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{"created":"2022-01-31T15:59:30.292200+00:00","id":"lit36558","links":{},"metadata":{"alternative":"Le Physiologiste Russe","contributors":[{"name":"Dmitrievski, K.","role":"author"}],"detailsRefDisplay":"Le Physiologiste Russe 3: 35-49","fulltext":[{"file":"p0035.txt","language":"fr","ocr_fr":"Contributions aux recherches sur l\u2019alimentation avec des substances pauvres en albumino\u00efdes.\nProf. agr. K. Dmitrievski.\nDu laboratoire de Pathologie g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019universit\u00e9 de Tomsk.\nSelon l\u2019avis d\u2019un grand nombre de naturalistes \u00e9minents (Cuvier, Darwin, Huxley) l\u2019homme appartient par sa nature \u00e0 la classe des fructivores, n\u2019ayant appris que peu \u00e0 peu, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre assujetti les animaux, \u00e0 utiliser le lait et la chair de ceux-ci. De nos jours, la plupart des hommes civilis\u00e9s emploient (ou du moins t\u00e2chent d\u2019employer) une nourriture mixte, c\u2019est-\u00e0-dire compos\u00e9e de substances tant animales que v\u00e9g\u00e9tales, et une telle nourriture est consid\u00e9r\u00e9e comme la mieux appropri\u00e9e \u00e0 l\u2019organisme de l\u2019homme contemporain. Je ne soumettrai pas \u00e0 une discussion plus au moins d\u00e9taill\u00e9e l\u2019opinion, partag\u00e9e aujourd\u2019hui par la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 des savants, que les substances animales entrant dans la nourriture de l\u2019homme constituent pour lui une n\u00e9cessit\u00e9 physiologique. Les habitants de la Chine, du Japon, des Indes et d\u2019autres pays se nourrissent exclusivement de substances v\u00e9g\u00e9tales. L\u2019homme peut donc manifester toute son \u00e9nergie, tant musculaire que mentale, en n\u2019employant qu\u2019une nourriture v\u00e9g\u00e9tale, pourvu seulement que l\u2019organisme re\u00e7oive avec cette nourriture une quantit\u00e9 suffisante de substances nutritives, en particulier de substances albumino\u00efdes, pouvant servir \u00e0 remplacer les substances constituantes primaires des cellules.\nPettenkofer et Voit, Moleschott, Forster et d\u2019autres physiologistes ont \u00e9tabli la quantit\u00e9 physiologique normale de la ration journali\u00e8re et indiqu\u00e9 la quantit\u00e9 minimale des substances albumino\u00efdes que doit ing\u00e9rer l\u2019homme dans le courant des vingt-quatre heures, pour conserver son poids et pour que l\u2019\u00e9change des substances azot\u00e9es reste en \u00e9quilibre. Cependant Hirschfeld, Kumagawa, Klemperer ont montr\u00e9 que si l\u2019organisme de l\u2019homme re\u00e7oit une nourriture riche en hydrates de carbone (ou en graisses), l\u2019\u00e9quilibre des substances azot\u00e9es peut se maintenir et son poids ne pas changer, m\u00eame dans le cas o\u00f9 il ne recevrait que 40 gr. d\u2019albumine, un tel r\u00e9gime n\u2019exer\u00e7ant aucune influence f\u00e2cheuse sur la sant\u00e9 de l\u2019individu.\nDurant six semaines Siven, tout en continuant ses travaux, n\u2019ajoutait \u00e0 sa nourriture que 12 gr. d\u2019albumine, sans que le poids de son corps diminu\u00e2t *). J. Munk et Th. Rosenheim firent des exp\u00e9riences de plus longue dur\u00e9e sur des carnivores (chiens) auxquels ils ne donnaient qu\u2019une quantit\u00e9 tr\u00e8s restreinte de substances albumino\u00efdes, mais, par contre, beaucoup d\u2019hydrates de carbone et de graisses. Les recherches de ces auteurs touchent de pr\u00e8s la question de\n3*","page":35},{"file":"p0036.txt","language":"fr","ocr_fr":"86\tContributions aux recherches sur l*alimentation.\nl\u2019inanition albumino\u00efde incomplete que, gr\u00e2ce \u00e0 certaines conditions sociales ou autres, on observe si souvent dans la vie, lorsque des hommes habitu\u00e9s \u00e0 une nourriture mixte se voient forc\u00e9s de remplacer la nourriture animale trop co\u00fbteuse par des substances v\u00e9g\u00e9tales pauvres en albumine. \u00abL\u2019europ\u00e9en est \u00e0 un tel point habitu\u00e9 \u00e0 l\u2019id\u00e9e de la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une nourriture mixte\u00bb, dit avec raison le prof. Pachoutine, < qu\u2019il consid\u00e8re l\u2019ingestion d\u2019une nourriture purement v\u00e9g\u00e9tale comme identique \u00e0 l\u2019inanition albumino\u00efde, produite par le manque de substances azot\u00e9es 2). Cela \u00e9tant, les exp\u00e9riences de Munk et de Rosenheim pr\u00e9sentent non seulement un int\u00e9r\u00eat th\u00e9orique, mais ont encore une valeur pratique consid\u00e9rable.\nEn donnant, comme nous venons de la dire, \u00e0 des chiens des aliments pauvres en substances albumino\u00efdes animales, ces auteurs arriv\u00e8rent \u00e0 la conclusion que ces animaux ne peuvent pas s\u2019en nourrir un temps ind\u00e9finiment long: ils les refusent bient\u00f4t, leur pr\u00e9f\u00e9rant le je\u00fbne absolu.\nDans les exp\u00e9riences de Munk3), un chien pesant 12 kilogr. recevait 17 gr. d\u2019albumino\u00efdes (1,41 gr. pour 1 kilogr. de son poids), 55 gr. de graisse et 116 gr. d\u2019hydrates de carbone.\nAu cours des premi\u00e8res 5 semaines, l\u2019assimilation de ces substances alimentaires se faisait d\u2019une mani\u00e8re satisfaisante: le poids de l\u2019animal ne diminuait pas, et l\u2019\u00e9quilibre des substances albumino\u00efdes se maintenait, bien que les quantit\u00e9s des albumino\u00efdes ing\u00e9r\u00e9es fussent bien au-desous du \u00abHungerminimum\u00bb typique de C. Voit. La 6-me semaine l\u2019assimilation de la nourriture changea pour le pire; beaucoup d\u2019aliments non-dig\u00e9r\u00e9s furent \u00e9limin\u00e9s avec les mati\u00e8res f\u00e9cales (la quantit\u00e9 de l\u2019azote dans ces derni\u00e8res fut en moyenne 1,08 gr., tandis que pendant les 5 premi\u00e8res semaines l\u2019animal n\u2019avait \u00e9limin\u00e9 avec les excr\u00e9ments que 0,42\u20140,52 N par jour).