commencent \u00e0 se coaguler, et si l\u2019on chauffe jusqu \u00e0 leur coagulation compl\u00e8te, la facult\u00e9 catalytique s\u2019an\u00e9antit compl\u00e8tement. Si 1 on dess\u00e8che le foie (de chien, de lapin, de grenouille) avec pr\u00e9caution, \u00e0 des temp\u00e9ratures ne d\u00e9passant pas 60\u00b0\u201465\u00b0 et qu\u2019on le r\u00e9duise en poudre, il d\u00e9compose encore H2 O, assez \u00e9nergiquement. Sous ce rapport, il surpasse tous les autres organes, de sorte que cette r\u00e9action peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme caract\u00e9ristique (au point de vue quantitatif) pour le foie.\nLes m\u00eames ph\u00e9nom\u00e8nes s\u2019observent dans les muscles, le foie, le sang etc. cadav\u00e9reux, m\u00eame un peu putr\u00e9fi\u00e9s, et la m\u00eame chose a encore lieu si 1 on \u00e9carte les microbes de la putr\u00e9faction.","page":13},{"file":"p0014.txt","language":"fr","ocr_fr":"14\nBR\u00c8VES COMMUNICATIONS PHYSIOLOGIQUES.\nParmi les agents chimiques, ce sont les alcalis causiques qui affaiblissent beaucoup ou m\u00eame emp\u00eachent tout-\u00e0-fait la catalyse, selon la quantit\u00e9 du r\u00e9actif ajout\u00e9. Si, toutefois, on le m\u00e9lange pr\u00e9alablement au II, O, ou. en m\u00eame temps, qu\u2019on y introduise un petit morceau de 1 organe donn\u00e9, la catalyse se produit. L'action d\u00e9primante des alcalis, comme aussi des acides, se fait voir surtout, lorsqu\u2019ils agissent pr\u00e9alablement sur la substance act/ce. Il est int\u00e9ressant que. suivant les observations de Spitzer, la nucl\u00e9oliistone (un nucl\u00e9oprot\u00e9ide). qu\u2019il a isol\u00e9e du foie et qui d\u00e9compose If, O,, se comporte vis-\u00e0-vis des temperatures \u00e9lev\u00e9es, des acides et des alcalis de la m\u00eame mani\u00e8re que le foie lui-m\u00eame.\nL\u2019action de Y alcool pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat particulier. J\u2019ai pu me convaincre que l'addition m\u00eame dune grande quantit\u00e9 d\u2019alcool (\u00e0 JJ \u2014 96 pour cent) n\u2019emp\u00eache pas la catalyse en pr\u00e9sence du foie, de ses extraits, des muscles etc... Un petit morceau de foie (de chien) d\u00e9chiquet\u00e9 et mac\u00e9r\u00e9 durant 4 jours dans de l\u2019alcool aussi concentr\u00e9 d\u00e9composait tr\u00e8s bien JIIKr\nD anciens mat\u00e9riaux histologiques, provenant de diff\u00e9rents animaux, renfermaient encore beaucoup de substance active apr\u00e8s avoir pass\u00e9 1\u2014-2 ann\u00e9es dans un esprit-de-vin tr\u00e8s fort. Le foie produisait une catalyse tr\u00e8s-forte, la rate et les reins venaient apr\u00e8s; au contraire, les muscles, les cartilages, les glandes lymphatiques, le cerveau ne d\u00e9composaient plus HiO,. La ffbiine conserv\u00e9e dans l\u2019esprit-de-vin faible garde aussi assez longtemps ses propri\u00e9t\u00e9s\ncatalvtiques.\t,\nQuant \u00e0 l'anthrax, il est beaucoup plus sensible \u00e0 l\u2019alcool: 1 action pendant 10 - 20 minutes d\u2019un esprit-de-vin de 20 \u2014 30 pour cent affaiblit la catalyse d'une mani\u00e8re sensible.\nL\u2019effet de Y \u00e9ther et du chloroforme est tr\u00e8s faible. La catalyse du foie et celle de la fibrine ne s\u2019affaiblit presque pas apr\u00e8s que ces r\u00e9actifs ont pr\u00e9alablement agi sur ces substances pendant un grand nombie de jouis.\nUne culture d\u2019anthrax sur laquelle de 1 \u00e9ther ou du chloroforme avait agi pendant plusieurs jours, d\u00e9composait encore tr\u00e8s bien II, (4,. Mais si lin-fluence de l\u2019\u00e9ther avait dur\u00e9 7 \u2014 10 jours, l\u2019anthrax ne le d\u00e9composait plus. Rappelons \u00e0 ce propos que. suivant les observations de Jacobson. 1 \u00e9ther et le chloroforme affaiblissent l'action catalytique de l'\u00e9mulsine sur 11,0,.