\nAu commencement de la 9-me semaine, l\u2019\u00e9tat subjectif du chien changea,\u2014sa vivacit\u00e9 disparut, il devint morose, indolent et apathique.\nCes faits ammen\u00e8rent Munk \u00e0 la conclusion qu\u2019une nourriture pauvre en substances albumino\u00efdes (eiweissarme Nahrung) affaiblit l\u2019activit\u00e9 de l\u2019appareil digestif et agit d\u2019une mani\u00e8re tr\u00e8s d\u00e9favorable sur l\u2019assimilation des aliments. L\u2019auteur \u00e9tait de l\u2019avis que la quantit\u00e9 des substances albumino\u00efdes que le chien recevait ne suffisait pas \u00e0 la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration des cellules des glandes intestinales, ce qui fait que, peu \u00e0 peu, l\u2019activit\u00e9 de ces glandes s\u2019affaiblit, en m\u00eame temps que la quantit\u00e9 des liquides s\u00e9cr\u00e9t\u00e9s diminue.\nEn faisant des exp\u00e9riences analogues, Th. Rosenheim 4) observa que des troubles dans le fonctionnement de l\u2019appareil digestif commencent depuis la 7 ou 8 semaine et que c\u2019est depuis lors aussi qu\u2019 apparaissent chez le chien des signes de faiblesse et d\u2019apathie. Dans une autre exp\u00e9rience du m\u00eame auteur5), le chien eut des vomissements et montrait de l\u2019aversion pour la nourriture d\u00e9j\u00e0 pendant la 5-me semaine. Selon Rosenheim, c\u2019est le fait suivant qui m\u00e9rite surtout l\u2019attention, \u00e0 savoir que la m\u00e9tamorphose albumino\u00efde int\u00e9rieure se produit d\u2019une mani\u00e8re assez satisfaisante m\u00eame dans les organes dont les cellules ont subi une forte d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence graisseuse. La s\u00e9cr\u00e9tion et la r\u00e9sorption peuvent se produire presque normalement m\u00eame dans le cas o\u00f9, par suite de diverses conditions pathologiques, des restes seuls de protoplasma","page":36},{"file":"p0037.txt","language":"fr","ocr_fr":"CONTRIBUTIONS AUX RECHERCHES SUR L?ALIMENTATION.\t37\ncapables d\u2019 activit\u00e9 vitale se sont conserv\u00e9s. Ces pauvres restes de protoplasma, dit l\u2019auteur, suffisent pour que l\u2019organisme, faisant appel \u00e0 toutes ses forces en r\u00e9serve, puisse satisfaire ces besoins les plus pressants.\nL\u2019examen microscopique des tissus et des organes d\u2019un chien qui avait p\u00e9ri par suite d\u2019inanition albumino\u00efde incompl\u00e8te montra \u00e0 Rosenheim que le foie ainsi que l\u2019\u00e9pith\u00e9lium des glandes du tube intestinal, surtout celui des glandes de l\u2019estomac et de celles des parties de l\u2019intestin les plus proches, avaient subi la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence graisseuse.\nRosenheim tire de tous ces faits la conclusion que l\u2019inanition albumino\u00efde quoique incompl\u00e8te mais prolong\u00e9e ruine l\u2019organisme de l\u2019animal. 2 gr. de substances albumino\u00efdes par kilogr. du poids de l\u2019animal, m\u00e9lang\u00e9es \u00e0 des aliments riches en hydrates de carbone et en graisses (contenant m\u00eame 110 calories par kilogr. du poids) ne suffisent pas pour conserver la vie du chien *).\nCherchant la solution d\u2019une question sp\u00e9ciale, j\u2019eus l\u2019occasion de faire prendre \u00e0 des chiens une nourriture pauvre en albumino\u00efdes, c\u2019est \u00e0 dire un m\u00e9lange d\u2019aliments pareil \u00e0 celui que donnaient \u00e0 leurs chiens Munk et Rosenheim. Consid\u00e9rant que la question \u00e0 laquelle ces auteurs avaient touch\u00e9 pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat particulier au point de vue biologique g\u00e9n\u00e9ral, je r\u00e9solus de compl\u00e9ter, en me servant de ces -animaux, autant que le temps me le permettrait, les recherches de ces savants.\nDans ces exp\u00e9riences, j\u2019ai fait attention non seulement \u00e0 la d\u00e9composition des produits azot\u00e9s en g\u00e9n\u00e9ral, comme l\u2019avaient fait Munk et Rosenheim, mais aussi \u00e0 l'excr\u00e9tion des corps alloxuriques. En m\u00eame temps, j\u2019ai fait des recherches sur la m\u00e9tamorphose des phosphates ainsi que sur la rapport de ces derniers \u00e0 l\u2019azote de l\u2019urine. De telles recherches n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 faites jusqu\u2019alors, bien- que, \u00e0 mon avis, elles dussent int\u00e9resser les biologues sous plusieurs rapports.\nApr\u00e8s avoir observ\u00e9 les chiens (qui recevaient une nourriture pauvre en substances albumino\u00efdes) pendant un temps plus ou moins long, et avoir fait des recherches dans le sens indiqu\u00e9, je leur injectais des toxines bact\u00e9-rielles et continuais \u00e0 \u00e9tudier l\u2019effet de ces injections, dirigeant mon attention d\u2019une part sur la marche clinique de la p\u00e9riode qui suit l\u2019intoxication, de l\u2019autre, et principalement, sur les changements qui surviennent dans la m\u00e9tamorphose des substances. En entreprenant ces recherches, je me suis laiss\u00e9 guider par des consid\u00e9rations qui ressortiront de ce qui va suivre.\nD\u2019apr\u00e8s les observations des bact\u00e9riologistes, le milieu de culture a une grande influence sur l\u2019\u00e9volution des microorganismes. En changeant la constitution du milieu, nous pouvons acc\u00e9l\u00e9rer, retarder et m\u00eame suspendre enti\u00e8rement le d\u00e9veloppement des bact\u00e9ries, tr\u00e8s sensibles aux moindres changement sous ce rapport. Si, comme disent P. Chatin et Guinard, nous assimilons l\u2019organisme \u00e0 un milieu de culture artificiel pour les microbes, nous devons\n*) En donnant au chien de temps en temps de grandes quantit\u00e9s de viande ou eh en augmentant la proportion dans la nourriture, l\u2019auteur put le conserver vivant presque 5 mois.","page":37},{"file":"p0038.txt","language":"fr","ocr_fr":"38\nCONTRIBUTIONS AUX RECHERCHES SUR L\u2019ALIMENTATION.\nadmettre que des modifications chimiques m\u00eame l\u00e9g\u00e8res peuvent rendre l\u2019organisme plus ou moins propre au d\u00e9veloppement de telle ou telle infection. C\u2019est \u00e0 produire des variations dans un sens favorable que travaille la th\u00e9rapeutique, qui essaie non seulement d\u2019agir sur le microorganisme, mais encore de modifier le terrain, c\u2019est-\u00e0-dire la composition des sucs, des tissus, soit par des m\u00e9dicaments, soit par des s\u00e9rums th\u00e9rapeutiques, extraits d\u2019organes ou vaccins.\nA c\u00f4t\u00e9 de ces modifications artificielles, apport\u00e9es \u00e0 l\u2019organisme, il y en a encore d\u2019autres, naturelles pour ainsi dire, peu \u00e9tudi\u00e9es encore, il est vrai, plus d\u00e9licates peut-\u00eatre, mais r\u00e9elles. Ce sont celles qui d\u00e9pendent de la modification des tissus et des organes sous l\u2019influence de la nutrition, en sa qualit\u00e9 de cause premi\u00e8re et constante de la constitution chimique des \u00e9l\u00e9ments cellulaires. Comment telle nourriture ou telle autre agit-elle sur la force de r\u00e9sistance de l\u2019organisme, des \u00e9l\u00e9ments cellulaires aux diff\u00e9rentes maladies infectieuses? Beaucoup de temps et de peine ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9s \u00e0 cette question importante, sans qu\u2019elle ait beaucoup avanc\u00e9 cependant. La raison en est, \u00e0 mon avis, que les recherches exp\u00e9rimentales, purement scientifiques, sur cette question ont pr\u00e9sent\u00e9 presque jusqu\u2019\u00e0 nos jours les plus grandes difficult\u00e9s.\nD\u00e9j\u00e0 du temps d\u2019Hippocrate les m\u00e9decins empiriques se divisaient au point de vue du r\u00e9gime \u00e0 suivre dans les maladies (les maladies infectieuses en particulier) en deux camps oppos\u00e9s, les uns recommandant une alimentation abondante, les autres, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019abstinence compl\u00e8te.\nLaissant de c\u00f4t\u00e9 les travaux des physiologistes Chossat, Bidder et Schmidt, d\u2019Hirschfeld, Voit et Pettenkofer, j\u2019examinerai d\u2019abord ceux de Canalis et de Morpurgo 6). Ces auteurs firent leurs exp\u00e9riences sur des pigeons, dans l\u2019organisme desquels ils introduisaient le bacille du charbon (anthrax). Ils arriv\u00e8rent \u00e0 la conclusion que l\u2019abstinence pr\u00e9alable fait perdre \u00e0 ces oiseaux leur immunit\u00e9 naturelle vis-\u00e0-vis de ce bacille.\nC\u2019est dans le m\u00eame sens que se sont prononc\u00e9s Feser, Alessi Bouchard et d\u2019autres, trouvant que l\u2019abstinence, en affaiblissant l\u2019organisme, le rend moins r\u00e9sistant \u00e0 l\u2019infection. Cependant les recherches plus r\u00e9centes de Teissier et A. Guinard 7) (1897) ainsi que celles de Roger et Josu\u00e9 ont amen\u00e9 ces auteurs \u00e0 des conclusions diam\u00e9tralement oppos\u00e9es. Roger et Josu\u00e9 8) consid\u00e8rent que les car\u00eames p\u00e9riodiques, tels que les prescrivent la plupart des religions, exercent sur l\u2019organisme une action bienfaisante, le rendent plus fort, plus r\u00e9sistant.\nPar contre, on peut citer la monographie de Pr. Richet 9), donnant un grand nombre d\u2019arguments convaincants en faveur de la suralimentation avec de la viande crue des malades atteints de tuberculose.\nEn 1900 parut l\u2019ouvrage de Chatin et Guinard 10): \u00abDe l\u2019influence de certains aliments sur la marche des infections et intoxications microbiennes >. Les exp\u00e9riences qu\u2019ils ont faites ont conduit ces auteurs aux conclusionns suivantes:\n1. Les chiens nourris seulement de substances albumino\u00efdes r\u00e9sistent bien mieux \u00e0 l\u2019intoxication par le microbe dipht\u00e9rique que ceux qui ne re\u00e7oivent que du sucre ou de la graisse.","page":38},{"file":"p0039.txt","language":"fr","ocr_fr":"CONTRIBUTIONS AUX RECHERCHES SUR L\u2019ALIMENTATION.\n39\n2. Le r\u00e9gime saccharin ou bien l\u2019injection pr\u00e9alable d\u2019une solution d\u00e9 sucre dans les veines rend les animaux moins propres \u00e0 la lutte pour l\u2019existence; ils supportent mal l\u2019injection de la toxine dipht\u00e9rique *) et sont tr\u00e8s facilement infect\u00e9s par les bact\u00e9ries d\u2019Eberth et par la pneumoent\u00e9rite du boeuf, mais non par le bacille de l\u2019anthrax et par le charbon symptomatique.\nEn vue de ces faits, les auteurs rappellent au lecteur que la question des injections sous-cutan\u00e9es d\u2019une solution de sucre au point de vue de la nutrition a \u00e9t\u00e9 s\u00e9rieusement discut\u00e9e au congr\u00e8s m\u00e9dical de Wiesbaden (en 1896). En comparant les donn\u00e9es de leurs exp\u00e9riences aux arguments d\u2019autres auteurs, Chatin et Guinard arrivent \u00e0 la conclusion importante au point de vue pratique que dans beaucoup de maladies toxi-infectieuses, on ne doit avoir recours en aucun cas aux injections sous-cutan\u00e9es de solutions de sucre, vu que ces injections pourraient beaucoup affaiblir la r\u00e9sistance de l\u2019organisme \u00e0 l\u2019infection.\nMontrant l\u2019influence non moins d\u00e9favorable d\u2019une nourriture exclusivement graisseuse, les auteurs pensent qu\u2019une telle ne suffit pas \u00e0 l\u2019organisme et qu\u2019elle est peut-\u00eatre la cause de ce que les animaux nourris seulement de graisse sont plus sensibles \u00e0 l\u2019intoxication et \u00e0 l\u2019infection que ceux qui re\u00e7oivent des albumino\u00efdes.\nTous les auteurs que j\u2019ai cit\u00e9s sont d\u2019accord sur ce que les aliments, en changeant la constitution chimique de l\u2019organisme, peuvent, selon leur nature, exercer une influence sur sa force de r\u00e9sistance \u00e0 telle ou telle maladie infectieuse et l\u2019exercent en effet. Mais, comme je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 dit, cette question est encore tr\u00e8s peu \u00e9lucid\u00e9e du c\u00f4t\u00e9 exp\u00e9rimental.\nLes exp\u00e9rimentateurs n\u2019ont pas encore obtenu de r\u00e9sultats pr\u00e9cis et exactes. La raison en est probablement celle que, s\u2019\u00e9tant servis pour leurs travaux de certaines bact\u00e9ries ou toxines et ayant re\u00e7u certains r\u00e9sultats, ils appliquent ces r\u00e9sultats \u00e0 toutes les esp\u00e8ces de maladies infectieuses, c\u2019est-\u00e0-dire g\u00e9n\u00e9ralisent trop leurs conclusions.