\nC\u2019est l\u2019action d\u00e9primante du sublim\u00e9 qui se fait sentir le plus. Si de la fibrine fra\u00eeche est tremp\u00e9e pendant 5\u201410 minutes dans une forte solution de lia Cl la catalyse est an\u00e9antie pour toujours, comme le ferait une \u00e9l\u00e9vation de la temp\u00e9rature \u00e0 100\u00b0. Le m\u00eame effet se produit par une solution de sublim\u00e9 de 1 : 1000. si elle agit pendant 24 heures; il suffit de plonger la fibrine dans cette solution durant quelques minutes pour que 1 affaiblisement de la catalyse se fasse d\u00e9j\u00e0 sentir. Si le morceau de fibrine est petit, la decomposition' du 11,0, peut ne plus s\u2019effectuer apr\u00e8s V2 \u20141 heure. Le sublime exerce sur les propri\u00e9t\u00e9s catalytiques de l\u2019anthrax une action tout aussi d\u00e9primante et m\u00eame \u00e0 un plus haut degr\u00e9.\t.\t.\nL\u2019action de la formaline sur la catalyse est \u00e9galement d\u00e9primante, mais a un degr\u00e9 beaucoup moindre que celle du sublim\u00e9: ainsi, de la fibrine qui avait \u00e9t\u00e9 plong\u00e9e dans une solution de formol \u00e0 5\u201410 pour cent pendant","page":14},{"file":"p0015.txt","language":"fr","ocr_fr":"METHODE CELLOIDINSERIEN JUT WASSER UND EIWEISS AUFZUKLEBEN.\n15\n7, --1 heure et plus, d\u00e9compose encore H, O,, quoique plus faiblement qu'\u00e0 l\u2019\u00e9tat normal.\nIdacide carbdlique agit aussi beaucoup plus faiblement que le sublim\u00e9; par exemple l\u2019anthrax, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 plong\u00e9 dans une solution de cet acide \u00e0 2 pour cent pendant 24 heures et m\u00eame plus, d\u00e9compose encore H, O, assez \u00e9nergiquement. h'hydrocliinone agit un peu plus \u00e9nergiquement, mais exerce en g\u00e9n\u00e9ral une action moins forte sur le foie et la fibrine que sur les cultures des bact\u00e9ries. Le chlorure de fer d\u00e9prime la catalyse \u00e0 un plus haut degr\u00e9 en solutions relativement faibles (\u00e0 0,1 \u20140.3 pour cent), vis-\u00e0-vis de la fibrine aussi bien que vis-\u00e0-vis de l'anthrax. Notons ici que Y acide chlorhydrique pur en solution tr\u00e8s faible, apr\u00e8s avoir produit le gonflement d\u2019un petit morceau de fibrine, en d\u00e9truit les propri\u00e9t\u00e9s catalytiques, si m\u00eame on le neu-tralyse apr\u00e8s et qu\u2019on le lave soigneusement \u00e0 l\u2019eau.\nOn peut dire, en g\u00e9n\u00e9ral, qu\u2019une fois que les propri\u00e9t\u00e9s catalytiques, soit de quelque substance organis\u00e9e, soit de la fibrine ou d\u2019un ferment, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truites par la chaleur ou un agent chimique, elles ne se regagnent plus, ni par le refroidissement, ni par la neutralisai n de l\u2019acide par un alcali et vice versa, ni par le lavage \u00e0 l'eau.\nEine einfache und zuverl\u00e4ssige Methode Ceiloidiuserien mit Masser (resp. verd\u00fcnntem Alkohol) und Ehveiss anfzuklebcn.\nVon Dr. P. Argutinsky,\nProfessor der Kinderheilkunde an der K. Universit\u00e4t zu Kasan.\nV\t\u00e4hrend wir f\u00fcr Paraffinschnitte ebenso zuverl\u00e4ssige als einfache Auf-klebemethoden besitzen, macht sich das Fehlen einer solchen Methode f\u00fcr Celloidinserien nur zu oft in empfindlicher Weise geltend. Dieses ist\u2014abgesehen von den 5 ortheilen des Trocken- und Bandschneidens von Paraffin\u2014 gewiss eine der Ursachen, dass die vortreffliche und f\u00fcr grosse Objecte so \u00fcberaus vortheilhafte Celioidinmethode auch jetzt noch beim Serienschneiden im Vergleich zum Paraffin verh\u00e4ltnissm\u00e4ssig wenig zur Anwendung kommt.\nV\tie bekannt, verf\u00fcgen wir f\u00fcr Paraffinschnitte ausser \u00fcber die Schellack-, die Collodiumnelken\u00f6l- und die ursp\u00fcngliche Eiweissmethode noch \u00fcber zwei vorz\u00fcgliche Methoden: 1) das Aufkleben mit Wasser und 2) das Aufkleben mit V asser und Eiweiss. Diese zwei Methoden gew\u00e4hren in vollem Maasse den ortheil des Gl\u00e4ttens und Ordnens der Schnitte und sind den erstgenannten, die das nicht gestatten, bei Weitem \u00fcberlegen.","page":15}],"identifier":"lit36285","issued":"1900-1902","language":"fr","pages":"1-15","startpages":"1","title":"Br\u00e8ves communications physiologiques","type":"Journal Article","volume":"2"},"revision":0,"updated":"2022-01-31T15:39:21.587416+00:00"}