\nD\u00e9sirant, de mon c\u00f4t\u00e9, contribuer autant qu\u2019il serait en mon pouvoir, \u00e0 l\u2019\u00e9lucidation de la question du r\u00f4le que joue le r\u00e9gime alimentaire dans les maladies infectieuses, j\u2019entrepris une s\u00e9rie d\u2019exp\u00e9riences ayant pour objet de me montrer, comment certains animaux nourris de substances pauvres en albumino\u00efdes se comporteraient vis-\u00e0-vis des intoxitions et de l\u2019infection. Je choisis une telle nourriture, parce que souvent, en temps de disette ou d\u2019autres d\u00e9sastres, ou bien sous l\u2019influence de doctrines religieuses ou philosophiques, ou bien encore par un mauvais choix de sa nourriture v\u00e9g\u00e9tale, l\u2019homme subit l\u2019inanition incompl\u00e8te par rapport aux substances albumino\u00efdes, dont il consomme des quantit\u00e9s insuffisantes.\nDans cette premi\u00e8re communication je me bornerai cependant principalement aux modifications qui surviennent dans les \u00e9changes chez les animaux qui avaient re\u00e7u auparavant une nourriture pauvre en albumino\u00efdes et subi-, rent ensuite l\u2019intoxication. Dans un de mes travaux pr\u00e9c\u00e9dents j\u2019\u00e9tudiais la\n*) La p\u00e9riode d\u2019incubation devient beaucoup plus courte, les troubles intestinaux s\u00e8 manife-, stent avec une force toute particuli\u00e8re, et la mort survient sous peu,\t..\t1","page":39},{"file":"p0040.txt","language":"fr","ocr_fr":"40\nCONTRIBUTIONS AUX RECHERCHES SUR l\u2019ALIMENTATION.\nm\u00e9tamorphose des substances chez des animaux \u00e0 jeun auxquels j\u2019avais inject\u00e9 des toxines, et ces exp\u00e9riences me permirent de tirer la conclusion que chez ces animaux l\u2019\u00e9limination de l\u2019azote aussi bien qui celle du phosphore s\u2019\u00e9l\u00e8ve avec la temp\u00e9rature (\u00e9tat fi\u00e9vreux), et que, ce qui me para\u00eet surtout int\u00e9ressant, le pour cent des phosphates et celui des mati\u00e8res azot\u00e9es augmente dans la m\u00eame mesure, l\u2019augmentation des premiers \u00e9tant quelquefois m\u00eame plus accentu\u00e9e.\nIl est \u00e0 regretter que la question de l\u2019\u00e9limination du phosphore pendant la fi\u00e8vre ne soit pas encore enti\u00e8rement \u00e9lucid\u00e9e. Les observateurs n\u2019ont pas obtenu de r\u00e9sultats d\u00e9finitifs par rapport \u00e0 cette question; remarquons d\u2019ailleurs que cette question de l\u2019\u00e9limination des phosphates est, pour ainsi dire, rest\u00e9e \u00e0 l\u2019ombre, l\u2019\u00e9tude de l\u2019\u00e9change de l\u2019azote ayant principalement attir\u00e9 les auteurs.\nCependant mes exp\u00e9riences sur l\u2019immunisation des animaux (pendant lesquelles je constatai une diminution de l\u2019\u00e9limination des phosphates), celles du prof. Albitzki sur la suralimentation apr\u00e8s un long je\u00fbne, les r\u00e9centes recherches de quelques auteurs fran\u00e7ais sur la valeur th\u00e9rapeutique de la leucitine, ainsi que des consid\u00e9rations de nature purement th\u00e9orique nous montrent, toutes ensemble, la grande valeur des combinaisons du phosphore pour l\u2019organisme. Il est pleinement admissible que dans un moment critique elles aient pour l\u2019organisme une importance plus grande que les substances azot\u00e9es.\nLaissant ces consid\u00e9rations g\u00e9n\u00e9rales, pour le moment, de c\u00f4t\u00e9 et passant \u00e0 mes exp\u00e9riences, je r\u00e9p\u00e8te que j\u2019ai eu en vue principalement l\u2019\u00e9tude de la d\u00e9composition des substances chez des animaux en inanition albumino\u00efde, empoisonn\u00e9s par diverses toxines. Je me suis propos\u00e9 de comparer la marche de la m\u00e9tamorphose des substances chez ces animaux avec celle qu\u2019on observe chez des animaux enti\u00e8rement priv\u00e9s de nourriture et se trouvant \u00e9galement dans un \u00e9tat fi\u00e9vreux.\nJe pense, en outre, que l\u2019\u00e9tude de la d\u00e9composition des substances pendant l\u2019\u00e9tat fi\u00e9vreux dans diff\u00e9rentes conditions d'alimentation nous permettra de nous former une id\u00e9e exacte sur la m\u00e9tamorphose des substances dans les maladies infectieuses en g\u00e9n\u00e9ral.\nExp\u00e9riences.\nAyant principalement en vue l\u2019\u00e9tude de l\u2019\u00e9change des substances, je me bornais au commencement \u00e0 l\u2019observation des animaux qui avaient re\u00e7u une nourriture pauvre en albumino\u00efdes pendant peu de temps, c\u2019est \u00e0 dire lorsque le fonctionnement du tube digestif de ces animaux n\u2019avait pas encore subi de profondes alt\u00e9rations. Je leur donnais ordinairement pendant 15\u201430 jours un m\u00e9lange form\u00e9 d\u2019une petite quantit\u00e9 de chair de cheval, de graisse et de riz (dans les tableaux que nous donnons plus bas, nous avons not\u00e9 les quantit\u00e9s d\u2019aliments que recevait chaque chien).\nFaisons observer qu\u2019un tel r\u00e9gime n\u2019est pas support\u00e9 par tous les chiens. Cependant, en g\u00e9n\u00e9ral, il mangeaient la nourriture qui leur \u00e9tait offerte assez volontiers pendant un mois, pourvu qu\u2019elle f\u00fbt bien cuite. Si, au contraire, on la leur offrait crue, ils la refusaient d\u00e9j\u00e0 au 4\u201410 jour.","page":40},{"file":"p0041.txt","language":"fr","ocr_fr":"CONTRIBUTIONS AUX RECHERCHES SUR L ALIMENTATION.\n41\nEn comparant mes exp\u00e9riences aux exp\u00e9riences analogues de Munk et de Rosenheim, je remarquai que mes chiens \u00e9taient plus difficiles que les leurs. Il serait difficile de dire, si cela d\u00e9pendait de ce que mes chiens recevaient de la chair de cheval au lieu de viande de boeuf (comme dans les exp\u00e9riences de Munk et de Rosenheim) ou bien, si les chiens de Tomsk, qui trouvent dans les rues des substances animales en abondance, sont moins bien adapt\u00e9s \u00e0 une nourriture v\u00e9g\u00e9tale que ceux de Berlin.\nMes recherches ont port\u00e9 sur l\u2019\u00e9limination de l\u2019azote, du phosphore et des corps alloxuriques. Pour ce qui est des substances azot\u00e9es, on trouve certaines indications dans la litt\u00e9rature, comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9. Mais je n\u2019ai point trouv\u00e9 de donn\u00e9es litt\u00e9raires sur l\u2019\u00e9limination du phosphore et des corps alloxuriques dans les mat\u00e9riaux que j\u2019ai eus sous la main.\nApr\u00e8s avoir \u00e9tudi\u00e9 plusieurs jours l\u2019\u00e9change des substances dans cette direction pendant un certain r\u00e9gime, je faisais \u00e0 mes animaux une injection sous-cutan\u00e9e de toxine dipht\u00e9rique ou de toxine du bac. pyocyanei et j\u2019observais la temp\u00e9rature, l\u2019\u00e9limination de l\u2019azote et du phosphore, ainsi que des substances pr\u00e9cipit\u00e9es selon la m\u00e9thode de Camerer. Je ne trouve pas d\u2019ailleurs inutile de mentionner que l\u2019injection avait lieu 4\u20146 heures apr\u00e8s l\u2019ingestion de la nourriture. En op\u00e9rant ainsi, je n\u2019ai jamais eu \u00e0 constater de vomissements ou de diarrh\u00e9e, si fr\u00e9quents chez les animaux nourris exclusivement de chair et soumis \u00e0 l\u2019intoxication. Ce sont peut-\u00eatre ces troubles dans le fonctionnement de l\u2019appareil gastro-intestinal, masquant naturellement l\u2019\u00e9tat v\u00e9ritable des \u00e9changes, qui sont la cause des opinions contradictoires des exp\u00e9rimentateurs p. ex. sur l\u2019\u00e9limination des phosphates dans les maladies accompagn\u00e9es de fi\u00e8vre.\nToutes mes exp\u00e9riences ont \u00e9t\u00e9 faites sur des chiens qui avaient v\u00e9cu auparavant 2\u20143 semaines au laboratoire, recevant exclusivement de la chair de cheval.\nL\u2019urine pour les analyses \u00e9tait soutir\u00e9e au moyen d\u2019un cath\u00e9ter. Les analyses se faisaient tous les jours. Les f\u00e8ces \u00e9taient recueillies pendant plusieurs jours.\nJe d\u00e9terminais l\u2019azote selon la m\u00e9thode Kjeldahl, modifi\u00e9e par Beth-lingk n). Pour P205 je me servais de la m\u00e9thode du titrage par le nitrate d\u2019oxyde d\u2019urane. Pour d\u00e9terminer l\u2019acide phosphorique dans les aliments ainsi que dans les excr\u00e9ments, on le pesait apr\u00e8s avoir calcin\u00e9 ces substances dans un creuset d\u2019argent avec de la potasse, du carbonate de soude et du salp\u00eatre. Les corps alloxuriques \u00e9taient d\u00e9termin\u00e9s selon la m\u00e9thode Camerer 12) avec traitement du pr\u00e9cipit\u00e9 selon Arnstein 13).\nLes chiffres des tableaux ci-dessous repr\u00e9sentent la moyenne de 2 analyses analogues.\nJe crois n\u00e9cessaire de mentionner que durant l\u2019exp\u00e9rience, les chiens \u00e9taient enferm\u00e9s dans des cages et ne prenaient ainsi que tr\u00e8s peu d\u2019exercice.\nLes exp\u00e9riences \u00e9taient divis\u00e9s en 2 groupes.\n1)\tExp\u00e9riences avec injection des produits solubles du bac. pyocyanei (les extraits de ces bact\u00e9ries \u00e9taient faits de 3 gr. des corps s\u00e9ch\u00e9s sur 500 c.c. d\u2019eau, selon la m\u00e9thode de Krehl d\u00e9crite dans ma dissertation).\n2)\tExp\u00e9riences avec injection de toxine dipht\u00e9rique; 0,07 c.c. de cette toxine tuaient un cobaye de poids moyen en 24 heures.","page":41},{"file":"p0042.txt","language":"fr","ocr_fr":"42\nCONTRIBUTIONS AUX RECHERCHES SUR L\u2019ALIMENTATION.\nExp\u00e9riences avec injection de toxine bac. pyocyanei.\nExp\u00e9rience I (v. tableau 1).\nLe chien re\u00e7oit la ration journali\u00e8re d\u2019un m\u00e9lange de 67 gr. de chair de cheval, 67 gr. de graisse, 320 gr. riz et de 500 cc. d\u2019eau. 67 gr. de chair de cheval renferment 2,27 gr. N; 320 gr. de riz. 3,20 gr. N, ce qui fait 5,47 gr. N par jour. 67 gr. de chair de cheval renferment 0,308 gr. P205; 320 gr. de riz\u20141,6 gr. P205. ce qui fait 1,908 gr. P205 par jour.\nL\u2019exp\u00e9rience \u00e0 commenc\u00e9 le 20 janvier. Poids du chien-16,00 kilogr.\nNous indiquons dans les tableaux suivants non seulement les quatit\u00e9s journali\u00e8res de N, Pli etc. mais encore les quantit\u00e9s moyennes pour N et P calcul\u00e9es des chiffres re\u00e7us pour les 3 derniers jours pr\u00e9c\u00e9dant l\u2019injection des toxines. En comparant avec ces moyennes les quantit\u00e9s de N et P \u00e9limin\u00e9es le premier et quelquefois aussi le second jour apr\u00e8s l\u2019injection des toxines bact\u00e9riennes, je calculais en pour cents l\u2019augmentation de l\u2019\u00e9limination de N et de P sous l'influence de l'intoxication.\nLa quantit\u00e9 de l\u2019extrait de bac. pyocyanei inject\u00e9e aux chiens correspondait au rapport de 0,05 gr. des bacilles secs \u00e0 1 kilogr. du poids de l\u2019animal.\nTableau 1.\nDates.\tPoids.\tH\tUrine.\t\to3 .S *Sh t\u2014H G? fcl<\u00a7 |PL|\tExcr\u00e9- ments.\t\tO \u00d6 \u00d6 O \u2022\u00a3 '-*3 \u00a3 c3 S \u00a3 s s < ^\tQuantit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale de IbOs.\tAugmentation de PsOs.\t\n\t\t\t\t6 P4\t\t\"\u00c0\t6 pH\t\t\t\t\nF \u00e9vrier. . 5\t17,10\t\t\t4,12\t0,96\t\t\t\t\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\n\u00bb\t7\t\u2014\t\u2014\t4,23\t1,02\t\u2014\t0,926\t0,722\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\n\u00bb 8\t17,30\t\u2014\t4,30\t1,15\t\u2014\t0,926\t0,722\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\n\u201e\t9\t17,35\t38,3\t4,28\t1,11\t3,9\t0,926\t0,722\t5,206\t\u2014\t1,83\t\u2014\n\t\t\t4,27\t1,09\t\t\t\t\t\t\t\nInjection\tde toxin\te ba\tcilli\tpyo\tcyan\tei.\t\t\t\t\t\n10\t16,45\t40,3\t5,63\t1,24\t4,5\t4,00\t1,44\t9,63\t+ 31%\t2,68\t+- 13,8\n\u00bb 11\t16,65\t39,5\t6,20\t1,04\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t+ 45%\t\u2014-\t\u2014\n* 12\t\u2014\t39,2\t4,62\t0,53\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014-\t\u2014\n\u00bb\t13\t16,95\t38,5\t4,55\t0,47\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014","page":42},{"file":"p0043.txt","language":"fr","ocr_fr":"CONTRIBUTIONS AUX RECHERCHES SUR l\u2019\u00e2LIMENTATION.\n43\nExp\u00e9rience II (Tableau 2).\nChien pesant 13,00 kilogr. recevait, depuis le 2 d\u00e9cembre 1902, 50 gr. de graisse, 70 gr. de chair de cheval, 150 gr. de riz et 300 ce. d\u2019eau par jour. 70 gr. de chair de cheval =2,38 gr. N; 150 gr. de riz = 1,5 N.\n70 gr. de chair de cheval = 0,322 P203; 150 gr. de riz = 0,75 P205. Le chien recevait 3,88 N et 1,072 P205 par jour.\nT a b 1 e a u 2.\nDates.\t\trouis.\t[TH\tUrine.\t\tO) in Ipm\tExcr\u00e9- ments.\t\tQuantit\u00e9 g\u00e9n\u00e9- rale de N.\tAugmentation de N dans P urine.\tQuantit\u00e9 g\u00e9n\u00e9- rale de P2O5.\tAugmentation de P2O5 dans l\u2019urine.\n\t\t\t\tk\u00ee\t6 PM\t\tSzq\to PM\t\t\t\t\nD\u00e9c.\t.\t.\t13\t13,90\t\t\t3,76\t\t\t\t\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\t\u2014\t\u2014\n55\t14\t13,70\t\u2014\t3,85\t0,59\t\u2014\t0,48\t0,36\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\n55\t15\t\u2014\t\u2014\t3,99\t0,6\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\n55\t16\t\u2014\t\u2014\t4,06\t0,7\t\u2014\t0,48\t0,36\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\n55\t17\t13,80\t\u2014\t3,17\t0,69\t\u2014\t0,48\t0,36\t3,65\t\u2014\t\u2014\t\u2014\nW\t18\t13,72\t38,1\t3,42\t0,71\t4,8\t0,48\t0,36\t3,90\t\u2014\t\u2014\t\u2014\n55\t19\t13,77\t38,0\t3,03\t0,64\t4,7\t0,48\t0,36\t3,51\t\u2014\t1,04\t\u2014\n\t\t\t\t3,20\t0,68\t\t\t\t\t\t\t\n\tInjection\tde toxin\te ba\tcilli\tpyo\tcyan\tei.\t\t\t\t\t\n5?\t20\t13,45\t39,8\t4,64\t0,77\t\u2014\t0,77\t0,44\t5,41\t\u2014\t1,21\t\u2014\n\t\t\t39,6\t\t\t\t\t\t\t\t\t-*-14%\n7)\t21\t13,35\t39,6\t4,92\t0,8\t6,0\t0,77\t0,44\t5,69\t\u2014\t\u2014\t\u2014\n\t\t\t\t4,78\t0,78\t\t\t\t\t\t\t\nV\t22\t13,41\t38,8\t3,82\t0,72\t\u2014\t0,77\t0,44\t4,59\t\u2014\t\u2014\t\u2014\n55\t23\t13,40\t\u2014\t2,84\t0,44\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014-\nExp\u00e9rience III (Tableau 3).\nChien pesant 14,00 gr. recevait, depuis le 22 f\u00e9vrier 1903, 60 gr. de chair de cheval, 50 gr. de graisse, 200 gr. de riz et 350 cc. d\u2019eau.\nIl ing\u00e9rait avec ces aliments 4,30 gr. N et 1,23 gr. P205 par jour.","page":43},{"file":"p0044.txt","language":"fr","ocr_fr":"44\tCONTRIBUTIONS AUX RECHERCHES SUR ^ALIMENTATION.\nTableau 3.\nDates.\tPoids.\to H\tUrine.\t\tjj-Q- dans l\u2019urine.\tExcr\u00e9- ments.\t\tQuantit\u00e9 g\u00e9n\u00e9- rale de N.\tAugmentation de N dans l\u2019urine.\tQuantit\u00e9 g\u00e9n\u00e9- rale de P2O5.\tAugmentation de PiOi dans l\u2019urine.\n\t\t\tSzq\t6 pii\t\t\to PU\t\t\t\t\nMars. .\t3\t\t\t3,6\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\n\u201e 8\t14,80\t\u2014\t3,08\t0,72\t\u2014\t0,56\t0,22\t3,64\t\u2014\t0,94\t\u2014\n\u00bb\t9\t14,75\t38,7\t3,15\t0,70\t4,3\t0,56\t0,22\t3,81\t\u2014\t0,92\t\u2014\n\t\t\t3,11\t0,71\t\t\t\t\t\t\t\nInjection\tde toxin\te de\tbac\tilli p\tyocy\tanei.\t\t\t\t\t\n\u201e 10\t14,69\t39,7\t4,4\t0,86\t6,1\t0,56\t0,38\t4,96\t+ 41%\t1,22\t+ 21%\n\u201e 11\t\u2014\t\u2014\t3,15\t0,62\t5,0\t0,56\t0,38\t3,81\t\t1,00\t\u2014\n\u201e 12\t14,80\t39,0\t2,92\t0,86\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u25a0 \u2022\u2014\u25a0\t\u2014\t\u2014\t\u00ab\u2014\u2022\n\u00ab\t13\t\u2014\t\u2014\t3,02\t0,52\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2022\u2014\t\u2014\nExp\u00e9rience IV (Tableau 4).\nOliien pesant 20,00 kilogr. recevait, depuis le 27 janvier 1903, 75 gr. de chair de cheval, 75 gr.\tde graisse, 400\tgr. de riz et 600 cc. d\u2019eau.\n75 gr. de chair de\tcheval \u20142,80\tgr. N; 400 gr. de riz = 4,40\tgr. N.\n75 gr. de chair de\tcheval = 0,397\tP205; 400 gr. de riz = 1,90 gr.\tP205.\nPar cons\u00e9quent le\tchien recevait\tavec ces aliments 6,70 gr. N\tet\t2,277\ngr. P205 par jour.\nDepuis le 26 f\u00e9vrier l\u2019animal mangeait sa ration sans plaisir.\nTableau 4.\nDates.\t\tPoids.\tH\tUrine.\t\tN des corps al- loxur-.\tExcr\u00e9- ments.\t\tQuantit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale de N.\tAugmentation de N dans l\u2019urine.\tQuantit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale de P\u00efOs.\tAugmentation de P2O5 dans l\u2019uriue.\tq5 GG \u00d6 o3 \u00c4 \u00a3 IP->\n\t\t\t\t\t6 pu\t\t\u25a0\u00c0\t6 pii\t\t\t\t\t\nF \u00e9vrier\t17\t20,00\t\t6,51\t1,14\t\t_\t\t\t\t\t\t\u2014\t\t\t\t\t\u2014\n57\t24\t20,70\t\u2014\t5,74\t1,20\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u25a0\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\n55\t25\t20,97\t\u2014\t5,68\t1,45\t0,0168\t\u2022\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\n55\t26\t20,97\t38,3\t5,92\t1,45\t\u2014\t1,04\t0,575\t\u2014\t-\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2022\u2014-\n\t27\t_\t38,4\t5,84\t1,61\t-\u2014\u2022\t1,04\t0,575\t\u2014-\t\u2014\t\u2022\u2014\t\u2014\t\u2014\n55\t28\t21,10\t38,2\t5,76\t1,66\t0,0126\t1,04\t0,575\t6,80\t\u2014\t2,105\t\u2014\t3,7\n\t\t\t\t5,84\t1,63\t\t\t\t\t\t\t\t\nInjection\t\tde to\txine\tde b\tacilli\tpyocy\tanei.\t\t\t\t\t\t\nMars\t1\t21,00\t40,1\t7,92\t2,06\t0,0546\t1,57\t0,659\t9,49\t+ 35 %\t2,719\t+ 26 %\t3,8\n\t2\t21,00\t39,7\t7,07\t1,20\t0,0308\t1,57\t0,659\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\n55\t3\t\u2014\t\u2014\t6,54\t1,08\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t*\t*\t\u2014\u00bb","page":44},{"file":"p0045.txt","language":"fr","ocr_fr":"Contributions aux r\u00e9cherches sur l\u2019alimentation.\n45\n>\nExp\u00e9rience Y (Tableau 5).\nChien pesant 23,00 kilogr. recevait par jour, depuis le 25 mars 1903, un m\u00e9lange alimentaire consistant en 75 gr. de chair de cheval, 75 gr. de graisse, 400 gr. de riz et 600 c.c. d\u2019eau.\n75 gr. de chair de cheval = 2,62 gr. N; 400 gr. de riz = 4,40 gr. N. 75 gr. de chair de cheval = 0,397 gr. P205; 400 gr. deriz = l,90 P205. Le chien ing\u00e9rait donc 7,02 gr. N et 2,277 gr. P205 par jour.\nTableau. 5.\n\t\t\t\tUrine.\t\tCQ Q-i\tExcr\u00e9- ments.\t\tQuantit\u00e9 g\u00e9n\u00e9- rale de N.\tr* #o\tl a a? -cp Cfl\tO +2 cS\tq3 .S\nDates.\t\tPoids.\tH\t\t6 pii\tN des co loxur.\t\t6 P\u00dc\t\tO)\tM-i v(D +* <D \u00d6 c5 <X> O9 \u00a3\t1<5\tXJ1 \u00d6 c3 \\\u00ea\nAvril.\t10\t23,20\t\t6,40\t0,98\t\t\t\u2014\t\t\t\u2014\t\u2014\t\t\t\t\u2014\t\u2014\n55\t14\t\u2014\t\u2014\t5,33\t1,32\t0,01575\t1,20\t0,63\t\u2014\t\\ \u2014\t\u2014\t\u2014\t\n55\t15\t23,00\t\u2014\t5,42\t1,25\t0,01925\t1,20\t0,63\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\n55\t16\t\u2014\t38,5\t5,55\t1,28\t\u2014\t1,20\t0,63\t\u2014\t-\t\u2014\t\u2014\t~ \u25a0\n5?\t17\t23,30\t38,5\t5,56\t1,30\t0,0175\t1,20\t0,63\t\u2014\t\u2014\t1,93\t\u2014\t4,3\n\t\t\t\t5,51\t1,27\t\t\t\t\t\t\t\t\n\tInject!\ton de\ttoxin\te de\tbac\tilli pyocy\tanei.\t\t\t\t\t\t\n55\t18\t\u2014\t39,8 40,3\t6,85\t1,60\t0,04375\t1,20\t0,71\t\u2014\t+ 24%\t2,33\t+ 26%\t4.3\n55\t19\t23,10\t39,7\t6,21\t1,24\t0,0262\t1,20\t0,71\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\n55\t20\t\u2014\t\u2014\t6,00\tU4\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\n\\\nExp\u00e9riences avec injection de toxine dipht\u00e9rique.\nExp\u00e9rience VI (Tableau 6).\nChien pesant 17,00 kilogr.; recevait depuis le 1 avril 1903 un m\u00e9lange de 70 gr. de chair de cheval, 70 gr. de graisse, 300 gr. de riz et 500 c,c. d\u2019eau. 70 gr. de chair de cheval = 2,24 gr. N; 300 gr. de riz = 3,00 gr. N.\n70 gr. de chair de cheval = 0,315 gr. P205; 300 gr. de riz = 1,50 P205. Le chien recevait donc 5,24 gr. N et 1,815 gr. P205 par jour.","page":45},{"file":"p0046.txt","language":"fr","ocr_fr":"46\nCONTRIBUTIONS AUX RECHERCHES SUR ^ALIMENTATION.\nTableau 6.\nDates.\t\tPoids.\to * H\tUri\tne. 6 ai\tOJ B B r-H XJ1 \u00d6 .*11 IPh\tN des corps al- loxur.\tAugmentation de N.\tAugmentation de P2Os.\nAvril.\t. 16\t\t\t\t\t\t4,97\t1,02\t\u2014\t\u2014\t-\u2014\t\u2014\n\t17\t18,10\t\u2014\t5,13\t1,00\t\u2014\t\u2014\t\u2014\u2022\t\u2022\u2014\u2022\n\t18\t18,05\t\u2014\t4,45\t1,15\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\n\t19\t18,05\t38,3\t4,27\t1,20\t\u2014\t0,085\t\u2014\t\u2014\n\u00bb\t20\t18,20\t38,2\t4,61\t1,25\t3,6\t0,0966\t\u2014\t\u2014\n\t\t\t\t4,44\t1,20\t\t\t\t\n\tInjecti\ton de 0,7\tgr. de\ttoxine di\tpht\u00e9rique.\t\t\t\t\n\t21\t18,15\t39,6\t5,57\t1,36\t4\t0,162\t+ 25%\t\u201cp 13%\nn\t22\t17,60\t\u2014\t4,00\t0,94\t4,2\t0,262\t\u2014\t\u2014\nLe chien p\u00e9rit le 5-me jour apr\u00e8s l\u2019injection de la toxine.\nExp\u00e9rience YII (Tableau 7).\nChien pesant 14,00 kilogr.; recevait, depuis le 1-er janvier 1903, 60 gr. de chair de cheval, 50 gr. de graisse, 200 gr. de riz et 300 c.c. d\u2019eau.\n60 gr. de chair de cheval = 2,04 gr. N; 200 gr. de riz = 2 gr. N.\n60 gr. de chair de cheval = 0,276 gr. P205; 200 gr. de riz = 1,00 gr. P205. Le chien recevait donc 4.04 gr. JS et 1,276 gr. P205.\nTableau 7.\nDates.\nOh\nUrine.\n\ntzi,\n\nca\nExcr\u00e9-\nments.\n\nO\nai\nQJ\ntS_1\n3 3\nS J*\na>\n&'1\n<13 O\nhfi\u00e2i\nJanv.\n17\n18\n19\n20 21 22\n23\n24\nInjec\n25\n26\n27\n28 31\n14,40\n14,45\n14,55\n14,60\n14,72\n14,80\ntion de 14,35\n14,40\n14,45\n14,52\n38,8\n38.6\n0,2\n39.6\n39.7\n39.8\n39.6\n39.7 39,2\n3,80\n3,45\n3,29\n2,98\n3,16\n3,20\n3,19\n2,93\n0,76\n0,70\n0,68\n0.54\n0,59\n0,64\n0.59\n3,13\nC.C.\n4,43\n3,99\n3,84\n2,92\n0,60\nde\n0,77\n0,85\n0,53\n0,55\n0,14\ntraces.\ntraces.\ntoxine di 0,03\n0,08\n5,2\npht\u00e9\n5,7\n4,6\n0,69\n0,69\n0,69\n0,69\nrique\n0,90\n0,90\n0,90\n0,90\n0,504\n0,504\n0,504\n0,504\n0,612\n0,612\n0,612\n0,612\n3,85\n3,97\n3,88\n3=62\n5,33\n4,98\n4,78\n3,82\n-41%\n1,04 1,04 1,14 1,09\n1,382\n1,402\n1,03\nLe chien \u00e9tait malade jusqu\u2019au 8 f\u00e9vrier, apr\u00e8s quoi il se remit.","page":46},{"file":"p0047.txt","language":"fr","ocr_fr":"47\n\u00f4ontrib \u00fct\u00eeonS aux recherches sur lAlimentation.\nExp\u00e9rience VIII (Tableau 8).\nChien pesant 15,40 kilogr. recevait, depuis le 24 mars 1903, 60 gr. de chair de cheval, 50 gr. de graisse, 200 gr. de riz et 400 c.c. d\u2019eau par jour.\nTableau 8.\nDates.\t\tPoids.\t\tUrine.\t\to3 \u00a33 t i gg S leu\tN des corps al- loxur.\tAugmentation de N dans l\u2019uri- ne.\tAugmentation de P2O5 dans l\u2019urine.\n\t\t\t\t&\t6 \u00a3\t\t\t\t\nAvril\t13\t16,20\t\t3,55\t0,8\t\t\t\t\n55\t14\t\u2014\t-\u2014\t3,42\t0,74\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\nn\t15\t16,30\t38,1\t3,87\t0,64\t\u2014\ttraces.\t\u2014\t\u2014\n55\t16\t16,15\t\u2014\t3,51\t0,82\t4,3\t\t\t\u2014\tr\t\t\n55\t17\t16,25\t38,5\t3,68\t0,76\t4,8\ttraces.\t-\u2014\t\u2014\n\t\t\t\t3,68\t0,74\t\t\t\t\n55\t18\t16,00\t39,5\t4,82\t0.86\t5,6\t0,004\t+30%\t+ 16\u00b0/0\n55\t19\t15,90\t39,6\t2,8\t0,4\t\u2014-\t\u2014\t\t\n55\t20\t\u2014\t\u2014\t2,0\t0,4\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\nExp\u00e9rience IX (Tableau 9).\nChien pesant 19,00 kilogr.; recevait la ration journali\u00e8re de 70 gr. de chair de cheval, 70 gr. de graisse 320 gr. de riz et 500 c.c. d\u2019eau depuis le 4 mars 1903.\n70 gr. de chair de cheval = 2,38 gr. N; 320 gr. de riz = 3,20 gr. N. 70 gr. de chair de cheval = 0,322 gr. P205; 320 gr. de riz= 1,60 gr. Po05. Il recevait ainsi 5,58 gr. N et 1,922 gr. P205 par jour.\nTableau 9.\n\t\t\tUrine.\t\tCD\t*03 w \u00ca4\tO \u00a3\tAugmentation de P2O5 dans l\u2019urine.\nDates.\tPoids.\t0 * H\t\t6 \u00a3\tm S rw fcls IA\tO O XJl CD 5h P X\t5 a \u00d6 OS O) r:} S ^ <bp^ 5 D q3 < rd fl\t\nMars 20\t19,00\t\t\t1,30\t\t\t\t\n\u201e 21\t\u2014\t\u2014\t4,70\t1,2\t\u2014\t0,0105\t\u2014\t\t\n\u00ab 22\t19,25\t-\u2014\t5,05\t1,38\t\u2014\t\u2014\t\t\t\t\n\u201e\t23\t\u2014\t38,4\t5,18\t1,40\t\u2014\t0,0154\t\u2014\t\t\t\t\n\u201e\t24\t19,60\t38,5\t5,00\t1,30\t3,7\ttraces.\t\u2014\t\u2014\n\t\t\t5,07\t1,36\t\t\t\t\n\u00bb\t25\t19,00\t39.6 40.7\t7,00\t1,62\t4,3\t0,0441\t00 CO +\t+ 19%\n\u201e 26\t18,85\t40,00\t6,64\t1,45\t\t\t0,031\t\t\t\n\u201e\t27\t\u2014\t39,7\t4,13\t0,8\t\u00ab\t\t\t\t\t\t\n\u00bb 28\tLe\tchien\tp\u00e9rit, 1\t\t\t\t\t","page":47},{"file":"p0048.txt","language":"fr","ocr_fr":"48\nCONTRIBUTIONS AUX RECHERCHES SUR L5 ALIMENTATION.\nEn r\u00e9sumant les r\u00e9sultats obtenus dans les exp\u00e9riences que nous venons de d\u00e9crire, nous en tirons les conclusions suivantes.\nI.\ta) En ing\u00e9rant durant 15\u201430 jours une nourriture riche en hydrates de carbone et en graisse, mais pauvre en substances albumino\u00efdes (c\u2019est-\u00e0-dire contenant environ 2 gr. d\u2019albumino\u00efdes par kilogr. du poids de l\u2019animal), les chiens ne maigrissent pas, et, quelquefois, augmentent m\u00eame en poids, en m\u00eame temps que, souvent, la quantit\u00e9 de graisse augmente chez eux plus ou moins.\nb)\tTant que les animaux ne montrent pas d\u2019aversion pour les aliments qu\u2019on leur offre, leur organisme se trouve en \u00e9tat d\u2019\u00e9quilibre par rapport \u00e0 l\u2019azote et au phosphore.\nc)\tL\u2019\u00e9limination de l\u2019azote par l\u2019urine surpasse celle des phosphates environ 4 fois (3,6\u20145,2). Il s\u2019ensuit que le rapport de l\u2019azote aux phosphates (dans l\u2019urine) dans l\u2019inanition albumino\u00efde incompl\u00e8te est \u00e0 peu pr\u00e8s le m\u00eame que dans le je\u00fbne absolu.\nd)\tL\u2019urine est tr\u00e8s pauvre en corps alloxuriques, et il n\u2019est pas rare qu\u2019on n\u2019y trouve que des traces de ces bases.\nII.\te) La marche de la p\u00e9riode qui suit l\u2019intoxication (nous entendons par l\u00e0 l\u2019\u00e9l\u00e9vation de la temp\u00e9rature, la dur\u00e9e de l\u2019incubation, l\u2019\u00e9tat subjectif g\u00e9n\u00e9ral, la mort plus ou moins avanc\u00e9e) para\u00eet \u00eatre la m\u00eame chez les chiens soumis au r\u00e9gime d\u2019inanition albumino\u00efde incompl\u00e8te que chez ceux qui se nourrissent exclusivement de chair. Faisons observer pourtant que je n\u2019ai presque jamais eu \u00e0 constater de troubles de digestion apr\u00e8s l\u2019injection des toxines chez les animaux recevant trop peu d\u2019albumino\u00efdes.\nf) L\u2019injection des toxines bact\u00e9rielles active la m\u00e9tamorphose des substances,\u2014l\u2019\u00e9limination de l\u2019azote et des phosphates augmente. L\u2019augmentation des phosphates est ordinairement moins fortement prononc\u00e9e que celle de l\u2019azote. Il est vrai que l\u2019exp\u00e9rience V semble contredire cette r\u00e8gle; mais il faut faire observer que dans cette exp\u00e9rience le chien recevait moins de 0,33 gr. N par kilogr. du poids, en \u00e9liminant plus qu\u2019il n\u2019en ing\u00e9rait. En trouvant les moyennes des chiffres (de toutes les exp\u00e9riences), nous voyons qu\u2019apr\u00e8s l\u2019injection des toxines, la quantit\u00e9 de l\u2019azote dans l\u2019urine a augment\u00e9 de 34,8 pour cent, tandis que l\u2019augmentation des phosphates de l\u2019urine n\u2019a atteint que 19,6 pour cent. Faisons observer ici-m\u00eame que chez les chiens soumis au je\u00fbne absolu l\u2019augmentation de l\u2019azote, apr\u00e8s l\u2019intoxication par le bac. pyocyanei, atteignait 74 pour cent, celle de P205\u201472,8 pour cent; apr\u00e8s l\u2019injection de toxine dipht\u00e9rique \u00e0 des chiens soumis au je\u00fbne absolu, la quantit\u00e9 de l\u2019azote \u00e9limin\u00e9 augmenta de 27 pour cent, celle de P205 de 33 pour cent (14 gr.). L\u2019injection des toxines augmenta consid\u00e9rablement la teneur des corps alloxuriques dans l\u2019urine des animaux qui ne recevaient pas assez de substances albumino\u00efdes dans la nourriture.\nEn terminant cette communication, j\u2019ajouterai encore qu\u2019en examinant le sang de quelques chiens (apr\u00e8s qu\u2019ils avaient re\u00e7u durant un mois une nourriture pauvre en albumino\u00efdes), je n\u2019ai pas observ\u00e9 de diminution notable du nombre des \u00e9l\u00e9ments form\u00e9s; parmi les leucocytes on observe une augmentation des mononucl\u00e9aires. Apr\u00e8s l\u2019injection de toxines \u00e0 de tels chiens je ne parvenais souvent pas \u00e0 d\u00e9couvrir dans leur sang un seul leucocyte \u00e9osino-","page":48},{"file":"p0049.txt","language":"fr","ocr_fr":"Contributions aux recherch\u00e9s Sur CalimantaT\u00ee\u00f4M.\t4\u00d4\nphile (sortout le 2-me ou 3-me jour apres l\u2019intoxication); la leucocytose est tr\u00e8s faiblement exprim\u00e9e.\nDes recherches plus minutieuses sur les modifications du sang, ainsi que l\u2019\u00e9tude plus approfondie de la question de l\u2019influence de l\u2019inanition albumino\u00efde incompl\u00e8te (de dur\u00e9e plus ou moins longue) sur la force de r\u00e9sistance de l\u2019organisme dans la lutte contre l\u2019infection en g\u00e9n\u00e9ral, feront l\u2019objet de mes exp\u00e9riences ult\u00e9rieures.\nLITT\u00c9RATURE.\n1.\tS i v e n. Journal de Physiol, et de Patholog. g\u00e9n\u00e9rale. 1900 p. 189\n2.\tPachoutine. Cours de Pathol, g\u00e9n\u00e9r. et exp\u00e9r. T. II, P. I.\n3.\tMunk. Arch. f. Anat. u. Phys. phys. Abtli. 1891 S. 338.\n4.\tRosenhe im. Arch. f. Anat. u. Physiol. 1891 S. 341.\n5.\tRosenheim. Arch. Pfliiger\u2019s. Bd. 54 S. 61.\n6.\tCanalis u. Morpurgo. Fortsch. d. Med. 1890.\n7.\tTeissier et Guinard. Academie des sciences f\u00e9vr. 1897 p. 371.\n8.\tRoger et Josu\u00e9. Soci\u00e9t de biolog. juill. 1900.\n9.\tRichet. Semaine m\u00e9dicale. 1900.\n10.\tChatin et Guinard. Journ. de Physiol, et de Pathol, g\u00e9n\u00e9rale.\n1900 p. 947.\n11.\tBethlingk. Archives des sciences biol. T. 5, 241\u2014242.\n12.\tCam er er. Ztscli. f. Biol. 26 u. 28.\n13.\tArnstein. Centrbl. f. d. med. Wissensch. 15. 1898.\n14.\tK. Dmitrievski. Du d\u00e9triment des substances dans les injections\nr\u00e9p\u00e9t\u00e9es des toxines bact\u00e9rielles. 1900, 32, 73.\n4","page":49}],"identifier":"lit36558","issued":"1903-1904","language":"fr","pages":"35-49","startpages":"35","title":"Contributions aux recherches sur l'alimentation avec des substances pauvres en albumino\u00efdes","type":"Journal Article","volume":"3"},"revision":0,"updated":"2022-01-31T15:59:30.292205+00:00"}
